La demande de logements locatifs sociaux en Île-de-France en 2006

Une demande toujours difficile à satisfaire

28 février 2007ContactJean-Jacques Guillouet, Philippe Pauquet, Pierre Gouget

La pénurie de logement social frappe les plus démunis

374 000 demandes de logements sociaux ont été recensées pour l'année 2005, chiffre quatre fois plus élevé que celui des emménagements annuels moyens effectués dans le parc social francilien au cours des dernières années.

Ce chiffre montre qu'en 2006, les Franciliens les plus modestes ont des difficultés à trouver un logement en rapport avec leurs revenus et ce, malgré les efforts réalisés depuis 35 ans, tant pour la construction sociale que pour l'aide financière accordée aux ménages.

Bien que la proportion de demandeurs (7 % des ménages) soit sensiblement la même depuis 35 ans, leur nombre a progressé de 110 000 entre 1973 et 2006.

L'étude réalisée, à la demande de l'Observatoire du logement social (OLS), vise à identifier, à l'échelon régional et départemental, l'ampleur de cette demande et son évolution, ainsi que les motifs, les attentes et les profils des candidats. Elle s'appuie sur les  "enquêtes nationales logement" de l'Insee de 1973 à 2002 et sur deux autres enquêtes réalisées en 2006 par l'IAU île-de-France, d'une part auprès de 5 000 demandeurs, d'autre part auprès des communes d'Île-de-France.

Des logements trop petits, des loyers trop élevés, un souhait de mobilité

Les principales motivations des demandeurs sont liées au manque d'espace et au coût du loyer. Le besoin de s'agrandir correspond au parcours résidentiel des ménages désireux d'adapter la taille de leur logement à celle de leur famille. Or, cette demande est de plus en plus difficile à satisfaire en Île-de-France, tant dans le parc privé où le prix des logements est trop élevé, que social où les grands logements sont réservés aux familles très nombreuses.

Globalement, on constate aussi que, les demandeurs ont des projets de mobilité en rapport avec la pratique moyenne francilienne des ménages locataires. 55 % d'entre eux envisagent de changer de quartier ou de commune. Cette mobilité est l'occasion, pour la très grande majorité, de se rapprocher de leur lieu de travail, de leurs amis ou de leur famille.

On note également que, depuis 2000, le profil des demandeurs a changé : leur demande est moins familiale et plus sociale, leur revenu étant, désormais, inférieur de 45 % au revenu moyen francilien, en dégradation constante depuis les années 1970, mais aussi depuis la dernière enquête de ce type réalisée en 2000.

Davantage de familles monoparentales et de ménages sans emploi

Les évolutions sociologiques (augmentation du nombre de familles monoparentales) et économiques (le taux de chômage francilien a rattrapé le taux national) observées en Île-de- France, auxquelles s'ajoutent la disparition du parc privé "bon marché" (loi de 1948), l'augmentation de l'immobilier, en accession comme en location, poussent de nombreux ménages à se tourner vers l'offre locative sociale, la seule accessible pour eux.

L'effort important de construction de logements sociaux qui a été fait doit être poursuivi, ainsi que la rénovation des quartiers jugés peu attractifs. Le volontarisme des élus et les moyens mis à leur disposition sont donc impératifs pour atteindre cet objectif.

Cela interpelle également la capacité des acteurs (État, Région, départements, communes, bailleurs) de mettre en place les dispositifs adaptés pour que les ménages modestes disposent d'un logement en rapport avec leurs ressources, dans un environnement de qualité.

Ressources

Le besoin de s'agrandir correspond au parcours résidentiel des ménages, souvent en situation de suroccupation
J.J. Guillouet / IAU île-de-France
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Vivre dans un meilleur environnement, se rapprocher de son travail et de sa famille sont les raisons principales avancées pour changer de quartier ou de commune
AM Chavanon /IAU île-de-france
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Nombre de demandeurs de logements sociaux en Île-de-France au 1er janvier 2006.
Sources : Fichiers préfectoraux 2005 des mal logés