Consacré aux visions stratégiques et planificatrices, le troisième séminaire sur le Bassin parisien a été l'objet d'une nouvelle perception de ce territoire. Longtemps considéré comme un espace monocentrique (Paris), puis polycentrique (Paris et des métropoles satellites), il apparaît désormais comme un territoire opérationnel de coopération et de partage.

L'IAU îdF accueillait le 28 mai le troisième et dernier volet des séminaires qu'il consacre au Bassin parisien en partenariat avec Géographie-cités. Les deux séances précédentes ont montré qu'un processus de métropolisation était en marche, en présence de forts leviers d'intégration territoriale : une dynamique économique structurante, un réseau d'enseignement supérieur adossé à des pôles de compétitivité, un important potentiel touristique, un système de mobilité avec des interdépendances...
Lors de ce dernier rendez-vous, les séminaristes ont clairement constaté que leur perception du Bassin parisien avait évolué au fil des séances (changement de paradigme). Au-delà du cadre institutionnel, ce territoire est apparu comme un espace stratégique opérationnel.
Par l'étude de documents de planification des régions du Bassin et par des présentations d'expériences locales, les intervenants ont expliqué en quoi l'échelle interrégionale est sollicitée : Vincent Fouchier, Elisabeth Faguer et Florian Soulard (IAU îdF) ; Daniel Béhar (Acadie) ; Sahra Lynch, Sophie Maigne, Etienne Reveillon et Matthias Tavel (étudiants à Sciences Po) ; Anne-Michèle Donnet (agence d'urbanisme du Havre) ; Sébastien Alavoine (Région Picardie) ; Michel Rousset (CAUE de l'Eure) ; Thérèse Saint-Julien (Géographie-cités) ; Philippe Thiard (Université Paris 12) ; Eliane Dutarte (DIACT) ; Valérie Mancret-Taylor (Région Île-de-France).
Premier constat : le Bassin parisien est pris en compte, avec différents niveaux d'implication, dans les projets de territoire. Les documents de planification font apparaître d'indéniables intentions de coopération et de convergence. L'Île-de-France n'est plus perçue comme « aspirateur de développement » mais comme une ressource, une alliée. Daniel Béhar est allé plus loin en affirmant que le Bassin parisien n'est plus polarisé sur l'Île-de-France mais évolue vers un système qui s'organise en réseau.
Depuis la salle, Patrice Duny, Directeur de l'agence d'urbanisme de Caen, s'est réjoui de l'absence du mot « province » lors des échanges de la journée. Pour lui, cela marque un changement de perception du territoire. Le Bassin parisien est en voie de devenir un espace de coopération. L'exemple du schéma d'aménagement régional de la Picardie est éloquent : le parti pris du document est une « ouverture à 360° ». La région s'inscrit dans les réseaux et le développement des échanges : « ouvrir la Picardie pour tirer parti d'un bassin de consommation ».
Le schéma directeur d'Île-de-France (Sdrif) n'est pas en reste : il intègre le Bassin parisien, notamment par faisceaux, dans différents domaines tels que la planification des transports publics et de fret au-delà de « ses frontières ».
L'axe de la Seine apparaît comme un territoire stratégique sur lequel les métropoles Paris, Rouen et le Havre souhaitent travailler ensemble à l'élaboration d'un projet de développement économique durable.
Pour les différents acteurs mobilisés, la volonté de coopérer surpasse les concurrences métropolitaines. Ce vaste espace géographique apparaît bien comme un territoire de projets et de partenariats.
Après les échecs relatifs des outils de planification depuis 1966 (année du Livre blanc du Basin parisien), ce territoire doit désormais être considéré comme une aire d'aménagement interrégionale s'articulant autour de trois registres : l'influence, l'impulsion, la promotion des atouts.
Les stratégies dépassent les limites géographiques : l'influence doit agir à l'échelle nationale et européenne, ce qui est précisément l'objectif de la conférence des présidents des huit régions du Bassin parisien (la “C8”). « Le Bassin parisien sera l'un des espaces les plus jeunes d'Europe à l'horizon 2030 » a précisé Vincent Fouchier en forme de conclusion. Ce qui présage d'un potentiel de dynamisme qu'il conviendra de valoriser.
Après ces trois séminaires, le travail continue. L'IAU îdF s'inscrit progressivement comme centre de ressources partenarial.
Les deux premiers fascicules de « capitalisation des savoirs sur le Bassin parisien » ont été distribués lors de cette séance, ils sont téléchargeables en colonne de droite.












28 mai 2009Visions stratégiques et planificatrices...
Bassin parisien... L’interrégionalité dans les documents régionaux de planificationIAU îdF : S. Barreiro, C. Delaporte, E. Faguer, G. Joly, L. Nolorgues, D. Palayan
Attentes et projets : entretiens avec des acteurs publics infrarégionaux au coeur du Bassin parisienSciences-Po : S. Lynch, S. Maigne, E. Reveillon, M. Tavel
SRAADT, objectif Picardie 2030Région Picardie : S. Alavoine
Visions stratégiques et planificatricesRégion ÎdF : V. Mancret-Taylor