Emplois et transition écologique

Tome 2. L’économie verte en Île-de-France : emplois et professions

27 juin 2015ContactCarine Camors, Cristina Lopez

La région Île-de-France, principal moteur de l’économie française, fait face à de nombreux enjeux environnementaux. La transition écologique est une formidable opportunité pour s’adapter à ces défis et lancer une nouvelle dynamique de développement vers une économie plus verte. Aujourd’hui, cette transition repose à la fois sur une politique environnementale et une stratégie industrielle. Cette dernière s’articule autour de deux grands domaines d’activités : les éco-activités et les activités périphériques.

Une nomenclature statistique peu adaptée pour mesurer les « emplois verts »

La transition écologique est aussi un enjeu fort pour l’emploi. Au fur et à mesure que les technologies et les pratiques environnementales se diffusent, ce sont aussi les compétences et les modes d’organisation de travail qui évoluent, dans l’ensemble de l’économie. Des métiers spécialisés en environnement se développent, les professions vertes. D’autres métiers déjà existants intègrent progressivement de nouvelles compétences environnementales, les professions verdissantes. Circonscrire pour mesurer cette économie en émergence est une nécessité pour évaluer son développement et son impact sur l’emploi. Cependant, comme ce concept est assez récent, les nomenclatures statistiques et les données disponibles à l’échelle régionale ne sont pas toujours adaptées pour en appréhender finement les contours. De plus, l’économie verte couvre des domaines très hétérogènes et des métiers très divers. En Île-de-France, seule une approche croisée secteurs d’activités, professions permet de mieux quantifier l’économie verte et d’en comprendre les réalités multiples.

Une dynamique portée par un tissu d'acteurs diversifié

La dynamique de transition écologique est déjà à l’œuvre dans l’économie francilienne. Elle est portée par un tissu d’acteurs diversifié, privés et publics. L’analyse de la localisation des emplois et des entreprises de l’économie verte montre des réalités multiples à l’échelle régionale. Certains sites concentrent les industries, d’autres sont marqués par une concentration de R&D ou d’ingénierie. L’Île-de-France est également présente, à des degrés divers, sur l’ensemble des filières industrielles stratégiques pour l’économie verte. Elle compte des acteurs majeurs dans la gestion de l’eau, la dépollution de l’air et la géothermie. C’est aussi une région de plus en plus performante dans les technologies environnementales : 40 % des brevets verts français viennent de la région. Cette dynamique de développement vers une économie plus verte devrait se poursuivre. Elle est portée de façon concomitante par la diffusion progressive des innovations, la règlementation sur les produits et procédés de fabrication et les politiques environnementales mises en œuvre à l’échelle régionale.

L'appui des politiques publiques vers la transition écologique

Toutefois ces perspectives positives de développement sont très sensibles aux changements en matière d’innovation, de règlementation et de concurrence. Les potentiels d’emplois estimés ne se réaliseront que si les marchés se développent, les compétences s’adaptent et les entreprises s’attaquent à ces marchés avec de réels avantages compétitifs. Or, même si l’Île-de-France dispose de nombreux atouts en matière de recherche, de main-d’œuvre, de diversité sectorielle, elle doit faire face, sur ces filières stratégiques, à une concurrence internationale forte. Les politiques publiques donnent le cadre de la transition écologique et peuvent créer un environnement favorable. Elles fixent les objectifs environnementaux, influencent les choix des acteurs économiques et instaurent des normes de production. Elles appuient aussi au développement de secteurs d’activités en finançant la R&D, des aides aux entreprises ou en investissant via la commande publique. Elles jouent donc un rôle de premier ordre pour faire de la transition écologique, une réussite en matière de développement économique et d’emploi.

Ressources

Les filières industrielles de l'économie verte
Les filières industrielles de l'économie verte
Source : MEDDE 2014 © IAU îdF
© IAU îdF
Les pôles majeurs de l'économie verte
Les pôles majeurs de l'économie verte
© IAU îdF

Études apparentées

Voir aussi

Projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte

Le projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte doit permettre à la France de contribuer plus efficacement à la lutte contre le dérèglement climatique et de renforcer son indépendance énergétique en équilibrant mieux ses différentes sources d’approvisionnement. Adopté en octobre, ce texte fixe une série d’objectifs ambitieux, notamment la réduction de la consommation énergétique de 50 % en 2050 et la baisse de la consommation des énergies fossiles de 30 % d’ici à 2030. Les émissions de gaz à effet de serre doivent être divisées par quatre en 2050. Sur le thème du bâtiment, secteur de grande consommation énergétique en France, la loi prévoit une rénovation énergétique de 500 000 logements par an à partir de 2017 ; la performance énergétique fera désormais partie des critères de décence des logements. D’autres mesures seront également appliquées : dans les transports, avec la promotion de l’hybride et de l’électrique, et dans la gestion des déchets, avec un renforcement des conditions de recyclage. Enfin, les filières renouvelables seront encouragées, avec une part des énergies « vertes » (éolien, solaire, bois, énergie marine…) qui doit plus que doubler d’ici 2030. (www.assemblee-nationale.fr/14/dossiers/transition_energetique_croissance_verte.asp)

Définitions

Économie verte (secteurs verts) : comprend les éco-activités et des activités périphériques favorables à la protection de l’environnement ou à la gestion durable des ressources.

Éco-activités : activités qui produisent des biens ou services ayant pour finalité la protection de l’environnement ou la gestion durable des ressources naturelles et capables de mesurer, prévenir, limiter ou corriger les impacts environnementaux (pollution de l’eau, de l’air, du sol, problèmes liés aux déchets, aux bruits et aux écosystèmes...).

Énergies renouvelables : au sens de la loi Grenelle, les énergies renouvelables concernent les énergies éolienne, solaire, géothermique, aérothermique, hydrothermique, marine et hydraulique, ainsi que l’énergie issue de la biomasse, du gaz de décharge, du gaz de stations d’épuration d’eaux usées et du biogaz.

Professions vertes : professions dont la finalité et les compétences mises en œuvre contribuent à mesurer, prévenir, maîtriser, corriger les impacts négatifs et les dommages sur l’environnement. Les 9 professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) retenues par l'Insee comme étant des professions vertes sont les : ouvriers non qualifiés et qualifiés de l’assainissement et du traitement des déchets ; conducteurs de véhicule de ramassage des ordures ménagères ; ouvriers qualifiés des autres industries (eau, gaz, énergie, chauffage), agents de maîtrise et techniciens en production et distribution d’énergie, eau, chauffage ; ingénieurs et cadres de la production et de la distribution d’énergie, eau ; agents techniques forestiers, gardes des espaces naturels ; techniciens de l’environnement et du traitement des pollutions ; ingénieurs et cadres techniques de l’environnement.

Professions verdissantes : professions dont la finalité première n'est pas la protection de l'environnement ou la gestion durable des ressources mais qui par leur "activité" sont favorables à la protection de l'environnement ou à la gestion durable des ressources. 66 professions ont été retenues comme étant verdissantes.