Les ateliers de planification urbaine « Compass »

30 janvier 2006ContactLaurent Perrin

Comment fonctionnent les ateliers publics de planification urbaine «Compass» ?

L’atelier de planification urbaine est, sans doute, le plus intéressant des outils prospectifs utilisés par Compass. Il se présente comme une sorte de jeu de société appliqué à un univers et à des problèmes réels, dont les joueurs sont parties prenantes.

Une douzaine d’ateliers publics ont ainsi été organisés à l’échelle de l’ensemble de la Californie du Sud, ainsi qu’à celle de sept territoires infra-régionaux1.

Au total, ils ont permis à 1300 participants issus d’horizons professionnels, sociaux, politiques et géographiques variés, de confronter leurs aspirations personnelles avec celles des autres ainsi qu’avec les réalités physiques d’un territoire qu’ils habitent et pratiquent tous partiellement.

Par équipes d’une dizaine de personnes d’obédience politique ou professionnelle différente, ils ont tenté d’élaborer ensemble une vision (ou scénario) de développement, en respectant un mode opératoire commun.

L’exercice consiste à répartir sur une carte d’occupation du sol du territoire considéré, un nombre donné d’habitants et d’emplois à l’horizon 2030, en combinant 14 types de “pastilles” (chips en anglais) de couleur, de forme et de surface différentes. Chacune d’elles symbolise l’association d’une ou plusieurs fonctions avec une forme urbaine que l’on trouve en Californie du Sud. Certaines sont plutôt mono-fonctionnelles, peu denses et dépendantes de la voiture, alors que d’autres sont plutôt multi-fonctionnelles, denses et favorables à la marche à pied et aux transports en commun. Leurs dimensions physiques sont calculées pour matérialiser, à l’échelle de la carte, l’espace effectivement occupé par ces formes urbaines, ainsi que leur capacité d’accueil en habitants et en emplois.

Dans un premier temps, il est demandé aux participants de repérer leur lieu d’habitation et de travail, d’entourer les espaces qu’ils considèrent inconstructibles, puis de choisir l’un des quatre jeux de pastilles disponibles pour démarrer.

Ils procèdent ensuite à leur répartition géographique par itérations successives, sans considération pour les zonages réglementaires ou les contraintes économiques. Ils ont la possibilité d’échanger certaines pastilles du jeu initial avec d’autres, à condition de respecter les objectifs de population et d’emplois globaux fixés initialement.

Une fois cette phase terminée, chaque groupe doit imaginer comment desservir les urbanisations matérialisées par les pastilles avec des routes et/ou des systèmes de transports en commun, puis rendre compte publiquement de ses choix (figure 3). Ces présentations sont enregistrées, de façon à pouvoir analyser et restituer les arguments développés lors des étapes ultérieures du processus. Par la suite, les scénarios d’urbanisation ainsi produits sont numérisés dans un système d’information géographique.

Ressources

Compass, comme la plupart des autres démarches de visioning pratiquées au USA, repose sur une approche assez ludique de la planification.
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On y joue une sorte de Monopoly avec des pastilles, comme avec des jetons...
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... au casino, mais une fois n‘est pas coutume, sans argent !
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