Sur quoi peut-on innover aujourd’hui ? Comment financer ? Comment garantir sa mise en œuvre et imaginer son évolution dans trente ans ?- Photo : Le nouveau quartier Seine et Parc : reconquérir les berges de Seine pour en faire de véritables lieux de vie (Choisy-le-Roi, 94) © Pattacini (Jean-Claude), IAU îdF
En Île-de-France, les projets urbains des villes sont les moteurs du développement métropolitain.- Photo : Le parc de Clichy-Batignolles © Lecroart (Paul), IAU îdF
De plus en plus de projets sont construits hors démarches PLU ou Scot.- Photo : © Lecroart (Paul), IAU îdF
Juin 2012
L’urbanisme de projet n’est pas une idée nouvelle. Mais face au constat d’une construction qui tourne au ralenti, et dans un contexte de rupture, cette idée revient sur le devant de la scène, apportant au passage quelques idées nouvelles. Ce numéro des Cahiers rend compte de la diversité des réalités qu’il recouvre selon les contextes : de la reconversion industrielle à l’aménagement d’espaces publics, en passant par le projet urbain à la campagne ou la création d’axes de transports. Il montre la permanence, mais aussi l’évolution des réflexions sur la conception urbaine.
L’idée de projet urbain évolue sans cesse, tentant de s’adapter à un environnement changeant et appelant des démarches innovantes. Parmi ces changements : la multiplicité croissante des acteurs qui s’invitent dans le projet. Désormais, l’urbanisme est nécessairement le fruit d’une construction collective où élus, concepteurs, opérateurs, gestionnaires, usagers et artistes conjuguent leur vision de la ville. Que l’on parle d’urbanisme négocié, concerté, participatif ou encore «d’urbanisme des voisins », de « mises en projet coélaboratives », toutes ces démarches se fondent sur le dialogue et l’enrichissement collectif. Cette diversité d’acteurs est d’ailleurs l’occasion de réinterroger chacun sur son rôle, sur ses pratiques professionnelles et sur la manière de se coordonner. Les marges de progrès sont encore grandes pour concevoir et mettre en œuvre des outils de management adaptés aux projets urbains et particulièrement à leur dimension humaine et sociale.
Enfin, l’urbanisme de projet, c’est aussi savoir croiser les approches, les échelles et, dans cette optique, il apparaît que les agences d’urbanisme peuvent jouer un rôle essentiel d’ensembliers ou de facilitateurs. L’innovation est, quant à elle, à la fois juridique, technique et artistique. Ce Cahiers fait le jour sur les nouveaux outils législatifs, comme le projet urbain partenarial, le dialogue compétitif ou la loi sur la majoration des droits à construire. Il illustre aussi, à travers de nombreux exemples, comment la visualisation 3D, l’art et la communication enrichissent le projet urbain. Il montre qu’il n’y a pas d’urbanisme exemplaire ni de modèle reproductible, mais des démarches d’urbanisme multiples dont la force et la pertinence résident dans leur capacité d’adaptation.
Autres études dans le même domaine :
Aménagement des territoires | Trame verte et bleue
Aménagement urbain | Grands projets urbains
Patrimoine | Patrimoine bâti
La démarche d'ensemblier dans le projet urbain 10 février 2009
Le projet d’aménagement des terrains Renault ZAC Seguin-Rives de Seine. Superficie : 74 hectares. Il est prévu la construction de 850 000 m2 de logements, équipements, bureaux et commerces d’ici à 2016. À terme, 12 000 habitants et plus de 10 000 emplois y sont attendus.
Le tramway grenoblois et ses projets d’extension Plusieurs projets en cours de réalisation. L’autorité en charge du développement des transports collectifs prévoit la construction d’une cinquième ligne (E) en direction du nord-est de l’agglomération d’ici à 2014. Dans le cadre d’une charte Urbanisme et Transports, une restructuration de l'espace urbain de l'agglomération est prévue autour de ces axes de transports « doux ».
Le projet urbain à la campagne Les écoles d’architecture, au-delà de leur mission de formation initiale des architectes, sont aussi des lieux de recherche et d’expérimentation. La collaboration entre territoires et université est riche pour tous, créant les conditions de débats, colloques et rencontres régulières. Comment inventer une modernité rurale et accueillir de nouvelles populations dans des conditions soutenables ? Comment économiser sols, ressources et énergie, en répondant aux besoins d’expansion des petites communes ? …L’ENSA de Nancy fait partie d’un réseau d’écoles qui, via ces ateliers « hors les murs », formalise une nouvelle forme de recherche territoriale à partir du « projet rural ».
Qu'est-ce que les CDT ?
Les contrats de développement territorial (CDT) sont définis dans la loi du 3 juin 2010 relative au Grand Paris. Ils doivent mettre en œuvre le développement économique, urbain et social de territoires définis comme stratégiques, et en particulier ceux desservis par le réseau de transport public du Grand Paris. Ces démarches contractuelles, à visée opérationnelle, engagent l’État, représenté par le préfet de région, et les communes et leurs groupements. La région d’Île-de-France et les départements ainsi qu’un certain nombre d’acteurs institutionnels du Grand Paris dont Paris Métropole, l’Atelier international du Grand Paris et l’Association des maires d’Île-de-France sont invités à s’associer à ces démarches.
Les contrats de développement territorial sur notre site
Le projet urbain partenarial
Le projet urbain partenarial (PUP) est le nouvel outil de financement des opérations d’aménagement institué par la loi n° 2009-323 du 25 mars 2009 de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion. Il permet aux communes ou aux établissements publics compétents de signer avec les propriétaires des terrains, les aménageurs ou les constructeurs, une convention fixant le programme des équipements publics à réaliser pour répondre aux besoins des futurs habitants et usagers de l’opération, ainsi que les conditions de leur prise en charge (article L.332-11-3 du code de l’urbanisme). Il est mis en œuvre par voie conventionnelle. C’est la convention qui établit le montant de la prise en charge privée du coût des équipements publics, qui fixe les délais de paiement, ainsi que les modalités de cette participation. Il crée une souplesse contractuelle entre une collectivité locale et les opérateurs aménageurs, constructeurs, tout en garantissant une vraie sécurité juridique et un cadre transparent pour les opérations d’initiative privée. Attention, toutefois, le PUP ne demeure qu’une procédure de financement d’équipements publics : une procédure qui ne doit pas se limiter à une approche technico-financière. Cela favorise le déblocage foncier, mais cette procédure ne doit en aucun cas dispenser la collectivité, de réaliser au préalable une étude sérieuse de faisabilité du projet urbain sous toutes ses autres facettes, fonctionnelle, sitologique, sociale, économique, environnementale…