Les Cahiers de l'IAURIF n°131/132
Au cours des trente dernières années, l'économie de l'lle-de-France s'est considérable-ment transformée. Si elle est plus compétitive, dans la lignée des grandes métropoles européennes, et adaptée aux exigences de la mondialisation, elle est aussi plus fragile, dépendante des fluctuations conjoncturelles internationales.
Face à un environnement économique toujours plus instable et incertain, les entre-prises trouvent dans les multiples facettes de la flexibilité un moyen de s'adapter. Sous-traitance, délocalisations, emplois atypiques, licenciements ou embauches, politique salariale, ne sont pas sans conséquences sur les actifs et les économies locales. Un nombre croissant de personnes est concerné en termes de revenus, de protection sociale, de parcours professionnels et, plus globalement, de trajectoire de vie.
En Ile-de-France où les pôles économiques d'excellence côtoient des quartiers en dif-ficultés, où les contrastes entre richesse et pauvreté sont extrêmes, l'enjeu est impor-tant et la question des régulations économiques, sociales, spatiales et temporelles devient primordiale.
Etre "flexible" demande d'avoir les moyens de s'adapter, tant pour les individus que pour les territoires infra-régionaux, pour ne pas devenir "précaire". Face à ce défi, l'innovation parait indispensable, et les collectivités locales doivent être porteuses d'initiatives telles les "agences du temps".
Ce cahier aborde des problématiques variées, que prolonge une lecture prospective de ces évolutions au niveau régional et local.
L'importance, en Ile-de-France, du fait périurbain et de sa dégradation est apparue avec plus d'acuité encore lors de la contribution de la Région au schéma des services collectifs des espaces naturels et ruraux en 1999. Au sein de ces espaces, "les entrées de villes" sont particulièrement fragiles.
Pour aider les différents acteurs de l'aménagement soucieux de la réhabilitation de ces secteurs, l'IAURIF propose une méthode généralisable pour l'analyse des entrées de villes et pour l'élabo-ration de principes en vue de leur aménagement. Elle s'appuie sur la comparaison de trois situa-tions caractéristiques : deux entrées de l'agglomération parisienne - la RN 10 de Coignières à Trappes, la RN 20 d'Arpajon à Longjumeau -, celle d'une ville moyenne - l'A 140 à l'entrée sud de Meaux.
La région Ile-de-France a connu au cours des 20 dernières années un important mouvement de desserrement de l'emploi de sa partie centrale vers la grande couronne.
Comment s'est opéré ce desserrement au niveau géographique ? Concerne-t-il l'ensemble des sec-teurs d'activités économiques ? S'oriente-t-il vers une dispersion, une polarisation, une poly-nucléarisation de l'emploi en grande couronne ?
L'analyse réalisée par l'Institut dans le cadre d'un contrat d'objectifs Etat - IAURIF s'appuie principalement sur les résultats de l'enquête régionale sur l'emploi, conduite par l'IAURIF et l'INSEE.
Réalisée dans le cadre du projet GEMACA II qui porte sur la compétitivité des principales régions métropolitaines nord-européennes, cette étude montre que les activités financières, traditionnellement implantées en Ile-de-France représentent un secteur essentiel au développement économique régional.
Fin 1999, elles employaient 261 500 personnes, soit 5,1 % de l'emploi régional et 38 % des effec-tifs nationaux. Cette concentration qui s'explique essentiellement par l'histoire et notamment par le développement du capitalisme français au XIXe siècle, s'est perpétuée avec le développement économique francilien.