La réorganisation des sièges sociaux et des activités tertiaires centrales des grandes entreprises

Principes et pratiques, conséquences sur l’évolution spatiale en Île-de-France

30 novembre 2007ContactThierry Petit, Ludovic Halber, chercheur CNRS, LATTS ENPC

Éclatement, regroupement et relocalisation de certaines fonctions

Alors qu'un tiers des 500 plus grands sites mondiaux ont leur siège en Île-de-France, on observe une accélération de mouvements de sièges sociaux de grands groupes au sein de la région, accompagné d'un éclatement de ce qui formait auparavant « le siège social » avec en parallèle des phénomènes de regroupement en proche, voire en grande couronne.

Ces mouvements portent rarement sur l'ensemble de ce qui constituait auparavant le siège. Ils concernent plus particulièrement certaines fonctions dont celles jugées les moins stratégiques par les groupes. Les fonctions les plus prestigieuses, à effectifs plus réduits, tendent à rester dans ou au plus près du QCA (quartier central des affaires), dans des sites valorisés.

Des raisons multiples 

  • les conséquences de fusion/acquisitions ;
  • des logiques de rationalisation d'occupation de l'immobilier et de synergie entre les collaborateurs dans des locaux plus fonctionnels ;
  • une volonté de réduire les frais de fonctionnement du groupe.
    Ce dernier critère ayant tendance à prendre de l'ampleur, les sièges sont à leur tour concernés par les obligations de rationalisation.

Cela explique l'accélération observée des relocalisations combinée au phénomène d'éclatement des sièges et de regroupements de certaines fonctions (notamment le back office, des fonctions de R&D, des directions de filiales, voire des directions fonctionnelles de groupes à caractère plus technique comme l'informatique, la DRH...) sur de grands sites en dehors des zones accueillant traditionnellement des sièges en Île-de-France.

À ce titre, il semble que l'on se dirige vers une extension de l'aire d'implantation des sièges et de leurs composantes tertiaires dans la région capitale. C'est là une opportunité d'organiser ou de développer de nouveaux sites alternatifs d'accueil de fonctions tertaires supérieures, notamment dans un objectif de rééquilibrage géographique régional.

l'IAU île-de-France, en collaboration avec le laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés (LATTS) a souhaité se pencher sur ce phénomène par  l'observation de grands groupes ayant une présence significative dans la région tant par les effectifs que par les surfaces d'immobilier de bureaux occupés.

Le propos, focalisé sur les secteurs de la banque-finance-assurance d'une part, et de l'industrie automobile, aéronautique et électronique d'autre part, permet de souligner l'ampleur de l'extension des aires d'implantations des sièges et de leurs composantes. Si cette extension est relativement limitée à la proche couronne pour le premier secteur, elle est beaucoup plus large pour les secteurs industriels, avec un tropisme marqué en direction de l'ouest et du sud ouest de la région.

Ressources

Paris concentre 51 % des emplois du secteur financier de la région et 43 % des établissements.
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© IAU îdF
Le siège social d’une entreprise est un lieu emblématique, éventuellement historique. Son choix détermine la nationalité et donc l’environnement réglementaire, en particulier juridique et fiscal.
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© Philippe Guignard, La Documentation françaises, Région Ile-de-France, IAU îdF
La France se classe en 3e position avec 39 groupes internationaux, devant l’Allemagne et la Grande-Bretagne.
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© IAU îdF