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Sommaire :

IAU îdF> Nos études> Flexibilités, précarités

Porté par la croissance, l’intérim est le troisième secteur créateur d’emplois en Île-de-France.- Photo : © Lacombe (Matthias), IAU îdF

Le lien unissant le développement économique du territoire et la montée de la précarité suit des cheminements variés, contradictoires.- Photo : © Lacombe (Matthias), IAU îdF

Les femmes très présentes sur le marché du travail sont au cœur des revendications sur l’aménagement du temps de travail.- Photo : © Lacombe (Matthias), IAU îdF

L’amélioration des transports, des logements et des services collectifs facilite l’accès à l’emploi, en particulier de la main-d’oeuvre féminine.- Photo : © Degremont (Cécile) IAU îdF

Flexibilités, précarités. Cahiers n° 131-132


Décembre 2001

Une économie francilienne plus compétitive mais aussi plus fragile et dépendante des fluctuations conjoncturelles internationales

Au cours des trente dernières années, l’économie de l’Île-de-France s’est considérablement transformée. Si elle est plus compétitive, dans la lignée des grandes métropoles européennes, et adaptée aux exigences de la mondialisation, elle est aussi plus fragile et dépendante des fluctuations conjoncturelles internationales. Face à un environnement économique toujours plus instable et incertain, les entreprises trouvent dans les multiples facettes de la flexibilité un moyen de s’adapter. Sous-traitance, délocalisations, emplois atypiques, licenciements ou embauches, politique salariale, ne sont pas sans conséquences sur les actifs et les économies locales. Un nombre croissant de personnes est concerné en termes de revenus, de protection sociale, de parcours professionnels et, plus globalement, de trajectoires de vie.  Mais tout ne se joue pas en termes de contraintes, des opportunités se créent aussi. En effet, ces mutations de l’emploi et du travail rencontrent des évolutions sociétales : individualisation des pratiques de travail, ou de loisirs de consommation, évolutions des structures familiales, développement de l’activité des femmes, recherche de temps libre et d’autonomie.

Des régulations économiques, sociales, spatiales et temporelles nécessaires

Dans une région francilienne où les pôles économiques d’excellence côtoient des quartiers en difficultés, où les contrastes entre richesse et pauvreté sont extrêmes, l’enjeu est important et la question des régulations économiques, sociales, spatiales et temporelles devient primordiale.
Être « flexible » demande d’avoir les moyens de s’adapter, tant pour les individus que pour les territoires infra-régionaux, pour ne pas devenir « précaire ». Face à ce défi, l’innovation paraît indispensable, et les collectivités locales doivent être porteuses d’initiatives telles les « agences du temps ».
Né de regards croisés, ce numéro des Cahiers aborde des problématiques variées, que prolonge une lecture prospective de ces évolutions au niveau régional et local.

Autres études dans le même domaine :

Développement économique | Emploi

Education et formation | Formation/emploi

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Pascale Leroi

Repères

Les chiffres-clés de l’Île-de-France en 1999

  • Population : 10 952 000 habitants soit 18 % de la population métropolitaine française
    • Excédant des naissances sur les décès : + 87 000 par an
    • Les échanges migratoires avec l’extérieur : - 54 900 par an
  • 5 137 000 emplois soit 22 % de l’emploi total en France métropolitaine
  • PIB francilien en 2000 : 2 592 milliards d’euros
  • PIB par habitant : 35 977,97 euros
  • Le secteur tertiaire emploie 3 850 000 personnes et représente donc 82 % de l’emploi salarié régional.
  • L’emploi salarié représente 94 % de l’emploi total francilien
  • L’industrie emploie près de 630 000 salariés et comporte des branches à forte valeur ajoutée comme l’industrie électrique-électronique, l’aéronautique, la chimie-pharmacie ou l’imprimerie-presse-édition.
  • Les cadres et professions intellectuelles supérieures représentent 25 % de la population active occupée.
  • Le secteur de la construction emploie 230 000 salariés.
  • Taux de chômage : 7,7 % et un nombre de demandeurs d’emplois en Île-de-France en juillet 2001 de 401 000.
  • Deux catégories d’actifs à bas revenus doivent être distinguées : les personnes qui perçoivent des bas salaires et les travailleurs pauvres.
  • Un premier seuil de « bas salaire » a été fixé à 838,47 euros
  • Un second seuil de «très bas salaire » a été fixé à 628,85 euros
  • Le seuil de pauvreté est, en 2001, de 579,31 euros (le seuil des statistiques européennes est de 640,29 euros)
  • 3,4 millions de salariés sont concernés par ce phénomène de bas salaire, soit un salarié sur six
  • La proportion des salariés les plus mal payés (« très bas salaires ») s’est fortement accrue passant de 5 % à 10,6 % entre 1983 et 1990.
  • 40 % des postes de travail occupés par des étrangers dans l’industrie ont été supprimés entre 1975 et 1990.
  • Le poids des retraités parmi les ménages pauvres a chuté pour passer à 18 % en 1996 (contre 56 % en 1978).
  • Les familles nombreuses sont nettement sur-représentées : 35 % d’entre elles ont au moins trois enfants. Déduction faite de l’aide au logement, leur loyer représente en moyenne 40 % de leurs ressources pour les locataires du secteur libre. De plus, les conjointes étant généralement inactives, ces ménages ne vivent que sur un seul salaire neuf fois sur dix.
  • Les enfants touchés par la pauvreté des familles sont de plus en plus nombreux : 670 000 en 1996 (25 % d’entre eux vivent avec un seul de leurs parents et 50 % ont des parents étrangers).