La vulnérabilité énergétique des ménages franciliens

30 octobre 2014ContactSandrine Beaufils, Mireille Bouleau, Anne-Claire Davy, Catherine Mangeney, Lucile Mettetal

Nos modes de vie contemporains sont gourmands en énergie, qu’elle soit consommée pour se chauffer comme pour se déplacer. Cette dépendance a un coût, il varie selon les caractéristiques de l’habitat et de sa localisation, mais il est difficilement compressible, sauf au prix de restrictions quotidiennes.
Coût résidentiel, double peine, double vulnérabilité… cette approche de la fragilité des ménages par la question énergétique permet de compléter nos approches traditionnelles en chahutant les stéréotypes de la pauvreté. Plus ou moins assimilés à une catégorie de nantis, les propriétaires occupants du parc individuel échappent aux radars de l’action publique. Pourtant, loin d’être synonyme d’ascension sociale, l’accession à la propriété dans le périurbain peut s’avérer difficile à assumer pour des ménages modestes, qui ont mal anticipé les coûts inhérents à un mode de vie qu’ils découvrent. Leur fragilité est amplifiée par la volatilité des prix de l’énergie, un contexte incertain qui amplifie le sentiment d’insécurité.
La dépendance à l’énergie laisse entrevoir un risque pour des populations qui ont finalement peu de prises sur leurs modes de vie, alors même qu’il s’est agi d’un choix de vie. Des ménages piégés, sous tension, qui n’ont pas toujours anticipé les dépenses induites par leur localisation, ni celles d’une maison à chauffer. Des ménages exposés aux aléas, à une forme d’incertitude et d’insécurité, et confrontés à la peur du déclassement.
Analyser la vulnérabilité énergétique des ménages franciliens est une façon d’appréhender une population invisible des guichets sociaux, et que les politiques publiques peinent à identifier.

Ressources

La distribution du parc de logements par classe DPE
Source : ENERTER-ENERGIE DEMAIN
La part des dépenses énergétiques logement dans le revenu des ménages franciliens par statut d’occupation
© IAU îdF
En maison individuelle, 108 700 ménages ont souffert du froid, dont 16 100 ont un taux d’effort énergétique supérieur à 10 %. En logement collectif, 204 000 ménages ont un taux d’effort énergétique supérieur à 10 % dont 40 100 ont souffert du froid.
© IAU îdF
Dépenses carburant et part de la dépense énergétique pour se déplacer des ménages franciliens
Source : Insee, BdF 2006
Répartition des ménages franciliens selon leur vulnérabilité énergétique
Source : BdF 2006
Renforcement du marquage territorial entre 2000 et 2008
© IAU îdF



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