15, rue Falguière...

Notre immeuble, patrimoine architectural du XXe siècle

Un immeuble de Pierre du Besset et Dominique Lyon

En 1990 le journal « Le Monde », installait son nouveau siège rue Falguière, sur un terrain liant deux rues étroites du XVe arrondissement de Paris : la rue Falguière et la rue Antoine Bourdelle. Le journal connu comme « le quotidien du boulevard des Italiens », dont le nom était attaché au Paris d’Haussmann, voulait marquer un changement d’époque en déménageant dans un bâtiment neuf. Le concours lancé par le journal a mobilisé une douzaine de candidats. Il s’agissait de construire des bureaux paysagers et un centre de documentation sur une surface de 7 000 m² dans une architecture de prestige, capable de répondre aux contraintes urbanistiques du quartier. Les travaux commencés en juin 1988 se sont achevés en janvier 1990.

Voir aussi le site des architectes DBL.

« Il n'est pas besoin d'être grand clerc pour s'aviser qu'à peine achevé, le nouveau bâtiment du Monde, rue Falguière, a déjà pris bonne place parmi les oeuvres architecturales - une poignée - qui marquent le Paris de la fin du siècle ».

Olivier Boissière
Journaliste-écrivain spécialiste d’architecture,
Le Monde 5 mai 1990

L'IAU investit les lieux

Dans les années 1970, le quartier cosmopolite des artistes et des intellectuels a été profondément marqué par la transformation de la vieille gare en un grand pôle tertiaire métropolitain. En lieu et place d’un ancien garage, la tranquille rue Falguière a vu s’ériger un nouvel immeuble aux courbes galbées comme l’arc de l’Héraklès du Musée Bourdelle voisin. De grandes horizontales de verre et d’acier se sont inscrites dans la continuité de la rue, présentant leur visage résolument moderne : un grand paquebot s’est amarré tranquillement au milieu des impasses discrètes, des ateliers d’artistes et des jardins secrets.

En 1996, rapidement à l’étroit dans ses murs depuis 1990, « Le Monde » cède la place à l’IAURIF. Le bâtiment est mis aux nouvelles normes, nécessitant de diviser les plateaux et d’ériger des parois de verre pare-feu autour de l’atrium.

Dès lors, la vie y reprend rapidement son rythme, le hall retrouve son « serpent », des expositions animent ses murs, les cloisons des étages se couvrent de cartes.

L’installation de ce nouvel occupant se fait sans heurt ni problème. La conception technique des doubles planchers permet en effet toutes les souplesses : sous les dalles amovibles circule l’air sous pression et se distribuent électricité, téléphone, courant stabilisé et réseau informatique, accessibles en tout point !

De 1994 à 2001, se tenait, face à l’escalator, l’épreuve d’artiste du Centaure mourant, bronze d’Antoine Bourdelle. L’œuvre prêtée par la fille de l’artiste, Mme Duffet-Bourdelle, responsable du musée éponyme voisin, a aujourd’hui regagné l’atelier de l’artiste reconstitué dans l’enceinte du Bourdelle.