English

OK

Juin 2004

Qui sont les ménages entrant ou sortant du parc HLM en Île-de-France?

C’est à cette question que répond le premier article du Supplément Habitat n° 37 des Cahiers de l’IAURIF, qui laisse une large place à un sujet d’actualité, le logement social. Aujourd’hui, un ménage francilien sur quatre habite un logement HLM et la demande n’a jamais été aussi forte. Pourtant, son image est médiocre dans le public comme chez nombre de ses occupants, malgré tous les efforts de réhabilitation entrepris. Autre paradoxe, le logement social reste encore largement associé aux grands ensembles de tours et de barres, aux appartements mal insonorisés et mal finis, alors que, depuis plus de vingt ans, les nouvelles constructions répondent à des normes plus exigeantes et s’inscrivent dans de petites opérations souvent synonymes de qualité architecturale.

Enfin, on s’étonne encore de constater une augmentation du nombre de ménages modestes dans le parc HLM, alors que les plafonds de ressources sont de plus en plus généreux et favorisent l’accueil des classes moyennes. En 2004, près de deux ménages franciliens sur trois peuvent accéder au parc social, ce qui représente un accroissement de près de 15% par rapport à 1990.

Si le parc social s’est accru de 80% en trente ans, à un rythme beaucoup plus rapide que l’ensemble du parc immobilier (29%), le nombre de demandeurs de logements sociaux ne s’est pas réduit. Il est passé de 233 000 en 1975 à 315 000 en 2002. Pour 300 000 dossiers déposés, environ 100 000 logements HLM par an sont attribués. Il faut donc trois ans pour voir une demande aboutir, durée qui peut varier en fonction des localités: offre et demande s’équilibrent en grande couronne, alors qu’à Paris la demande est dix fois plus importante que les attributions annuelles.

Chaque année, 100 000 personnes rentrent donc dans le parc HLM. Les nouveaux arrivants sont, pour un tiers, des jeunes qui prennent leur autonomie, pour un autre tiers des locataires HLM qui changent de logement tout en restant dans le secteur social, le reste venant du parc locatif privé.

45% des ménages qui libèrent un logement HLM restent dans le secteur social, 30% accèdent à la propriété et 20% se dirigent vers le secteur locatif privé.

Alors que 70% de l’ensemble des Franciliens sont satisfaits de leur logement, les locataires HLM ne sont que 52% à exprimer le même sentiment. Certes, les tensions actuelles qui affectent le marché immobilier francilien ne permettent pas d’imaginer une désaffection de ce parc ni une hausse de la vacance. Il apparaît cependant pleinement nécessaire d’améliorer la qualité ainsi que l’image de ce patrimoine.

À découvrir également, au sommaire de ce numéro, un article sur l’accession à la propriété et un autre sur l’urbanisation face au risque inondation.

Tendances et dynamiques économiques en Île-de-France, une synthèse cartographique

Ce dossier propose une image de l’économie de l’Île-de-France dans ses principales caractéristiques et dynamiques spatiales, à travers quatre cartes de synthèse régionales : Dynamique des pôles d’emploi, Marché du travail et pôles d’emploi, Marchés de l’immobilier d’entreprise, Spécialisations de l’économie. Ces cartes sont accompagnées d’un commentaire, présentant la démarche et les principaux constats, et d’une sélection de cartes de travail.

Parmi les nombreux éclairages apportés et les questions soulevées, la carte Dynamique des pôles d’emploi montre la structuration en pôles économiques majeurs et secondaires, la double fonction (économique et résidentielle) d’une partie du tissu urbain, la diffusion des emplois au-delà des limites de l’agglomération économique, le rôle des villes traditionnelles de grande couronne. En regard, la carte Marché du travail et pôles d’emploi propose une traduction spatiale de la croissance du chômage, de la précarisation des actifs, mais aussi de la hausse des qualifications. Elle met en évidence deux principaux types d’espaces: une «zone de carence d’emploi» et la présence «de zones à fort potentiel de main d’œuvre qualifiée». La carte Marchés de l’immobilier d’entreprise montre la relative diffusion vers l’est d’un immobilier à dominante tertiaire, traditionnellement concentré à l’ouest, l’existence d’un tissu à dominante mixte et les implantations d’une logistique en plein essor. Elle fait aussi ressortir les déséquilibres persistants entre le centre et la périphérie, et le risque de dispersion des projets de zone d’activité.

Enfin, la carte Spécialisations de l’économie souligne les dominantes fonctionnelles des territoires et la spécialisation dans certaines activités. Elle montre que les grandes fonctions dominantes structurent une partie seulement de l’agglomération économique, qu’elles sont moins présentes en grande couronne, que Paris est très spécialisé et que les territoires où le tissu économique est avant tout diversifié sont nombreux.

Note rapide, n° 354 et 355, série «sécurité et comportements»

L’exploitation des résultats de la deuxième enquête «victimation et insécurité», menée sur un échantillon de10500 Franciliens de 15 ans et plus, se poursuit :
27% des vols perpétrés en Île-de-France ont lieu dans les transports en commun et visent particulièrement les jeunes, les femmes et les personnes de milieu modeste. Les autres types de victimations –agressions, dégradations, vols de véhicules– se produisent surtout dans les espaces publics.

Le sentiment de peur qu’éprouvent les Franciliens est très inégalement réparti selon les territoires. Les Essonniens et les habitants du Val-d’Oise se révèlent les plus inquiets. Paradoxalement, ce sont les Parisiens qui affichent le plus faible sentiment d’insécurité, alors que la capitale présente le plus fort taux de victimation.