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Auteurs :

Conseil régional d'Île-de-France, Cevipof, CG77, CNRS, OCDE, Plaine Commune, Préfet de la région Île-de-France, South Bank University, Université d'Amsterdam, Université de Grenoble

Sommaire :

  • Éditorial. Gouverner la métropole
  • Avant-propos. L’ingénierie au cœur des enjeux métropolitains
  • Prologue. Gouvernance(s) et ingénieries métropolitaines
  • Comprendre
    • Pourquoi parler de gouvernance?
    • Métropoles sous influence(s)
    • Métropoles asymétriques en Europe
    • Le «Grand Paris» : retour sur un siècle d’existence
    • Gouvernance francilienne dans le domaine économique
    • Changements et permanences de la géopolitique francilienne
  • Agir
    • Quelles stratégies métropolitaines pour des infrastructures adaptées?
    • La gouvernance londonienne et son ingénierie
    • Réseaux métropolitains : enjeux et opportunités
    • L’ingénierie francilienne : un paysage en mutation
    • La communication dans la gouvernance du territoire
    • S’adapter ou s’attaquer à la complexité ?
    • Le Sdrif, un projet majeur pour l’Île-de-France 2030
    • L’État en Île-de-France
    • Transports franciliens : il faut reparler de la gouvernance
    • Grand Paris, AIGP: les architectes-urbanistes sont-ils encore utiles?
    • Pour un Grand Paris durable
    • Les services de Plaine Commune à l’heure du Grand Paris
    • Le 77 : répondre aux enjeux métropolitains par le partenariat
  • Anticiper
    • L’ingénierie territoriale à l’épreuve des faits métropolitains
    • Paris-Métropole, nouvel acteur au cœur de la gouvernance
    • La démocratie participative à l’échelle des grandes villes ?
    • Rencontres annuelles autour de l’imaginaire métropolitain régional
    • Les ingénieries métropolitaines au regard du contexte francilien
    • Demain, l’IAU île-de-France…
    • Les agences d’urbanisme ont de l’avenir !
IAU îdF> Nos études> Sécurité dans les transports en commun : des actions pour rassurer

Les populations gouvernées en Île-de-France comme dans toutes les grandes villes sont d’origines ethniques, culturelles, religieuses de plus en plus variées, et de plus en plus mobiles.- Photo : © Doutre (Caroline) IAU îdF, BaSoH

Le forum annuel de la communication publique territoriale (Reims, 2010). Comment répondre aux obligations d’information des collectivités locales ?- Photo : © Dugeny (François), IAU îdF

Les débats publics ont clairement montré à quel point le Grand Paris Express sera tributaire de la façon dont les rabattements en transports collectifs ou en voiture seront organisés.- Photo : © Doutre (Caroline) IAU îdF, BaSoH

Lors de l’élaboration du Sdrif, la Région a montré sa capacité à mettre en débat de grands enjeux d’aménagement et à dialoguer avec les collectivités.- Photo : © Pattacini (Jean-Claude) IAU îdF, urba images

Les territoires franciliens en mouvement (2011)- Le schéma « territoires franciliens en mouvement – hypothèse de représentation » est une proposition, qui s’appuie sur la cartographie des projets d’origine locale, départementale, régionale ou étatique intéressant des espaces pluricommunaux. Il représente des projets du type OIN, PNR, Grand projet 3 du contrat de projet, Scot, Leader... La superposition, la juxtaposition des périmètres permet d’apprécier les dynamiques territoriales en cours. © IAU îdF

