“ Qu'il soit naturel, bâti ou culturel, notre patrimoine commun n'est pas une somme d'éléments isolés : c'est un réseau dense et soudé, tissé par le temps, par les pratiques, les savoir-faire, les modes...
Son analyse nous montre combien est étroite la relation entre le sous-sol et le sol même qui l'a fait naître : il constitue le lien indéfectible entre l'homme et le territoire de l'Ile-de-France. C'est donc ce lien qu'il faut aussi s'attacher à comprendre pour en transmmieuxettre la substance aux générations à venir ”
L’Ile-de-France occupe le cœur du bassin parisien. Ce bassin sédimentaire, véritable « mille-feuilles » géologique, a été érodé par un système hydrographique très puissant et ramifié. Quatre grands plateaux (de Beauce, de Brie, de la plaine de France et du Vexin) s’étagent autour de la confluence Oise/Seine/Marne, vaste amphithéâtre où se développe l’agglomération centrale [1]. Cette configuration fait affleurer un grand nombre de couches géologiques, entraînant une grande diversité pédologique. Cette diversité se retrouve dans les milieux naturels et dans les matériaux de construction locaux. Le relief n’est pas très prononcé, mais suffisamment pour orienter le développement urbain selon les passages les plus favorables aux voies de communication, et pour déterminer des terroirs agricoles.
L’axe tectonique nord-ouest sud-est du bassin parisien commande les structures du grand paysage. Il oriente le réseau hydrographique, dont la vallée principale de la Seine. Il est marqué par des alignements de buttes (Cormeilles-Montmorency au nord de la région, Montmartre-Belleville à Paris…). Les alignements parallèles de sables et grès s’étendant du massif de Rambouillet à celui de Fontainebleau, qui affleurent largement entre Étampes et Nemours, en sont une des manifestations géologiques les plus caractéristiques. Cette grande direction nord-ouest sud-est a guidé les cadastrations romaines (par exemple la chaussée Jules César dans le Vexin). Elle se retrouve même dans la disposition des villes nouvelles, placées préférentiellement sur les plateaux pour rompre avec la croissance de l’agglomération en doigts de gant le long des vallées.