Les apports de la recherche urbaine

Livre 5. Développement, action publique et régulation

06 décembre 2003ContactIAU île-de-France, LATTS

À l’occasion de la mise en révision du schéma directeur de 1994, l’Institut a réuni différentes équipes universitaires pour tirer parti de leurs enseignements aux réflexions préparatoires à ce schéma.

Le pouvoir local toujours « sous influence » de l’État

L’évolution des analyses sur le pouvoir local suit celles sur la place de l’État dans les sociétés modernes. L’État y serait devenu moins présent, reconfigurerait son rôle, le pouvoir local et notamment urbain y gagnerait en autonomie... Cette image reste à vérifier. De plus en plus de travaux estiment au contraire que le pouvoir local est toujours « sous influence », la principale d’entre elles étant celle de l’État. L’État en effet demeure présent non seulement par ses ressources financières mais aussi et surtout parce qu’il conserve un attribut essentiel du pouvoir, celui de légitimation.

Des fonctionnements en réseau

Les démarches contractuelles favorisent l’établissement de lieux de coordination, fournissent les « tables » autour desquelles des concertations pourront se dérouler. Dans tous les cas, se développe une prédominance des intermédiaires, personnages multi-cartes sachant aller d'un monde à un autre. Ce sont souvent des experts, devenus « technotables », susceptibles d'empiéter sur les compétences du politique. Le fonctionnement en réseau, s'il peut s'avérer efficace, interroge le caractère démocratique de la négociation et la légitimité des acteurs qui y participent. L'articulation entre les dispositifs de gouvernement et de gouvernance devient un enjeu majeur.

La planification territoriale

L’incertitude dans l’action publique s’explique non seulement par la structure des problèmes, mais aussi par les décalages, les incongruités et les dissonances entre les problèmes, les territoires et les institutions. Dans certaines situations locales, la « nature » d’un territoire à prendre en compte sera par exemple matière à controverse entre acteurs. L’activité planificatrice peut dès lors se comprendre comme une gestion de décalages, entre dynamiques spatiales, dynamiques politiques et dynamiques organisationnelles.

Quels enjeux en Île-de-France et pour la Région ?

L’Île-de-France, compte tenu de son rôle éminent dans la définition et la conduite de la politique régionale en matière d'infrastructures et parce qu'elle possède la taille critique requise, peut s'affirmer comme un centre d'expertise technique, économique, sociale et environnementale sur les réseaux. On a raisonné tout au long de ce projet en termes de « collectivités locales ». S'agissant de la métropole parisienne, plus encore que des grandes agglomérations de province, une limite de cette approche apparaît clairement : il n'y a pas de collectivité locale clairement leader dans le gouvernement de ce grand ensemble urbain. La Région peut donc assez naturellement se poser comme l'acteur central d'un développement urbain durable à l'échelle de l'agglomération parisienne et comme le porteur naturel d'un « intérêt régional ».

Ressources

Il existe en Europe, peu d'exemples de régions-capitales qui se soient lancées dans une opération de planification stratégique. L'Île-de-France est donc quelque peu pionnière. Ci-dessus, la cité Anatole France, Nanterre (92) © Pattacini (Jean-Clau
Il existe en Europe, peu d'exemples de régions-capitales qui se soient lancées dans une opération de planification stratégique. L'Île-de-France est donc quelque peu pionnière.
Nanterre (92) © Pattacini (Jean-Claude), IAU îdF, Urba images
Les politiques s’appliquent d’abord à un territoire, avant de spécifier des cibles en termes de domaine d’intervention ou de groupes sociaux. Ci-dessus, les quartiers du nord de Melun (77) © Pattacini (Jean-Claude), IAU îdF, Urba Images
Les politiques s’appliquent d’abord à un territoire, avant de spécifier des cibles en termes de domaine d’intervention ou de groupes sociaux.
Melun (77) © Pattacini (Jean-Claude), IAU îdF, Urba images
Aujourd’hui la légitimité dépend en partie de la capacité du système d’acteurs à produire un document consensuel. © Patrick Thiot, IAU îdF
Aujourd’hui la légitimité dépend en partie de la capacité du système d’acteurs à produire un document consensuel.
© Patrick Thiot, IAU îdF

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