Gouvernance(s) et ingénieries métropolitaines. Cahiers n° 160


Octobre 2011

Comprendre

Réfléchir à la gouvernance métropolitaine, c’est s’affranchir d’une lecture territoriale institutionnelle pour considérer, avec un œil nouveau, l’émergence de la société civile et les nouvelles formes d’actions collectives qui l’accompagnent. Comme toutes les grandes régions métropolitaines, l’Île-de-France est aujourd’hui confrontée à une complexification de sa gouvernance. L’atomisation et la multiplication des acteurs décisionnels (privés et publics) ont entraîné de nouvelles relations – jeux de lutte et de coopération – qui nécessitent un processus de concertation et de régulation. Pour ce faire, les lieux de débats, supports de l’expression des divergences stratégiques, sont nécessaires et conditionnent la venue d’une «bonne gouvernance » métropolitaine. Mais parler de gouvernance, notamment en Île-de-France, évoque davantage une régulation des rivalités entre forces politiques et institutionnelles que le développement d’une stratégie partagée entre acteurs publics et privés. La forte conflictualité entre institutions franciliennes et la prégnance des enjeux géopolitiques ne sont d’ailleurs pas nouvelles et émaillent le XXe siècle. La précédente consultation des architectes sur le Grand Paris illustre la confrontation entre deux institutions (État, Région) qui revendiquent l’aménagement – dans une acception élargie du terme – du territoire francilien. Car si le «Grand Paris » constitue un support original de réflexion prospective sur les enjeux urbains, n’est-il pas aussi (et surtout ?), un moyen politique permettant à l’État de réinvestir la scène métropolitaine pour « reprendre la main » sur la gouvernance francilienne ?

Agir

Sommes-nous condamnés à l’inaction face à des enjeux de niveau métropolitain quand plusieurs grands acteurs se disputent la responsabilité des choix dans un contexte de pénurie budgétaire et de crise financière internationale ? Probablement… sauf à accepter la réalité interterritoriale (Martin Vanier et Marc Weil), à mettre en place un partage des compétences, des règles de négociation et procédures d’arbitrage, y compris dans le domaine des transports (Alain Meyère) ; ou sauf à réaliser que Région et métropole franciliennes se superposent, que c’est une chance (Jean-Pierre Palisse) et qu’il est urgent de proposer une réforme territoriale attribuant à la Région la prise en charge de l’intérêt métropolitain (Vincent Fouchier). La Région Île-de-France appelle à sortir de la confusion (Alain Amédro). Le débat n’est pas clos. Les exemples étrangers (Sebastian Loew, Adam Knelman Ostry, Jeremy Smith) montrent des métropoles mondiales qui confrontées aux mêmes difficultés cherchent à inventer des instances de coordination à la fois métropolitaines et légitimes, à se doter d’ingénieries de bon niveau, à financer de lourds projets d’investissement afin de répondre aux évolutions métropolitaines et de participer à une politique de relance économique. En Île-de-France, les réflexions sur le Grand Paris ont débouché sur de nouveaux outils contrôlés par l’État (Daniel Canepa, Bertrand Lemoine) et les communicants font de larges offres de services (Bernard Deljarrie) aux collectivités locales qui s’activent pour avoir une chance de compter dans la métropole (Patrice Berthé, Jacques Marsaud). Le Francilien s’y retrouvera-t-il ?

Anticiper

Face à l’ampleur des mutations en cours dans la gouvernance des territoires confrontés aux défis de la métropolisation, les acteurs politiques et techniques doivent inventer – ensemble – de nouveaux cadres de pensée et d’action. Dans ce paysage nouveau et incertain, marqué par une raréfaction de l’argent public, innover et anticiper s’avèrent indispensables. Mais quels dispositifs mettre en place pour favoriser le partenariat et la mise en réseau ? Différentes pistes émergent comme celle d’adosser l’action à une réflexion intellectuelle forte et transversale, d’organiser des dispositifs qui favorisent la réflexivité, l’innovation, l’expérimentation ou de renforcer les liens avec la recherche. D’autres sont proposées comme celles de refonder le débat démocratique et public, d’impliquer davantage les citoyens mais aussi de mieux articuler les sphères politique et technique. Les ingénieries territoriales – les agences d’urbanisme en premier lieu – ont un rôle central à jouer comme outil d’aide à la décision, comme productrices de stratégies urbaines et d’aménagement, en étroite relation bien sûr avec les élus. Elles ont beaucoup à apporter dans la compréhension des nouvelles dynamiques et dans des solutions adaptées aux territoires, notamment en matière de développement durable et de solidarité, ainsi que dans l’élaboration de nouvelles manières de travailler.

