Équipements et services : la métropole au quotidien

Les Cahiers n° 157

15 février 2011Contact

Comprendre

La qualité de vie des habitants d’un territoire repose sur de nombreux éléments, en partie subjectifs. L’accès à des équipements et services, qu’ils soient de proximité ou de rayonnement plus important, en est une composante importante. Cette notion d’équipements et de services à la population a émergé dès le Moyen Âge et a vu son champ de définition s’élargir au fur et à mesure que le paysage urbain s’est développé. Participant à la construction et à la structuration des villes, les équipements ont ainsi acquis au cours de l’histoire une véritable « fonction urbaine » qu’ils conservent encore aujourd’hui. L’Île-de-France est richement dotée en équipements et services et dispose, du fait de son statut de métropole, de très nombreux équipements de rayonnement national ou international. Elle n’en connaît pas moins de fortes disparités, aussi bien quantitatives que qualitatives, dans la répartition de cette offre, notamment celle de proximité, et dans son accessibilité. La diversité des besoins de la population et ses éventuelles difficultés à accéder aux équipements nécessitent une réflexion élargie intégrant toutes les dimensions de l’accessibilité (économique, socio-culturelle et cognitive notamment).

Agir

Le champ des équipements et des services à la population est marqué par la présence de nombreux acteurs, publics et privés, dont la coordination devient un enjeu majeur. Et si l’intervention publique se retrouve dans une majorité de secteurs, elle diffère selon la nature de l’équipement. La programmation de la majorité des équipements publics est ainsi directement portée par les collectivités locales du fait des transferts de compétences de l’État depuis 1982. Toutefois, le contexte de crise générale, couplé à une volonté de l’État de maîtriser les dépenses des collectivités locales, fragilise les capacités d’investissement de ces acteurs majeurs et amplifie un mouvement de partenariats multipartites ou encore l’émergence d’intervenants nouveaux, sur le modèle de ce qui a pu déjà se pratiquer à l’étranger. Dans le domaine des services privés, l’intervention publique oscille entre respect du principe de liberté d’entreprendre et volonté de maîtrise des localisations. Depuis plusieurs années, un mouvement de fond s’est enclenché afin de mieux prendre en compte le rôle structurant des équipements et services, au travers de leur intégration dans un plus grand nombre de documents d’urbanisme ou d’aménagement. Les équipements font de plus en plus partie intégrante des projets de territoires et jouent souvent un rôle moteur dans le développement d’un quartier, d’une ville, d’une région.

Anticiper

Estimer les besoins des habitants pour les décennies à venir nécessite de bien anticiper les évolutions de comportements et de modes de vie des populations, en y intégrant les nouveaux usages du territoire et du temps. La prise en compte des opportunités offertes par les nouvelles technologies est également indispensable pour apporter des réponses de qualité aux exigences des habitants. Mais cela doit aussi s’accompagner d’un travail d’évaluation des actions menées et des services rendus, d’un questionnement incessant des schémas de planification et d’une réflexion autour des questions de gouvernance. En tirant parti des expériences passées, la recherche de polyvalence, d’adaptabilité et de flexibilité doit en outre conduire les projets. Ces réflexions prospectives s’accompagnent aussi d’un changement de lecture de la question de l’attractivité métropolitaine. Il est désormais convenu que l’attractivité d’un territoire ne se mesure pas uniquement en observant les « grands équipements » présents, mais en y ajoutant une évaluation de la qualité des services, en particulier publics, qui y sont rendus. Cette conjonction des différentes échelles devient garante de l’attractivité internationale comme de la qualité de vie des habitants des territoires.

alt 780

Télécharger

Ressources

L’accessibilité passe aussi par la signalétique. Comment rendre lisible ce qui, par essence, est complexe ? © Doutre (Caroline) IAU îdF, BaSoh
L’accessibilité passe aussi par la signalétique. Comment rendre lisible ce qui, par essence, est complexe ?
© Doutre (Caroline) IAU îdF, BaSoh
L’informatisation des bases de données et les nouveaux outils informatiques rendent possible la mesure de l’accès aux équipements et services de proximité. © Pattacini (Jean-Claude) IAU îdF, Urba images
L’informatisation des bases de données et les nouveaux outils informatiques rendent possible la mesure de l’accès aux équipements et services de proximité.
© Pattacini (Jean-Claude) IAU îdF, Urba images
Un des axes d’action pour doter la région d’équipements et services de qualité vise à mettre en cohérence les équipements métropolitains dans l’agglomération. La base de loisirs de Créteil © Abron (Claude) IAU îdF
Un des axes d’action pour doter la région d’équipements et services de qualité vise à mettre en cohérence les équipements métropolitains dans l’agglomération.
La base de loisirs de Créteil © Abron (Claude) IAU îdF