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Septembre 2006

Évolution des migrations alternantes internes à l'Île-de-France

Une étude de l'IAURIF réalisée sur la base des recensements de l'INSEE

L'évolution des métiers, le recul de l'emploi parisien, le renforcement du poids économique de la proche banlieue ouest mais aussi l'élargissement de la zone d'influence du pôle de Roissy et des villes nouvelles, sont autant de facteurs qui ont modifié la structure urbaine de l'Île-de-France et poussé les Franciliens à se déplacer autrement pour aller travailler : l'IAURIF a analysé ces facteurs et l'évolution de ces migrations dans une nouvelle étude largement cartographiée.

En 1999, près de 99 % des actifs franciliens, soit 4 786 890 personnes, travaillent en Île-de-France, Paris arrivant en tête, aussi bien pour le nombre d'emplois occupés que pour le nombre d'actifs résidents. La capitale accueille en effet près de 32 % des emplois occupés par les Franciliens (16 % dans le 92, de 7 à 10 % dans les autres départements). Par ailleurs, 20 % des actifs de la région y résident.

En Île-de-France, 86 % des migrations alternantes sont assurées à parts égales par les deux modes motorisés principaux que sont l'automobile et les transports en commun. Néanmoins, la croissance des migrations de banlieue à banlieue et la diminution du nombre d'actifs de banlieue travaillant à Paris amènent une augmentation de l'usage de la voiture individuelle. Entre 1982 et 1999, on constate une augmentation de la distance moyenne de déplacement : les déplacements supérieurs à 7 km l'emportent progressivement sur les déplacements courts, en raison, d'une part, d'une croissance du nombre d'actifs parisiens travaillant en banlieue et d'actifs de banlieue travaillant en dehors de leur commune de résidence et, d'autre part, de la réduction du nombre d'actifs travaillant dans leur commune de résidence, à Paris comme en banlieue.

Des différences apparaissent toutefois entre les périodes 1982-1990 et 1990-1999, puisque les migrations alternantes internes à l'Île-de-France ont augmenté de 7 % dans la première période pour diminuer de 1 % ensuite. Les évolutions survenues pendant la dernière période, notamment la concurrence que se jouent les grands pôles urbains franciliens, ont modifié les déplacements domiciletravail : on constate une baisse de 11 % du nombre d'actifs travaillant à Paris et de 8 % du nombre d'actifs résidant en Seine-Saint-Denis, des hausses respectives de 10 % et 4 % des actifs résidant en Seine-et-Marne et du nombre de Franciliens qui travaillent dans les Hauts-de-Seine, enfin, une augmentation de 7 % à 16 % du nombre d'actifs travaillant dans les départements de grande couronne. Dès lors, les migrations alternantes régionales se répartissent entre 37 % de migrations liées à Paris, 44 % internes aux autres départements de la région et 19 % de migrations interdépartementales.
Conséquence de l'offre limitée de transports collectifs en grande couronne, la voiture y est majoritairement utilisée par ceux qui y habitent et y travaillent, notamment sur les liaisons transversales. Par contre, la structure radiale du réseau de transports en commun et la bonne desserte de Paris font que la voiture est peu utilisée pour les liaisons avec la capitale. Les plus faibles pourcentages concernent les actifs travaillant à Paris : 15 % pour les actifs parisiens et de 19 % à 26 % pour les autres, selon leur département
de résidence.

Les prix des logements en Île-de-France, poursuite de la hausse, écarts, croissants entre communes

Alors que les prix de l'immobilier francilien augmentent régulièrement depuis sept ans, le volume des transactions connaît une progression constante, encore plus marquée en banlieue qu'à Paris.
Depuis plus de vingt ans, la chambre des notaires de Paris observe les mouvements d'un marché aux évolutions contrastées : premier pic en 1991, atteint après 10 ans de progression ininterrompue des prix, suivi d'une chute jusqu'en 1998, puis d'une hausse qui dépasse en 2005 les prix enregistrés en 1991. Aujourd'hui, toutes les conditions sont réunies pour que les prix se maintiennent à un niveau élevé : des conditions d'emprunt très attrayantes grâce aux taux d'intérêt historiquement bas et les avantages fiscaux favorables aux acheteurs de logements neufs. Le ralentissement de la construction, l'allongement de la vie qui retarde la mise sur le marché des biens immobiliers et l'accroissement du nombre de ménages, acheteurs potentiels qui, pour un nombre significatif d'entre eux, ont vu leurs revenus augmenter, sont autant de facteurs qui impactent le marché.
D'une façon générale, les prix des logements suivent les évolutions économiques. Ce phénomène est observé en Île-de-France, qui connaît une embellie économique et où la hausse de l'immobilier accompagne celle des prix et des revenus. Les cinq dernières enquêtes "logement" de l'INSEE montrent une progression de 67 % du revenu par ménage entre 1984 et 2002, progression deux fois moins rapide que celle des prix de l'immobilier qui, selon les données des notaires, sont passés de 1 200 le m2 à 3 260 le m2 pendant cette période. La croissance du volume des ventes varie selon les territoires franciliens.
La raison tient à l'intensité de la construction depuis vingt ans, différente selon les secteurs : à
Paris, les logements construits pendant cette période ne représentent que 8 % d'un stock peu évolutif, contre 18 % en proche couronne et 27 % en grande couronne. La géographie des prix est également très contrastée. Outre la qualité des biens eux-mêmes, c'est surtout la qualité des lieux, la proximité des services et équipements, l'environnement, l'image du quartier qui font la différence.
Ainsi se renforce une véritable spécialisation sociale du territoire.
Ces évolutions, augmentation du nombre de transactions en frange de la première et de la seconde couronne, augmentation quasi générale des prix des logements, ne devraient-elles pas relancer la construction ? Si le rythme des commercialisations reste élevé, les promoteurs disent être au maximum de leur capacité de production, principalement pour des raisons liées à l'évolution de leur
environnement financier.
Enfin, c'est la reconstitution d'une offre foncière organisée et les choix publics sur le devenir de certains territoires qui pourront permettre aux promoteurs de développer leur activité.
Cet article ouvrira le prochain supplément Habitat de l'IAURIF à paraître en octobre.

L'IAURIF lance une série d'ateliers de prospective sur la contrainte énergétique et les mutations urbaines

Le conseil régional d'Île-de-France a décidé de mener un certain nombre de réflexions et d'actions pour répondre aux problèmes liés au changement climatique et aux contraintes énergétiques. Pour répondre à cette préoccupation, l'IAURIF a lancé une réflexion prospective sur ces questions, dont l'objectif est de faire le point sur les connaissances en la matière, de les diffuser auprès des responsables de l'aménagement, de cerner avec précision les enjeux et les tendances en Île-de-France, d'identifier les leviers potentiels pour des actions à moyen et long termes. D'octobre 2006 à juin 2007, les travaux seront menés dans six ateliers qui se tiendront à l'IAURIF. Début des opérations le 20 octobre, avec un cadrage général sur les tendances et incertitudes du changement climatique et des risques énergétiques

Les migrations alternantes internes à l'Île-de-France . Évolutions de 1982 à 1999 et caractéristiques des flux 1999