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Bilan et perspectives. L'IBA Hambourg 2013 : quelles leçons pour notre métropole ?

L’Atelier Paris-Hambourg à Vitry, 27 mai 2010 © P. Lecroart – IAU îdF

Deux ans avant la présentation finale des projets en 2013, l'IBA d'Hambourg apporte d'abord la reconnaissance symbolique de la métropole vis-à-vis d'un territoire oublié, en crise, et dont on perçoit les atouts là où l'on ne voyait que des handicaps : c'est déjà beaucoup si on pense à certains territoires de la métropole parisienne en Seine-Saint-Denis, en Val-d'Oise ou en Essonne.

L'IBA a jeté des ponts vers une population défavorisée en stimulant leur capacité de se prendre en main, en reliant les besoins locaux aux enjeux stratégiques métropolitains (positionnement dans la mondialisation, diversité culturelle, innovation écologique, coutures urbanistique, etc.). L'IBA développe l'innovation, offre à l'administration, aux entreprises et aux professionnels une plate-forme d'expérimentation de solutions originales et transversales dans différents domaines : habitat, production d'énergie, formation, etc.

Surtout, l'IBA apporte des réponses intéressantes à plusieurs questions :

  • L'impulsion et la participation : l'IBA parvient à créer les premiers déclics en s'appuyant sur des habitants-leaders, des jeunes entrepreneurs, des intellectuels et des artistes, etc.
  • Le passage à l'acte, outil d'une stratégie : les projets IBA sont des prétextes pour donner de la valeur à des sites qui ne rentreront dans le marché qu'à très long terme.
  • Les moteurs des projets : la culture, l'écologie et l'innovation, sont les clés d'une inversion des regards et de la construction d'une nouvelle économie.
  • Le formel et l'informel : l'IBA parvient à combiner les procédures, programmes, contrats, etc, avec des approches bottom up ouvertes, informelles et festives.

Mais l'IBA interroge : la juxtaposition de projets dessine-t-elle un changement structurel profond ? Tous les habitants sont-ils vraiment mobilisés par l'IBA ? Pourquoi la région métropolitaine d'Hambourg est-elle absente de la démarche ? La gestion des réalisations est-il assurée à moyen terme après l'IBA ? La rapidité des prises de décision ne risque-t-elle pas d'engendrer des choix problématiques à long terme ? Avec le changement de majorité à la tête de la Ville-Land en 2011, de telles questions deviennent cruciales. L'IBA sera-t-elle un succès ? A l'aune de quels indicateurs ?

Verbatim

Quelques verbatim glanés lors de l'Atelier Paris-Hambourg :

François Labroille, président de la commission Aménagement de la Région Île-de-France : « L'IBA a cette capacité particulière de faire travailler l'imaginaire. Sur les sites de l'IBA, on ne voit rien de tangible en matière de projet, mais cela n'a pas d'importance : on se projette dans l'avenir ».

 

Jean-Yves Le Bouillonnec, premier président de Paris Métropole : « L'IBA est un modèle, car elle apporte la preuve qu'il faut être créatif et sortir des solutions règlementaires ».

L'IBA d'Hambourg s'inscrit dans le contexte politique, institutionnel et culturel d'une Ville-Land d'Allemagne du Nord, très différent de celui de la métropole parisienne.

 

Dieter Läpple, professeur à l'Université HafenCity: « Paris, comme métropole, est une mosaïque hétérogène de projets conçus sans gouvernance : coordonner cet ensemble est mission impossible, il y a trop d'intérêts divergents ».

Un défi pour les autorités publiques d'Île-de-France et pour le jeune syndicat Paris Métropole. Saura-t-on faire mentir notre ami allemand ?