Les emplois d’avenir franciliens : 2012-2014

Une politique publique de contrat aidé pour l’emploi et la formation des jeunes

18 mars 2016ContactOlivier Mandon

Après deux années de mise en œuvre du dispositif EAV, l’IAU îdF analyse le dispositif EAV en Île-de-France. Ce rapport présente la façon dont le dispositif a pu être déployé par les services de l’État et les acteurs de service public de l’Emploi (SPE), identifie en collaboration avec la direction régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l'Emploi (Direccte), les caractéristiques des EAV en Île-de-France et notamment ceux qui ont bénéficié à des jeunes vivant en Zus. Enfin, par l’intermédiaire d’échanges avec les acteurs prescripteurs ou recruteurs d’EAV, des enseignements sur le dispositif de contrat aidé d’emploi d’avenir sont mis en exergue.

Les jeunes en EAV sont presque systématiquement diplômés

Fin 2014, c’est plus de 18 000 emplois d’avenir qui sont conventionnés en Île-de-France soit près de 20 % des objectifs nationaux. Le dispositif devant bénéficier tout particulièrement aux jeunes sans qualification et à ceux originaires de Zus, près du quart vivent dans un quartier en politique de la ville. Le public en EAV est majoritairement âgé entre 19 et 22 ans et est un peu plus âgé s’il réside en Zus. Les jeunes en emploi d’avenir sont presque toujours diplômés, même si faiblement, et 33 % de ceux qui vivent en Zus ont un baccalauréat ou plus. Des conventions nationales ou locales ont été définies dans le secteur marchand et non marchand en privilégiant les secteurs d’activité à potentiel en termes de développement d’emploi. Les institutionnels franciliens ont été sollicités (RATP, EDF, SNCF, La Poste...), mais des organisations à fort besoin en emploi ont également investi le dispositif. L’expérience de l’entreprise Domus Vi de résidence pour personnes âgées confirme ses forts besoins en recrutement et l’intégration d’EAV dans l’ensemble de ses métiers.

Comment améliorer l’attractivité du contrat aidé dans un marché de l’emploi tendu ?

En 2015, le potentiel de recrutement de contrat aidé et notamment d’EAV tend à fortement se réduire. L’Association régionale des missions locales (ARML) constate une saturation du secteur non marchand en termes de placements ou de recrutements de jeunes aidés dans leur insertion vers l’emploi. Les acteurs prescripteurs franciliens ou ceux orientant la politique des EAV, ou plus largement des contrats aidés, continuent à réfléchir sur les moyens à mettre en œuvre pour être plus à même de solliciter ou fédérer le secteur marchand. Le profil professionnel de jeunes, même les plus en difficultés comme ceux éligibles au EAV, représente une attractivité recherchée par ces entreprises. La tension du marché de l’emploi et les contraintes économiques des entreprises tendent à les rendre moins disponibles pour le recrutement de contrat aidé. L’appui financier de l’État n’est pas le seul effet de levier recherché. À l’avenir, accroître la mobilisation d’employeurs du secteur marchand pour l’intégration professionnelle de jeunes en difficultés est un enjeu majeur en Île-de-France.

Ressources

Part des jeunes résidant en Île-de-France entrés en convention initiale d’un emploi d’avenir, du secteur marchand et non marchand, entre 2012 et 2014 (en %)
Sources : fichier APS/Dares, mars 2015, parcours 3, traitement Direccte IDF, IAU îdF
Effectifs et part des jeunes résidant en IDF entrés en convention initiale d'un emploi d'avenir par département de résidence des jeunes, selon la localisation en Zus ou non et l'âge à l'entrée dans le dispositif (%)
Sources : Fichier APS/Dares Mars 2015 - Parcours 3 - traitement Direccte IDF / IAU ÎDF
Jeunes entrés en emploi d'avenir, par département de résidence, entre 2012 et 2014