English

OK
IAU îdF> L'Île-de-France> Une histoire du territoire> Reste-t-il quelque chose de naturel en Ile-de-France ?

Reste-t-il quelque chose de naturel en Ile-de-France ?

Les plateaux étant mis en grande culture, les espaces naturels résiduels se concentrent dans les vallées et les massifs forestiers. Crécy-en-Brie. (cf. article « Patrimoine naturel » de Bernard Cauchetier).

Deux conceptions de l’état de nature s’opposent, l’une intégrant l’Homme, l’autre l’excluant. Sans homme, la nature serait vierge… mais la notion de patrimoine n’existerait pas ! En Ile-de-France, s’il ne reste plus guère de nature sauvage, la nature domestiquée occupe encore une grande place.

Au sens strict, un espace est qualifié de naturel quand il est peu ou pas modifié par les activités humaines. De ce point de vue, l’Ile-de-France, comme la plus grande partie du territoire de la France métropolitaine, n’a plus guère de milieux naturels à proprement parler. Seules les vieilles futaies des réserves intégrales de la forêt domaniale de Fontainebleau [1], quelques lambeaux de forêt alluviale dans la Bassée ou de forêt de pentes orientées au nord dans le Val d’Oise, permettent d’imaginer ce que pouvait être la forêt primaire francilienne [2]. 

Les milieux naturels franciliens abritant la plus grande biodiversité sont essentiellement issus de l’activité humaine passée. Ils ont été façonnés par l’agriculture traditionnelle de polyculture-élevage encore bien présente jusqu’aux années 1950, qui utilisait des terres incultes pour le parcours ou le fourrage du bétail (zones humides [3], pelouses calcicoles [4], platières gréseuses [5], landes…). Ces espaces résiduels se reboisent naturellement, quand ils ne sont pas menacés par l’urbanisation. Dans ce contexte, les anciennes carrières sont devenues un autre refuge pour la biodiversité. Elles abritent des espèces végétales pionnières des roches nues, auxquelles le riche manteau de limon des plateaux de la région ne laisse guère de place.

Auteurs

François Dugeny, Christian Thibault

Notes

[1] 135 hectares de futaies qui ont traversé les siècles grâce à l’action de Louis XIV et des peintres de Barbizon.
[2] On parle de forêts « subnaturelles ».
[3] Prairies, marais, tourbières.
[4] Pelouse constituée d’une flore spécialisée, adaptée aux sols secs et pauvres, dont des espèces à affinités méridionales (« calcicoles thermiques ») et des orchidées, et accueillant une faune tout aussi caractéristique (insectes, reptiles, oiseaux).
[5] Ensemble de pelouses, landes et mares implanté sur une dalle de grès et abritant une flore très spécialisée.