Mireille Ferri, Vice-présidente du Conseil régional, Vice-présidente de l'IAU îdF, a rappelé, en préambule, la fragilité écologique du fleuve, la nécessité de concilier les usages de la voie d’eau et d’y conjuguer harmonieusement économie et environnement.
Elle demande d’identifier clairement les effets des risques d’inondations en milieu urbain et de trouver des solutions innovantes pour les projets, en évitant de figer des espaces en zone inondable.

L’Île-de-France est un carrefour essentiel pour la biodiversité, et la Seine un corridor biologique à une échelle qui dépasse le niveau régional. Il est indispensable de préserver les connexions naturelles, souvent coupées par l’urbanisation et par de nombreux ouvrages – portuaires et autres – qui perturbent les espèces. Des solutions mises en œuvre ailleurs (sur le Rhône notamment) pourraient être expérimentées et développées.
L’approvisionnement de l’Île-de-France se fait principalement par voie maritime. Une chaîne d’approvisionnement cohérente par la Seine est la plus respectueuse de l’environnement, mais le Port autonome de Paris insiste sur la nécessité d’améliorer les logistiques de petites distances et de développer les ports intermédiaires.
Cependant la question du maintien des conditions d’existence du corridor biologique Seine face à l’intensification du transport par voie fluviale reste entière.
La Seine, « source de la métropole, fontaine du jardin francilien », traverse des espaces en permanente mutation : le territoire du fleuve est un secteur stratégique de grands projets urbains. Mais face aux risques d’inondations, l’agglomération centrale est plus vulnérable aujourd’hui : le niveau des « plus hautes eaux connues » y concerne 20 000 hectares, 700 000 habitants, 130 zones d’activités économiques, 1 460 équipements locaux, 50 lycées…
Des outils techniques et réglementaires permettent de mieux gérer les inondations, et de limiter leurs conséquences en contrôlant la construction sur les nouveaux sites. Dans les tissus urbains constitués, il faut envisager d’autres actions : sensibiliser les entreprises et les habitants en développant une véritable « culture du risque », diminuer la vulnérabilité des équipements (suivant l’exemple du département des Hauts-de-Seine).
Au-delà de la protection des biens et des personnes, cet objectif de diminution de la vulnérabilité vise à redémarrer l’ensemble des activités humaines le plus rapidement possible après une crue. Il conduit à repenser le développement et l’aménagement des territoires concernés, en s’appuyant sur des expériences françaises et européennes : l’idée de zones test est en train d’émerger en Île-de-France sur des sites particulièrement stratégiques et exposés. Des opérations d’aménagement urbain (Mantes-la-Jolie, l’Île-Saint-Denis) témoignent d’une nouvelle façon d’intégrer les dimensions du fleuve.
En conclusion, l’intérêt d’un lieu d’échanges et de propositions sur le fleuve pour une approche d’échelle régionale et supra-régionale a été souligné. Ces débats ont rappelé des questions difficiles qui doivent être approfondies lors des prochaines tables rondes.
Élisabeth Bordes-PagèsHervé Lerolle