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Janvier 2006

Le Supplément Habitat n°40

Il est fréquent d’entendre dire que la pénurie locative et la hausse des loyers poussent, aujourd’hui, une partie de la population francilienne à s’installer loin des centres urbains avec, en corollaire, le risque de provoquer une croissance urbaine en tache d’huile.
Si cette opinion exprime bien le problème actuel du logement en Île-de-France, il faut fortement la nuancer. C’est ce que montre le Supplément Habitat, dans le premier article de ce numéro, «construction, étalement urbain et pénurie foncière : au-delà des idées reçues». La distance croissante prise par une partie de la population par rapport au centre de Paris, processus régulier et ancien, n’est pas le fruit d’un éloignement croissant de la construction neuve. Explications :
Depuis trente ans, on assiste à un desserrement lent mais progressif de la population du centre de Paris. Ce phénomène est lié à des évolutions sociodémographiques, (départ des familles nombreuses du cœur de l’agglomération, vieillissement et baisse de la taille des ménages), mais aussi immobilières avec la transformation et la valorisation du parc de la capitale et des communes limitrophes accessibles désormais aux seules familles aisées.
Au total, la redistribution de la population francilienne s’est effectuée à l’intérieur d’un cercle distant de 30 km de Paris, secteur qui a capté l’essentiel de la croissance régionale et accueilli une part importante des habitants du centre urbain de la Région. Mais, contrairement à ce que l’on pense, la population ne s’est pas davantage installée aux franges de l’Île-de-France : en 1999, 5% y habitent… comme en 1962.
Cette observation vaut également pour la construction de logements neufs dont l’éloignement par rapport au centre n’a pas fortement évolué en trente ans : 22 km de 1968 à 1975, 23 km de 1990 à 1999. La lente transformation du parc immobilier central, marquée par la démolition de bâtiments vétustes ou peu denses et par la fusion de petits logements, amène sa diminution à moins de 20 km du centre de Paris. Cette diminution induit un éloignement du «centre de gravité» du parc total de logements par rapport au cœur de l’agglomération.
Depuis vingt ans, le rythme de la construction a beaucoup varié entre périodes de haute et de basse conjoncture : de 1 à 2,6 dans les zones centrales et de 1 à 2 en périphérie. Ces fluctuations sont le résultat des différentes politiques du logement privilégiant tour à tour le logement social ou l’accession à la propriété et des politiques urbaines, d’abord axées sur les zones d’urbanisation prioritaire et la rénovation urbaine puis sur les villes nouvelles.
Après cette période de production intense, la construction a beaucoup baissé dans la proche et la grande couronne et s’est maintenue aux alentours de 22 km de Paris.
Si l’on veut atteindre l’objectif de 60 000 mises en chantier annuelles évoqué lors des travaux du SDRIF (35 000 actuellement), il faudra prendre en compte l’évolution de la demande en attente et à venir : celle émanant de ménages de petite taille, de tous âges et de toutes conditions, utilisateurs de services et désirant être bien reliés à l’agglomération.
Cette nécessaire construction peut et doit trouver sa place dans le tissu urbain existant. Or, aujourd’hui, aucun territoire de l’agglomération ne peut produire massivement des logements. Il faudra donc aider la transformation urbaine, en assouplir les outils et utiliser les règles d’urbanisme pour accroître la construction et en optimiser la densité. Enfin, une approche sur la qualité de la forme urbaine envisagée doit accompagner toute opération de densification : hauteurs, épannelages, emprises bâties, espaces végétalisés.

Villes européennes et intégration de l’environnement

Une étude de l’IAURIF

Comment les responsables politiques et techniques européens intègrent-ils l’environnement dans la gestion globale de leur ville et dans les différentes politiques sectorielles qu’ils doivent mener ? Onze villes ont été approchées sous cet angle. Première constatation : il existe entre elles une grande différence d’appréhension de ces problèmes. Les villes du Nord ont des approches écosystémiques (notion d’empreinte écologique, maîtrise des flux de matières, bilans énergétiques, etc.), alors qu’au sud on se préoccupe davantage du patrimoine, de la qualité des espaces publics, du cadre de vie, de sociabilité et de développement local en relation avec l’environnement. Cette diversité des approches n’est pas forcément négative et peut inspirer les différentes politiques élaborées par les villes pour un développement harmonieux et de qualité de leur territoire. À titre d’exemples, le développement de partenariats avec le secteur privé, notamment pour l’industrie d’emballage de la viande à Copenhague ou l’organisation d’un système de monitoring pour suivre et orienter les politiques publiques à Rotterdam.
Cette étude propose également un certain nombre de pistes pour une mise en place plus cohérente des agendas 21 locaux, et fait le point sur les démarches en cours en Île-de-France.
En annexe de cette étude, la charte de la Terre donne la mesure du destin commun à toutes les nations et souligne la nécessité de l’engagement de chacune d’elle pour développer et mettre en pratique un mode de vie durable sur le plan local, national, régional et international.

Les décharges d’Île-de-France : impacts sanitaires et environnementaux

Note rapide n°404

L’Île-de-France a commencé à se débarrasser de ses ordures en les enfouissant. Si les décharges tendent, aujourd’hui, à être abandonnées, elles n’en ont pas moins marqué le paysage et les esprits.
Elles répondent maintenant à des normes strictes de gestion,