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IAU îdF> Nos études> Science Cities : Campus scientifiques et clusters dans les métropoles du XXIe siècle

Le grand amphithéâtre d’Aalto emblème de l’université technologique d’Helsinki (TKK).- Photo : © Odile Soulard, IAU îdF

Présent dans plus de 150 pays, Nokia a réalisé un chiffre d'affaires de 50,7 milliards d'€ en 2008. Le géant finlandais emploie plus de 128 000 salariés dans le monde.- Photo : © Odile Soulard, IAU îdF

Le projet « K9 towers » de la société Hartela à Keilaniemi. La réserve de croissance potentielle de ce secteur est ainsi d’environ 10 000 habitants et 16 000 emplois.- Photo : © SRV

Pour manifester la vocation culturelle et artistique du quartier, le projet urbain d’Arabianranta (4 km nord-est Helsinki) fait l’objet d’interventions d’artistes dans différents lieux.- Photo : © Odile Soulard, IAU îdF

Localisation des éléments clés du territoire à la disposition du cluster d’Otaniemi- Source : Otaniemi Marketing ; traitement IAU îdF, 2009

Science Cities : Campus scientifiques et clusters dans les métropoles du XXIe siècle. Helsinki : Otaniemi et Arabianranta


Décembre 2009

La société finlandaise dispose d’atouts pour constituer un milieu innovant : grande ouverture aux technologies ; pragmatisme dans la résolution des problèmes ; recherche du consensus, capacité à l’autocritique…

Helsinki : une réelle mise en réseau des acteurs de la R&D et de l’innovation

La région d’Helsinki dispose évidemment de ces mêmes atouts, magnifiés par ses infrastructures aéroportuaires et portuaires et son statut de capitale, qui lui confère en outre des fonctions de commandement et une plus grande ouverture au monde. On observe dans cette métropole une réelle mise en réseau des acteurs de la R&D et de l’innovation, favorisant les synergies : ainsi l’Université Aalto (mais aussi Metropolia et Laurea) qui relie des campus universitaires existants sur des thématiques faisant écho à la stratégie « T3 » du Grand Helsinki  (science/technologie + art/design + business/finance) ; ainsi les nombreux facilitateurs publics et privés, qui permettent de créer des entreprises et de les accompagner dans leur cycle de croissance.

Plusieurs facteurs néanmoins freinent le développement des activités de R&D sur le territoire finlandais

L’insuffisance d’IDE ; le manque de diversification des entreprises du système productif ; la faible mobilité des étudiants et chercheurs ; la multiplicité et l’enchevêtrement des compétences des organismes du système d’innovation ; le manque de spécialisation du secteur privé finlandais dans les domaines exigeant une main-d’œuvre très qualifiée, qui entraîne une relative sous-utilisation du capital humain finlandais et un risque latent de pénurie de main-d’œuvre sont autant de facteurs freinant le développement des activités de R&D sur le territoire finlandais. Enfin, il semble que les communes de l’aire métropolitaine se livrent une réelle concurrence pour l'accueil de fonctions métropolitaines supérieures : ainsi l’annonce de la création de l’Université Aalto a suscité pas mal de tensions entre Espoo et Helsinki pour savoir qui des deux accueillerait son siège.

Les dynamiques du cluster d’Otaniemi

La réussite du cluster d’Otaniemi s’articule autour de plusieurs éléments clés : des centres urbains riches d’externalités culturelles, naturelles et infrastructurelles ; la présence de centres de recherche nationaux largement appuyés par le gouvernement ; un enseignement de qualité ; le développement spontané d‘entreprises devenues leaders dans leur domaine, avec leurs spin-off essaimées autour d’Helsinki. Les « coopétitions » entre entreprises, en vue d’optimiser les profits jouent un rôle moteur dans la dynamique du cluster. Des initiatives récentes, comme Innovation Mill de Nokia ou Otaniemi Microclusters montrent que les acteurs cherchent ensemble des réponses aux défis posés par l’écosystème d’Otaniemi (attractivité internationale, croissance des start-up) pour créer davantage de valeur ajoutée et d’emplois.

Le quartier d’Arabianranta

Ce quartier mixte à forte identité jouit d’une grande renommée. Conçu pour être un laboratoire de l’habitat contemporain, il est aussi devenu de fait un laboratoire de la création de contenus pour les TIC, grâce à leur complète intégration dans les espaces publics et privés et à la présence des étudiants et chercheurs de la TaiK. Arabianranta est aussi innovant sur le plan de sa conception urbanistique que sur celui des modes de vie, de consommation et de travail qui s’y déroulent. Il dispose de nombreux attributs recherchés par la classe créative d’Helsinki pour s’y installer et susciter à terme un effet cluster en lien avec les matières artistiques et médiatiques enseignées dans ses universités. Cependant,  il semble prématuré de considérer qu'il s'agit du principal cluster créatif des pays nordiques.

Autres études dans le même domaine :

Aménagement des territoires | Stratégies d'aménagement

Analyse de cas étrangers | Stratégie de développement territorial

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Repères

La Finlande

Capitale : Helsinki depuis 1917.

  • PIB : 31 900 €/hab, en 2006
  • Productivité : 17 % plus élevée que la moyenne de l’UE
  • Fleurons de l’économie finlandaise : Nokia, leader mondial de la téléphonie mobile (CA de 50,7 Md€ en 2007), UPM dans le secteur de l’industrie du papier (CA de 9,5 Md€ en 2007), ou Kone, fabricant mondial d’ascenseurs (CA de 4,1 Md€)

L’aire métropolitaine d’Helsinki

  • 3 communes : Espoo, Kauniainen et Vantaa. Densité : 1 330 hab./km²
  • 1/3 des écoles polytechniques et 40 % des universités finlandaises
  • 140 000 personnes fréquentent les établissements d’enseignement supérieur

La ville d’Helsinki

Ville portuaire marquée par l’omniprésence de l’eau (70 % du territoire)

  • 564 500 habitants. Densité : 2 640 hab./km²

L’Université technologique d’Helsinki (TKK)

  •  4 facultés, 26 départements et une dizaine de centres
  • Dipoli, institut spécialisé dans la formation continue. Il forme près de 5 000 personnes par an
  • 15 000 étudiants
  • 3 500 salariés, dont près de 1 500 enseignants ou chercheurs

Le cluster d’Otaniemi

  • Composition : 2 % : grandes entreprises ; 34 % : entreprises technologiques ; 41 % des entreprises de services ;  15 % : entreprises étrangères ; 8 % : entreprises de services support.
  • 40 licences, 200 brevets (s’ajoutant aux 800 actifs du VTT), 60 à 80 nouvelles entreprises, 40 à 50 start-up high-tech par an (en moyenne)

Le quartier Arabianranta

L’université d’art et de design d’Helsinki (TaiK)

  • 6 écoles : Art and Media Pori ; Art Education ; Design ; Media Lab ; Motion Picture, Television and Production design ; Visual Culture.
  • Autres disciplines : musique, des arts de la scène et de la production culturelle
  • Un musée de l’histoire d’Arabia, une bibliothèque ultramoderne (Aralis),
  • Un pôle commercial :  200 000 visiteurs /an
  • Le projet urbain d’Arabianranta : 3 500 logements. Aménités résidentielles partagées : saunas sur les toits, locaux pour des clubs de quartier, cours ou jardins communs. Local de bureau pour favoriser le développement de micro-entreprises à domicile.