Une étude de l’Iaurif fait le point sur l’évolution de la pollution liée aux transports routiers.
Il existe deux catégories de polluants provenant de ces transports. Les polluants primaires sont émis directement à l’échappement : monoxyde de carbone (CO), composés organiques volatils non méthaniques (COVNM), hydrocarbures (HC) dont le benzène (C6H6), plomb (Pb), oxydes d’azote (NO et NO2), composés soufrés, micro-particules (PM10), dioxide de carbone (CO2). Les polluants secondaires résultent de la transformation chimique des premiers dans l’atmosphère : ozone (O3), acide sulfurique (H2SO4), acide nitrique (HNO3).
En plus de cinquante ans, les progrès réalisés dans l’industrie et le chauffage ont permis de réduire très sensiblement l’émission de polluants. Néanmoins, depuis les années 1970, la pollution due aux transports est devenue préoccupante.
On note, certes, une décroissance des concentrations des polluants locaux liés aux véhicules automobiles. Toutefois, le dioxyde d’azote, le benzène et les particules fines (PM10) restent à des niveaux trop importants.
En 2000, selon Airparif, les transports routiers ont été les premiers émetteurs de NOx, de CO, de PM, et viennent en second pour les COVNM et le CO2 (dioxide de carbone, gaz à effet de serre). Durant cette même année, ils ont généré 28 % du total des émissions de CO2. C’est le deuxième contributeur aux émissions franciliennes de CO2, après le secteur résidentiel et tertiaire qui représente 44 % du total.
En dépit de l’accroissement important de la motorisation des ménages, les améliorations technologiques ont déjà permis de réduire fortement les émissions de polluants locaux, sauf pour le dioxide de carbone, pour lequel seules les politiques de transport et d’aménagement seront déterminantes.
Or, ces nouvelles technologies ne seront en service qu’après 2010 et ne concerneront l’ensemble du parc automobile qu’au bout de 19 ans, au mieux, et 35 ans, au pire !
Les nouvelles générations de moteurs devraient être commercialisées dès 2010 : eIles permettront une réduction des polluants locaux et pourraient surtout apporter un gain de consommation de carburant de l’ordre de 30 %.
Actuellement, les biocarburants sont l’alternative la plus intéressante à l’essence et au gazole, car une part importante du CO2 émis lors de leur combustion est consommée pendant la croissance des végétaux à partir desquels ils sont fabriqués et représentent un gain global en émission de CO2 de l’ordre de 70 %. En revanche, leur production coûte deux à trois fois plus cher. À long terme et surtout si le prix du pétrole brut augmente durablement, l’utilisation de carburants de synthèse à partir de la biomasse (bois, herbe, etc.) pourrait être développée, à condition de réduire leurs coûts de production.
La Région d’Île-de-France et le Syndicat des transports d’Île-de-France (STIF) s’attachent, depuis plusieurs années, à moderniser et à rendre accessibles les réseaux des transports en Île-de-France. La création et le développement du site Internet d’information Infomobi, dédié aux personnes à mobilité réduite, en témoigne. C’est dans ce contexte et à la demande du conseil régional que l’Iaurif a réalisé une étude destinée à apporter un éclairage sur ce type de services, ses spécificités, ses utilisateurs.
L’Institut a également analysé des expériences similaires dans les grandes métropoles françaises et étrangères et a constaté que l’ensemble des transporteurs des grandes villes a déjà mis en place, depuis plusieurs années, des sites Internet destinés à leurs usagers.
En Île-de-France, Infomobi est avant tout une plate-forme téléphonique qui permet aux personnes à mobilité réduite de se renseigner et de planifier leurs déplacements. Ces personnes effectuent des demandes d’itinéraires adaptés, mais se renseignent aussi sur le bon fonctionnement des équipements. Le site propose également des informations sur le recensement des lignes de bus accessibles, des stations du réseau ferré équipées d’ascenseurs et indique les coordonnées des services de transports spécialisés subventionnés par le STIF et la Région.
Actuellement, l’information multimodale, qui permet de réaliser un trajet en associant plusieurs modes de transport, se développe. Pour favoriser cette intermodalité, il serait intéressant que des informations sur l’organisation des circulations, la configuration des espaces et les modes de rabattement (train, bus, taxi, parking) soient diffusées aux usagers à mobilité réduite : indiquer les cheminements accessibles et montrer la configuration d’un pôle via Internet ne pourrait que favoriser l’usage des transports collectifs. L’étude a permis d’examiner la faisabilité d’une base de données d’information sur les interfaces ville/gare qui pourrait aider à la fois les personnes à mobilité réduite, mais également servir aux acteurs de l’aménagement.
Note rapide n° 373
Depuis plus de vingt ans, l’économie londonienne a profondément évolué, marquant ainsi le tissu social et urbain de la région de Londres : nouvelles tours de bureaux dans la City et à Canary Wharf, immeubles d’appartements côtoyant ou remplaçant les friches industrielles, docks et lotissements de maisons ouvrières sur des dizaines de kilomètres le long de la Tamise…
Une véritable renaissance urbaine de l’est du grand Londres, avec son projet phare en aval de Canary Wharf, le «Thames Gateway» : nouveau Far East de Londres ?