La RT 2012 à l'épreuve de la réalité des pratiques professionnelles

30 juillet 2013ContactPauline Zeiger, Gwenaelle Zunino

Depuis plusieurs années, on assiste à la montée en puissance des préoccupations de développement durable dans les métiers de la ville et du bâtiment.

Une démarche de règlementation thermique (RT) qui apparaît comme une clarification de l'approche énergétique, mais également comme un cadre rigide et parfois réducteur de la démarche de développement durable

En effet, les professionnels font évoluer leurs pratiques, mais la prise en compte de la thématique environnementale est restée souvent floue. Le besoin de cadre, règlementaire notamment, s’est fait sentir pour clarifier les objectifs et les démarches. Parmi eux, la réduction des consommations d’énergie est apparue comme un objectif quantifiable intéressant. Cependant, l’énergie est un point important mais ne doit pas monopoliser le débat. La problématique du développement durable va plus loin, posant notamment la question de la mixité sociale et de la densité qui sous-tendent une interrogation plus globale ayant des conséquences sur les usages des bâtiments. Il apparaît pourtant que les préoccupations environnementales se sont focalisées sur les questions énergétiques, et par la même, ont opéré le passage d’une réflexion à l’échelle urbaine ou du quartier à celle du bâtiment. Dans ce contexte, la démarche de règlementation thermique (RT) apparaît comme une clarification de l’approche énergétique, mais également comme un cadre rigide et parfois réducteur de la démarche de développement durable.

Des entretiens réalisés avec différents corps de métiers impactés plus ou moins directement par l’arrivée des règlementations thermiques

Afin de confronter au mieux la théorie de la norme de la règlementation thermique 2012 aux réalités des mondes professionnels autour de la ville et du bâtiment, cette étude s’est appuyée sur une série d’entretiens réalisés avec différents corps de métiers : des architectes, des promoteurs, des bureaux d’études développement durable, ainsi que des bailleurs sociaux. Nous étudierons tout d’abord la perception qu’ont les professionnels de cette norme. Ensuite, nous nous intéresserons aux impacts qu’elle a eus sur les pratiques professionnelles, à la fois sur les relations entre les acteurs, et sur leur capacité à travailler en intégrant, puis en dépassant la contrainte énergétique. Enfin, nous verrons dans quelle mesure cette norme amène à penser autrement la conception des quartiers et des bâtiments, notamment dans la prise en compte des échelles et des usages.

Ressources

Des panneaux photovoltaïques sur les toits de Montreuil (93) © Matthias Lacombe IAU îdF

Des panneaux photovoltaïques sur les toits de Montreuil (93) © Matthias Lacombe IAU îdF
Bureaux HQE à Maurepas (78). Architecte : B. Bosco © B. Bosco

Bureaux HQE à Maurepas (78). Architecte : B. Bosco © B. Bosco
Lotissement HLM, label Qualitel HPE3 à Ormesson-sur-Marne (94) © Bruno Raoux, IAU îdF

Lotissement HLM, label Qualitel HPE3 à Ormesson-sur-Marne (94) © Bruno Raoux, IAU îdF