Autres études dans le même domaine :

Aménagement des territoires | Stratégies d'aménagement

Analyse de cas étrangers | Stratégie de développement territorial

Développement durable | Urbanisme durable

Politique de la ville | Politiques publiques

Sdrif

Repères

Qu’entend-on par services d’ingénieries ?

Les services d’ingénieries concernent tout service qui facilite aux bailleurs de fonds publics :

  • L’évaluation technique d’un projet d’envergure métropolitaine en fonction de l’intérêt général (tant au niveau des spécificités technologiques que du rapport qualité-prix dudit projet) ainsi que de son potentiel à enregistrer les résultats réalisés par cet investissement.
  • L’évaluation de l’impact et de la performance à court, moyen et long terme du projet sur le bien-être de la collectivité concernée, y compris l’impact de celui-ci dans un secteur donné sur un ou des secteurs de politiques connexes (par exemple, l’impact des routes des transports en commun sur la qualité de l’air et des émissions de GES).
  • La gestion (qui en découle) de la mise en œuvre du projet et à la maintenance des installations d’infrastructures après la fin de leur construction.

Paris Metropole

Syndicat d’études, créé en 2009, dans le but de permettre aux collectivités membres de prendre place dans le débat sur l’évolution de la gouvernance de la métropole francilienne ; de renforcer la solidarité entre collectivités ; de faire valoir leur point de vue notamment vis-à-vis de l’État...

  • 93 membres (à sa création en 2009)
  • 193 membres en 2011

Le travail en commun jusqu’en 2012

Lors du 2e forum de Paris Métropole en décembre 2010, 74 initiatives ont été présentées classées en cinq grandes familles :

  • La métropole à vivre (parcs de loisirs, reconquête des berges des fleuves, lieux d’accueil des enfants).
  • Les coulisses de la métropole (nouveaux réseaux d’énergie, qualité de l’eau, gestion des déchets…).
  • Des liens aux lieux (transports innovants, modernisation des gares, requalification des voies rapides).
  • L’attractivité pour tous (pôles de recherche, campus et résidences pour chercheurs et étudiants…).
  • Des cultures à partager (événements culturels et festifs, lien enseignement/ culture, valorisation du patrimoine).

Aujourd’hui, il s’agit de travailler à enrichir les propositions de rapprochement entre initiatives, à développer les échanges de pratiques… Pour cela une équipe projet a été mise en place, associant les moyens et les savoir-faire de l’équipe de Paris Métropole, de l’IAU île-de-France et de l’Apur.

L’entente du « Nord Métropolitain »

En cours de constitution. Elle regroupe quatre communautés d’agglomération – Argenteuil-Bezons, Plaine Commune, Val de France, Vallée de Momorency –, sur deux départements : le Val-d’Oise et la Seine-Saint-Denis. Elle est née de la volonté de leurs présidents de penser le développement de leurs territoires à une échelle à la fois plus vaste et plus pertinente, afin de favoriser les complémentarités et les synergies au niveau d’un « pôle métropolitain ».

  • 22 communes
  • plus de 730 000 habitants

Quatre axes prioritaires de travail ont été retenus :

  • Les transports (1)
  • Les universités et la vie étudiante
  • La complémentarité entre les pôles de développement
  • Les zones interstitielles

(1) Un des premiers dossiers actifs est celui de la tangentielle nord, l’objectif étant de créer les conditions nécessaires pour que cette nouvelle infrastructure de transport serve le mieux possible l’ensemble des territoires concernés et favorise un développement équilibré. Pour ce cas précis, la coopération est élargie aux autres collectivités intéressées (aéroport du Bourget, Est Ensemble, Cergy Pontoise, Sartrouville), avec l’aide de la Région.