La mobilité internationale des étudiants franciliens

État des lieux

22 novembre 2018ContactCorinne de Berny Riche

La région Île-de-France est engagée depuis 1993 dans le soutien à la mobilité internationale de ses étudiants, et plus particulièrement des plus modestes d’entre eux. Elle a confié à l’IAU Île-de-France la réalisation d’un état des lieux à l’échelle régionale.

Plus de la moitié des étudiants franciliens de niveau master ont connu une mobilité internationale liée aux études : partir à l’étranger dans le cadre de ses études supérieures est une pratique de plus en plus courante, particulièrement en Île-de-France. Elle constitue aujourd’hui une composante forte de l’expérience étudiante, avec à la clé la perspective de valoriser les compétences acquises durant leur séjour sur le marché du travail.

On estime à plus de 30 000 le nombre de mobilités réalisées chaque année par des étudiants franciliens. Elles sont beaucoup plus fréquentes dans les écoles d’ingénieurs, de commerce et dans les grands établissements, où elles constituent souvent une obligation pour valider le diplôme, que dans les universités et autres établissements d’enseignement supérieur.

Trois principaux budgets sont mobilisés pour faciliter ces mobilités : le budget européen Erasmus +, les budgets ministériels et notamment l’aide du ministère de l’enseignement supérieur, et les budgets régionaux. Peuvent s’y ajouter des fonds issus des établissements eux-mêmes ou encore des financements Idex. En Île-de-France, ces fonds sont gérés directement par les établissements (hors lycées). La superposition de plusieurs dispositifs d’aide, conjuguée à des critères différenciés rend les aides régionales peu visibles. Il est vraisemblable que les étudiants ne sont pas traités équitablement selon leur région, leur établissement, et même, au sein d’un même établissement, selon leur promotion en raison des fluctuations annuelles des différents budgets disponibles.

La constitution en cours d’un observatoire territorial de la mobilité étudiante porté par Campus France représente une opportunité de mise en commun des informations disponibles sur les dispositifs d’aides existants, les flux de mobilités et le nombre de bénéficiaires d’aides publiques. En parallèle, un dispositif de suivi statistique des mobilités internationales se met en place dans le cadre du comité régional de la mobilité internationale des jeunes. L’Observatoire national Erasmus+ créé en 2016 s’est récemment engagé dans une approche évaluative approfondie en s’appuyant sur un dispositif d’enquêtes nationales auprès des bénéficiaires de l’aide européenne. Dès 2020, on disposera ainsi d’une meilleure connaissance des conditions d’insertion de ces jeunes, et de l’utilisation de compétences linguistiques et culturelles dans le cadre de leur activité professionnelle. L’Observatoire de la vie étudiante pourrait être également mobilisé pour mieux cerner les conditions matérielles de leur accueil.

L’augmentation annoncée des financements Erasmus+ pour les séjours d’études dans les pays de l’Union européenne devrait conforter les établissements dans leurs politiques de développement et de soutien à la mobilité étudiante. La forte proportion de séjours réalisés hors de l’Europe (la moitié) justifie néanmoins le maintien d’aides complémentaires au programme européen. Les partenariats conclus par les établissements d’enseignement supérieur d’Île-de-France avec leurs homologues à l’étranger reposent le plus souvent sur un principe de réciprocité des mobilités. Le soutien aux étudiants mobiles se révèle alors indispensable pour renforcer l’attractivité de la Région auprès des étudiants internationaux.

Cette étude est reliée aux catégories suivantes : Société et habitat, Éducation et formation

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