Voyage aux frontières de l'Île-de-France

Journées européennes du patrimoine 2011

17 septembre 2011

À l'occasion de l'édition 2011 des journées européennes du patrimoine, l'IAU îdF a proposé à ses visiteurs une exposition consacrée à l'évolution des frontières de l'Île-de-France.
Nous vous invitons à la découvrir ou la redécouvrir en version numérique.

Cette exposition se décline en neuf planches chronologiques

Xe siècle : La découvertes des territoires et de leurs limites
Avec l'écroulement de l'Empire romain, toute l'armature territoriale disparaît. Les seigneuries et châtellenies sont les seuls territoires aux espaces définis. Ce n'est qu'à partir du Xe siècle que des frontières et limites administratives réapparaissent. En 911, une frontière est définie pour limiter le domaine royal et celui du duc de Normandie. Par la suite les premiers Capétiens n'auront de cesse d'accroître les limites de leur territoire.

XVIe - XVIIIe siècles : Des limites administratives mouvantes
À mesure que le pouvoir central s'organise, naît le besoin de gérer l'espace en lui-même et pour ceux qui s'y trouvent, l'habitent et y travaillent. Les premières administrations non féodales apparaissent, notamment les prévôts puis les baillis et sénéchaux qui gèrent les fonctions judiciaires, administratives et financières. Les uns et les autres, itinérants à leur création, deviennent sédentaires d'où la naissance de circonscriptions autour de villes dont le rôle reste encore important aujourd'hui.

XVIe - XVIIIe siècles : Le gouvernement de gestion
Une nouvelle circonscription locale, la généralité de Paris, placée sous l'autorité de l'intendant, est également créée puis renforcée (XVIe-XVIIIe siècles) à mesure que le pouvoir central s'impose et que les besoins nés de la croissance de la capitale augmentent. L'approche fonctionnelle, notamment le souci d'approvisionnement de Paris, explique le découpage territorial. Avec la généralité ou l'intendance, le chevauchement entre pouvoir politique et compétence de gestion s'affirme.

1790 : De l'obsession géométrique aux départements
Trouver le « bon territoire ». À mesure que l'État remédie à l'éparpillement des premières circonscriptions, héritage de l'ère féodale et de l'Ancien Régime, il hésite entre centralisation et reconnaissance des pouvoirs locaux et cherche un territoire « rationnel », pour une meilleure gestion.

XVIIIe - XIXe siècles : Le débat entre la ville fermée et la ville ouverte
Quel territoire pour la ville ? Ne prendre en compte que l'espace bâti ou son bassin de vie ? Alors que le village était par nature ouvert, donnant libre accès aux champs et pâtures avec son réseau viaire en étoile, la ville, pour des raisons de pouvoir et de sécurité, s'enfermait dans des murs. C'est le cas de Paris. Pourtant, la croissance démographique a régulièrement obligé à repousser les fortifications et la capitale s'appuyait sur un chapelet d'autres cités contribuant à son développement : Sceaux, Poissy, Pontoise joueront ainsi un rôle de marché essentiel à l'approvisionnement parisien.

1930 - 1960 : Un espace pour aménager le territoire
Un très fort essor démographique dans la zone agglomérée fait éclater les limites de la ville. La croissance de la banlieue parisienne amène à repenser la question d'un meilleur espace de gestion, et les périmètres d'intervention publique. La planification fonctionnelle de la région en zones d'activités débute dans les années 1930 avec le plan Prost, puis le Projet d'aménagement de la région parisienne (Parp) validé à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
Au début des années 1960, le plan de référence est le Plan d'aménagement et d'organisation générale (Padog) dont les limites restent sensiblement les mêmes.

1960 - 2008 : La lente reconstitution d’un cadre régional
La période 1960-2008 est marquée par la prise en compte d'un périmètre de plus en plus élargi passant de l'agglomération parisienne à la région de l'Île-de-France afin de la faire entrer dans l'ère des métropoles internationales. Cette extension est formalisée en 1964 par la refonte des frontières administratives de l'Île-de-France et parachevée par l'établissement des régions (1972-1976). Un élément reste inchangé : le caractère unique de Paris.

2008 - 2011 : Un périmètre de projet adapté aux réalités métropolitaines
La région Île-de-France ne peut plus se concevoir dans ses limites administratives, mais dans un espace plus vaste. Le Bassin parisien, à la fois espace naturel et fonctionnel, est articulé autour de pôles complémentaires et forme un vaste bassin de vie et d'emploi contribuant à la dimension de métropole mondiale de l'Île-de-France.

2011... : Quelle gouvernance pour le périmètre francilien en mutation ?
Alors que de nouvelles limites fonctionnelles se développent sur le territoire francilien, la question de la gestion de la région Île-de-France est de plus en plus prégnante. En effet, ce territoire est désormais une zone d’organisation fonctionnelle avec des bassins de vie organique caractérisés par de nombreuses coopérations intercommunales basées sur des réalités administratives, fonctionnelles, géographiques, patrimoniales.

Grand visuel

S'intéresser aux frontières permet de mieux comprendre le territoire. Cette exposition met en évidence l'aller et retour quasi permanent depuis les origines entre des frontières pragmatiques, des frontières rationnelles et des limites fonctionnelles. [...]

L'IAU îdF remercie pour son partenariat le département des Cartes et Plans de la Bibliothèque nationale de France, et pour leur aide, les Archives départementales du Val-d’Oise, et la Direction des Archives et du Patrimoine de la Seine-et-Marne.

Ressource

Visuel 2011