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IAU îdF> Nos études> EcoPass : le péage urbain écologique de Milan

Milan est l’une des villes les plus denses de l’Italie (7 000 hab/km2).- Photo : © Sagot (Mariette), IAU îdF

Les véhicules ont été classes en cinq catégories en fonction des normes européennes d’émissions Euro.- Photo : © Sagot (Mariette), IAU îdF

Suite à l’introduction d’Ecopass,augmentation de 6 % de passagers par mois (15 500 passagers).- Photo : © Sagot (Mariette), IAU îdF

Ecopass : « moins de trafic et plus d’air pur »- Source : site web Milan

La zone « Ecopass » par rapport au territoire de l’Île-de-France- Source : IAU îdF © IAU îdF, septembre 2009

EcoPass : le péage urbain écologique de Milan.


Octobre 2009

Depuis le 2 janvier 2008, un péage écologique permet de limiter l’accès des véhicules les plus polluants au cœur historique de la ville de Milan.

La zone s’étend sur l’équivalent des cinq premiers arrondissements de Paris

Sous le nom d’Ecopass et avec le slogan « moins de trafic et plus d’air pur », il sera testé pendant 2 ans. Le système de tarification est basé sur le principe « pollueur-payeur » et il impose des tarifs journaliers allant de 2 à 10 euros selon le niveau de pollution du véhicule indiqué par sa norme Euro. Les véhicules à faible émission de polluants y accèdent gratuitement.

La réduction des poussières fines a atteint 19 % dans la zone

Le premier objectif était de rendre l’air plus propre en réduisant de 30 % la concentration des poussières fines (PM102) au sein de la zone. Cet objectif a été ambitieux puisque la réduction constatée dans la zone n’a été que de 19 % par rapport à la moyenne sur la période 2002-2007. Le bilan réalisé par l’Agenzia Milanese Mobilità Ambiente (AMA) montre aussi des améliorations de la qualité de l’air sur l’ensemble de la ville.

Augmentation continue de véhicule entrants moins polluants

Le deuxième objectif était de fluidifier la circulation en réduisant de 10 % les voitures entrant dans la zone. Cet objectif a été dépassé. Le bilan réalisé par l’AMA sur les 12 premiers mois conclut à une baisse moyenne du nombre de véhicules de 14 %, soit 22 000 véhicules en moins dans la zone à péage. Une des conséquences les plus remarquables a été la baisse des véhicules les plus polluants dans la zone. Lorsque l’on rapproche les chiffres 2008 de baisse du nombre de véhicules entrant tous types confondus avec celle des véhicules soumis au péage, on constate un surplus de véhicules entrants (+ 3 000) correspondant à des véhicules moins polluants.

Des recettes faibles et en baisse

Le troisième objectif était de pouvoir réinvestir les bénéfices dans le cadre du programme cofinancé par le gouvernement, la région lombarde et la province en faveur de la mobilité durable. Cependant, le total des recettes brutes pour 2008 ne s’élève qu’à 12 millions d’euros, soit la moitié des estimations initiales (24 millions d’euros par an). Du fait des coûts de fonctionnement, le produit net du péage est faible. Par ailleurs, les recettes sont vouées à diminuer en raison des changements de comportements des utilisateurs. Cet effet se fait d’ores et déjà sentir sur les recettes du premier semestre 2009 qui sont en baisse de 20 % par rapport à celles du premier semestre 2008. Ce constat est à rapprocher du cas encore plus marqué de la zone à faible émission de polluants de Londres (Low Emission Zone LEZ) où, malgré une redevance journalière élevée (200 £ soit 250 euros), le système est déficitaire hors amortissements des coûts d’implantation.

Malgré la faible étendue de la zone « Ecopass », le bilan présenté montre un effet particulièrement important sur la qualité de l’air

En fait, les péages écologiques répondent bien à leur objectif principal en réduisant les émissions de polluants. Malgré la faible étendue de la zone « Ecopass », le bilan présenté montre un effet particulièrement important sur la qualité de l’air, sur la circulation automobile et sur la fréquentation des transports en commun. La réduction du nombre de véhicules entrant dans la zone a permis en plus d’améliorer la sécurité routière et la vitesse commerciale des bus. D’autre part, Ecopass n’est qu’un des outils de la politique globale des déplacements à Milan. D’autres mesures sont en cours comme la réglementation du stationnement, l’automatisation des feux rouges, l’extension du réseau de métro... entre autres, qui jouent aussi en faveur d’une optimisation de l’usage des infrastructures et d’une mobilité plus durable.

Autres études dans le même domaine :

Analyse de cas étrangers | Transports

Transport et mobilité | Financement

Transport et mobilité | Transports, énergie et pollutions

Ressources sur cette étude :

Bibliographie

Contact

Alain Meyere

Repères

Milan (Italie)

  • Superficie : 182 km2
  • Population : 1,3 million d’habitants.
  • Densité : 7 000 hab/km2

La zone « Ecopass »

Cette zone coïncide presque avec le premier district de la ville.

  • 8,2 km2, soit 4,5 % de la superficie de la ville
  • 81 000 hab., soit 6 % de la population
  • 270 000 emplois, soit 30 % des emplois

Le système de tarification

  • de 2 à 10 €*
  • entre 7h30 et 19h30
  • 43 entrées
  • Amendes contrevenants : de 70 € à 275 €

* selon le niveau de pollution du véhicule indiqué par sa norme Euro. Les véhicules à faible émission de polluants y accèdent gratuitement.

Le parc automobile du premier district milanais

  • 168 000 véhicules immatriculés en 2001 (dont un 1/3 appartenant à des personnes physiques)
  • Taux de motorisation : 520 véhicules/1 000 hab (contre 490 véhicules/1 000 hab pour la ville de Milan)
  • 158 000 entrées contre 145 000 sorties en 2004

Le nombre de jours de dépassement du seuil des 50 µg/m3

dans la ville de Milan

  • 102 en 2008
  • 148 entre 2002 et 2007

dans la zone « Ecopass »

  • 78 en 2008
  • 140 entre 2002 et 2007

Les recettes brutes pour 2008

  • 12 M€ (contre 24 M€/an de recettes prévues initialement)
  • Coûts de fonctionnement : 54 % des recettes

La baisse du nombre de véhicules polluants

  • - 56 % en 2008
  • - 65 % pour le premier semestre 2009

Les transports en commun 

  • 28 lignes de bus
  • 3 lignes de métro
  • capacité potentielle : 80 000 passagers/heure à l’heure de pointe

Glossaire

Lexique du Stif