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IAU îdF> Débats & enjeux> Les grands paris d'une métropole durable> Les caractéristiques de la métropole parisienne

Les caractéristiques de la métropole parisienne. En quoi la problématique métropolitaine a-t-elle changé au XXe siècle ?

De la structure radio-concentrique à des polarités d'intensités variables.

Pour les acteurs de l’espace, le fait métropolitain se caractérise par une présence accrue des réseaux dans le fonctionnement urbain : mobilités et distances accrues, flux tendus, réseaux immatériels de plus en plus présents… Et cela, au détriment d’une action sur l’espace proprement dit. Pour les acteurs économiques, la présence des sociétés-mondes est facilitée par l’explosion des moyens de transports.

Tout cela étend les villes et les transforme en une somme de territoires et de liens à intensités variables. La forme hiérarchisée d’espaces urbains bien ordonnés évolue vers des régions polycentriques à spécialisations urbaines déconcentrées, créant un nouvel état de discontinuité.

Temps d'accessibilité en train (TGV, TER, RER, Transilien) jusqu'à la première gare parisienne en 30 mn, 1h, 1h30, en 2006. Source : IAU-îdF © IAU-îdF
Corridor économique du nord-ouest de l'Europe. Source : GIEC 2001. © IAU-îdF

La région parisienne n’échappe pas à ce phénomène : la croissance urbaine selon la structure radio-concentrique ancienne a atteint les limites de son efficacité depuis un demi-siècle. La planification a tout fait pour en corriger les effets, à commencer par les réseaux d’infrastructures et la création des villes nouvelles. Aujourd’hui, on a bien une structure polycentrique, mais faite de territoires et de polarités d’intensités variables : Paris, La Défense, Plaine Saint-Denis, Cergy, Roissy, Créteil, Marne-la-Vallée, Melun, Évry, Versailles, Saint-Quentin-en-Yvelines, sont autant de pôles urbains avec chacun leur spécificité et leur densité. De plus, Paris n’est plus une île ceinturée par le périphérique, un conglomérat se crée lentement avec la première couronne, sans pour autant qu’on puisse identifier une limite claire.

Dans ce contexte, ce sont les articulations entre pôles qui deviennent la clé du maillage global, car aucun pôle ne peut fonctionner indépendamment des autres. Le rôle de porte sur le monde des gares et des aéroports devient de plus en plus déterminant. Chaque espace assure une ou plusieurs des fonctions de la métropole, et les espaces naturels font partie de ce même système. Toutefois, des inégalités internes profondes existent et des solidarités deviennent nécessaires à tous niveaux pour conserver l’équilibre et la durabilité.

Nous vivons une différence historique par rapport à la deuxième moitié du XXe siècle, due aux mutations économiques et environnementales. On passe de plus en plus d’une ville hiérarchisée à une ville systémique, on ralentit la croissance additive pour laisser plus de temps à la mutation et au recyclage. D’ailleurs, on observe que les méthodes et la conception de l’aménagement urbain en usage au XXe siècle ont trop conduit à des tissus urbains hiérarchisés, spécialisés et peu évolutifs.

On a besoin aujourd’hui d’une nouvelle offre urbaine plus compacte, plus mixée, plus évolutive, fondée sur le maillage et l’interconnexion. Tout cela passera sans doute par une approche innovante du système pôles–réseaux, de la composition des tissus urbains, mais aussi de la gouvernance et du pilotage des mutations de la ville.

C’est à la promotion de ces nouvelles visions que devraient s’attacher les réponses au concours.