La mobilité dans le périurbain francilien

Perspectives pour une organisation plus durable des activités quotidiennes des ménages seine-et-marnais au sein d’un territoire peu dense : PREDIT (GO3)

30 octobre 2013ContactLucile Mettetal, Mireille Bouleau

Entre 1976 et 2010, les différences des programmes d’activités des Franciliens tendent à s’effacer, bien que le centre de l’agglomération continue à se dégager par la richesse et l’intensité des activités de ses habitants.

Les habitants du périurbain ont des programmes journaliers aussi denses, aussi intenses, aussi variés que les autres Franciliens vivant à l’extérieur de Paris

La forte motorisation des ménages du périurbain leur permet, durant la semaine, de conserver des programmes journaliers équivalent aux zones plus denses (en dehors du centre) malgré des contraintes fortes dues à des distances plus grandes à parcourir. Les réseaux routiers plus fluides, malgré des congestions de plus en plus fréquentes sur les grands axes et aux abords des communes principales, leur permettent encore de parcourir des distances plus longues en des temps similaires, même parfois plus courts que sur les territoires plus denses.

Depuis 2010 la part modale de la voiture et les distances parcourues par les habitants du périurbain ne progressent plus

Pour la première fois les distances diminuent pour tous les motifs de déplacements autres que le travail et l’usage de la voiture se stabilise pour les déplacements domicile-travail. Les périurbains optimisent leurs programmes journaliers, évitent les retours au domicile et chaînent leurs déplacements, sans aller jusqu’à se restreindre dans leurs activités, qui restent les mêmes que sur le reste de l’Île-de-France. La maîtrise de l’étalement urbain depuis la fin des années 1990 permet en effet une mutation progressive de ces espaces.

Aujourd’hui, le périurbain francilien laisse entrevoir un nouveau rapport au territoire : besoin d’ancrage et recentrage des activités autour du lieu de résidence

Rompant avec le modèle centre – périphérie, les espaces périurbains atteignent une forme de maturité. Néanmoins l’éloignement impacte de façon inégale les différentes tranches d’âge. Chez les jeunes, la capacité et l’envie de se déplacer semblent liées à l’éducation. Les actifs, dont la mobilité est souvent conditionnée par de longs déplacements domicile-travail, aspirent à un ancrage local et à des pratiques quotidiennes de proximité. Enfin, les seniors peuvent adopter un mode de vie quasi-rural ou devenir au contraire très captifs de la voiture. À ces différenciations démographiques et sociales s’ajoutent des effets de contextes, principalement liés à la taille des territoires périurbains, à la variété des contraintes et à la diversité des ressources.

Ressources

Le proxi’bus à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne)
© A. Cariou, 2012
Le poids de la population vivant en dehors de l’agglomération dans sa définition de 2008
Sources : RP, INSEE, IAU îdF © IAU îdF
La part d’individus travaillant à moins d’un kilomètre de leur domicile
Sources : EGT 1976, 1983, 1991, 2001 et 2010
La part d’individu ayant utilisé au moins une fois les transports collectifs dans la journée, selon l’âge et le territoire de résidence
Source : EGT 2010 © IAU îdF
L’évolution des portées (en km) des déplacements des habitants du périurbain selon le motif à destination entre 1976 et 2010 hors marche à pied
© IAU îdF
La délimitation du territoire périurbain (en vert)
Source : Découpage morphologique, IAU îdF 2008 (cf. Bertrand J. et Dugué R. 2007)