L'IAURIF fait le point sur la politique de la ville à mi parcours du contrat de plan Etat-Région 2000/2006 et au lendemain de l'adoption de la loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine
Le terme "Politique de la ville" apparaît à la fin des années 80, dix ans après les premières politiques menées contre les inégalités sociales. Il désigne alors, un ensemble d'actions et de dispositifs de lutte contre l'exclusion sociale et territoriale dans les territoires urbains fragilisés.
Cette politique d'exception repose sur la délimitation d'un périmètre d'intervention identifié à un quartier dit sensible, dégradé ou en difficulté selon les époques.
Elle a également pour ambition de renouveler l'action publique par l'expérimentation. Afin d'en asseoir la mise en oeuvre dans la durée, cette politique s'inscrit dans le cadre d'une contractualisation entré l'Etat et les collectivités locales.
Aujourd'hui, à mi-parcours du contrat de plan signé en 2000 entre l'Etat et la Région Ile-de-France, l'IAURIF propose une réflexion sur ce dispositif, ses blocages, ses difficultés et sur les mesures à prendre pour une plus grande cohérence et efficacité.
A titre d'exemple : créer une meilleure complémentarité entre les interventions publiques de plus en plus nombreuses et donc peu lisibles, renforcer la revitalisation économique des quartiers pour attirer les entreprises et créer des emplois localement, clarifier le rôle de l'intercommunalité, définir l'échelle territoriale pertinente...
En dépit de la contractualisation, la politique de la ville reste fragile. Vingt ans après ses débuts, elle souffre sans doute d'une accumulation d'orientations multiples, parfois contradictoires.
On peut lire également dans ce numéro, une comparaison des situations du logement en France et au Royaume-Uni : évolution des prix, systèmes d'aides, niveau de la construction récente, logements vacants, logements sociaux, autant de ressemblances... et de différences.
Le renouvellement urbain est une des questions posées dans le cadre des réflexions sur la révision du SDRIF. Des architectes-urbanistes, des services des villes, des promoteurs, des institutionnels de l'aménagement et des opérateurs financiers ont été sollicités pour donner leurs points de vue sur leurs expériences. Ces acteurs partenaires du renouvellement parlent de l'évolution de leurs pratiques, témoignent des conditions de réussite des projets et soulignent la spécificité de ces expériences basées sur des processus et des dynamiques plus que sur des procédures.
La réflexion que mène l'IAURIF sur ce sujet montre la diversité des projets et des moyens mis en oeuvre mais aussi les difficultés rencontrées pour intervenir sur des tissus urbains constitués, difficultés d'autant plus grandes que certains sites sont vastes, complexes et peu attractifs. La définition de projets d'ensemble et la construction de partenariats apparaissent indispensables pour assurer la réalisation et le suivi des opérations de renouvellement urbain sur le long terme. De nombreuses questions restent posées en final qui ouvrent des pistes pour mieux penser le renouvellement urbain de demain dans la région.
Nos territoires sont riches de leur diversité : diversité de leur histoire, de leur population, de leurs quartiers, de leur développement sur la scène internationale. Cette diversité est porteuse de complémentarité, mais elle peut être aussi source de fracture et d'éclatement : entre les quartiers, entre les villes-centres et leur territoire, entre les métropoles elles-mêmes dans la compétition européenne.
Lors de la 24ème rencontre nationale des agences d'urbanisme, qui se tiendra cette année au CNIT Paris-La-Défense, les 5, 6 et 7 novembre prochains, élus, techniciens, institutionnels et partenaires de l'aménagement et de la planification débattront des problèmes que posent ces disparités territoriales.