La filière industrielle aérospatiale en Île-de-France

État des lieux et enjeux

31 août 2005ContactThierry Petit, Géraldine Dandrieux, DRIRE, Florence Humbert, ARD

900 établissements et plus de 96 000 emplois relèvent de la filière industrielle aéronautique et spatiale en Île-de-France. Un quart de l'effectif est dédié à la recherche.

L'état des lieux

L’industrie aéronautique et spatiale est une industrie de très haute valeur ajoutée, avec une composante militaire forte, qui permet de garantir une indépendance technologique. Elle est stratégique pour les pays producteurs. De plus, induisant de nombreuses retombées technologiques pour l’ensemble des industries, elle génère de surcroît un solde commercial fortement excédentaire.

L’Île-de-France est première région française en termes d’effectifs employés et de moyens dévolus à la R&D (effectifs et dépenses) dans ce secteur. Elle fait jeu égal en Europe avec Londres et le Sud-Est anglais.

Cinq grands groupes industriels  parmi lesquels Thales, Safran (issu de la fusion entre Sagem et SNECMA), Dassault, EADS (Eurocopere, MBDA, Space transportation…), occupent une place centrale dans la filière en tant que donneurs d’ordre. Ils représentent à eux seuls 45 % des effectifs directs de la filière, et réalisent la quasi-totalité de la recherche privée.

L’Île-de-France possède de fortes compétences industrielles et de recherche en électronique embarquée, en motorisation et en maintenance. Sa recherche s’articule autour de 5 axes qui sont majeurs au niveau mondial : matériaux et procédés ; électronique et capteurs ; génération et conversion d’énergie électrique et mécanique ; automatismes et systèmes pour le transport aérien ; modélisation simulation et essais.

Les grands acteurs de l'industrie aéronautique et spatiale française y sont implantés : les industriels, mais aussi Air-France Industrie pour la maintenance et les organismes spécialisés (CNES, ONERA…).

Le secteur aéronautique & spatial, est concentré à l’ouest et au sud-ouest de la région au sein du « croissant technologique », mais aussi autour d’Évry et de Melun avec l’implantation historique de la SNECMA, ainsi que sur et autour des 3 principaux aéroports franciliens, avec les activités de maintenance.

La concurrence territoriale s’est accrue, et depuis une décennie, on observe une évolution des effectifs franciliens de la filière moins favorable que dans certaines régions françaises (principalement le grand Sud-Ouest). D’autres régions en Allemagne et en Espagne bénéficient fortement de l’effet Airbus avec la consolidation de leur position, tandis que l’on assiste à l’émergence d’autres sites est-européens et méditerranéens (notamment le Maroc) qui accueillent un nombre croissant de sous-traitants.

La filière aéronautique et spatiale fait face à différentes évolutions dont les principaux éléments sont le désengagement des États, avec désormais une logique de coûts qui devient centrale, une concurrence accrue, et une extension des marchés principalement vers l’Asie.

Face à ces évolutions, les industriels ont modifié leur comportement en cherchant à rationaliser leur appareil de production, en recherchant une taille critique par les fusions et acquisitions, en se concentrant sur leur cœur de métier et les activités à haute valeur ajoutée (dont les services) tout en responsabilisant leurs fournisseurs, en étendant leur aire d’approvisionnement au niveau mondial, et surtout en plaçant l’innovation au cœur de leur activité en s’appuyant fortement sur la recherche publique. Ces évolutions entraînent une réduction tendancielle des effectifs liés à la production, une montée en gamme des fonctions avec une part croissante de la recherche et une concentration des acteurs avec une forte domination des grands groupes. Parallèlement, les PME franciliennes montent en gamme et se lancent aussi dans la R&D pour conserver leur position de fournisseur. Enfin, l’Île-de-France bénéficie de la progression des activités de maintenance aéronautique.

Les enjeux

Ces évolutions placent l’Île-de-France face à des enjeux auxquels elle peut répondre par une série d’actions inspirées par ce que pratiquent d’autres régions aéronautiques mondiales :

  • Aider les PME à se hisser au niveau d’exigence requis par les donneurs d’ordres avec 3 axes : l’innovation, le financement, le personnel et sa formation ; 
  • Organiser la recherche autour d’axes prioritaires, renforcer les synergies entre recherche privée et publique ;
  • Disposer d’une main d’œuvre bien formée et suffisante pour répondre notamment aux enjeux du vieillissement ;
  • Favoriser le maintien et le développement des activités industrielles et de maintenance en Ile-de-France au plus près des donneurs d’ordre, notamment par le recyclage de friches ;
  • Affirmer plus fortement les ambitions de la région en faveur de la filière et la rendre plus visible au niveau international.

Ressources

Les principaux établissements de l'industrie aérospatiale francilienne, juin 2005.
Les principaux établissements de l'industrie aérospatiale francilienne, juin 2005.
Sources : ARD, IAU îdF © IAU îdF
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Structure de la filière aérospatiale
Sources : Bayern Innovativ
Les principaux établissements d'enseignement supérieur et de recherche de l'industrie aérospatiale francilienne, juin 2005.
Les principaux établissements d'enseignement supérieur et de recherche de l'industrie aérospatiale francilienne, juin 2005.
Sources : ARD, IAU îdF © IAU îdF