Le dispositif étudiant-entrepreneur en Île-de-France

État des lieux et regards de 26 porteurs de projets

01 février 2018ContactCorinne de Berny Riche , Olivier Mandon

Comme affiché dans son schéma régional de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (SRESRI) adopté en 2017, la Région Île-de-France soutient les initiatives de projets d’entrepreneuriat étudiant et la création de start-up au sein des campus franciliens comme autant d’atouts majeurs pour le dynamisme économique et social de l’Île-de-France. L’IAU a analysé dans cette étude les dispositifs existants et de leur mise en œuvre au travers de 26 études de cas étudiants-entrepreneurs accompagnés par des Pépite.

La création du statut national étudiant-entrepreneur (SN2E)

L’étude atteste du rôle joué par l’État en faveur du développement de l’entrepreneuriat étudiant d’abord par l’intermédiaire d’un appel à projet dédié à des maisons de l’entrepreneuriat, puis d’un nouvel appel à projet conduisant au déploiement, en 2014, de 29 pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat (Pépite). Parmi eux, 8 sont localisés en Île-de-France et sont inter-établissements. Le développement de l’entrepreneuriat étudiant a franchi une importante étape avec la création du statut national étudiant-entrepreneur (SN2E). Celui-ci apporte une stabilité sociale et financière pendant au moins une année aux étudiants qui s’engagent dans un projet entrepreneurial alors qu’ils ne sont plus inscrits dans un parcours universitaire. Parallèlement, la mise en place du diplôme étudiant-entrepreneur donne la possibilité aux étudiants de valoriser leur parcours de créateur au sein de l’université par un diplôme qui facilitera la reconnaissance de leurs acquis, qu’ils parviennent ou non à concrétiser leur projet de création d’entreprise. Enfin, une certification est en cours de construction sur la base de 33 compétences entrepreneuriales.

La mise en réseau des étudiants-entrepreneurs avec les acteurs de l’écosystème

Il ressort des interviews réalisées auprès de 26 jeunes étudiants-entrepreneurs que les Pépites d’Île-de-France proposent de nombreuses actions pour enrichir et stimuler le projet entrepreneurial. Ils s’illustrent notamment par l’organisation de sessions collaboratives avec des professionnels sur des sujets techniques, par un suivi individualisé et des échanges avec des personnes ressources. La mise en réseau des étudiants-entrepreneurs représente un fort enjeu, entre eux mais également avec les acteurs de l’écosystème (experts, incubateurs, accélérateurs, etc.). À travers les ateliers, les espaces de coworking, les événements…, l’animation de la communauté d’étudiants-entrepreneurs est fortement appréciée parce qu’elle rompt l’isolement de l’entrepreneuriat, permet l’échange d’expériences, de conseils et de contacts, l’apprentissage entre pairs. Afin de pérenniser leurs actions, les Pépite pourront travailler sur leur positionnement au sein d’un réseau d’appui à l’entrepreneuriat très foisonnant, dans les établissements membres porteurs d’initiatives et dans les autres structures d’accompagnement.

Un soutien à l’entrepreneuriat par les universités, le maillon faible de l’écosystème

Le développement des activités des Pépite franciliens est conséquent, mais l’étude révèle qu’il est aussi prudent dans le contexte de fortes contraintes budgétaires pesant sur les universités. En l’absence de moyens financiers suffisants et, on observe notamment un assez fort turnover des personnels affectés à l’accompagnement des étudiants ou jeunes diplômés. Le manque de moyens peut également expliquer une sélection plus importante des projets portés par des étudiants ou jeunes diplômés dont l’établissement n’est pas rattaché à un Pépite. Les partenariats noués avec d’autres structures de soutien à l’entrepreneuriat constituent alors autant d’appuis précieux pour les Pépite, qui les sollicitent à la fois dans le cadre de leurs propres activités de formation et pour prendre leur relais une fois terminé le parcours sur place des étudiants ou jeunes diplômés.

Ressources

Dania, 27 ans - jeune diplômée d’un master « industrie de réseau et économique numérique », statut SN2E, pépite Paris Sciences et Lettres (PSL).
Laëtitia et Anouchka 27 et 30 ans - inscrites en master « nutrition humaine et santé publique », statut SN2E, pépite CréaJ IDF.
Maxime 25 ans - jeune diplômé du master « marketing » à l’IEP de Paris, statut SN2E, pépite CréaJ IDF.