Les lieux de l’industrie en Île-de-France

Une industrie sous contrainte mais attachée à son territoire

29 février 2016

L’essentiel du tissu industriel francilien est constitué de très nombreux petits établissements

L’industrie francilienne, première nationale en termes d’effectifs avec 460 000 emplois, a une forte composante tertiaire avec les nombreux sièges qu’elle accueille ainsi que les centres de recherche de niveau mondial. Elle continue cependant d’accueillir de nombreuses activités de production dans quelques grands établissements emblématiques mais surtout au sein de très nombreux petits établissements qui constituent d’ailleurs l’essentiel de son tissu d’entreprises industrielles. Pour tous ces établissements produire en Île-de-France est à la fois un gage de leur performance mais aussi un challenge grandissant à mesure que les contraintes qui pèsent sur leur activité prennent de l’ampleur.

Les atouts de la région-capitale reconnus par les acteurs industriels

À partir d’une série de 60 entretiens auprès d’établissements ayant une activité de production ou de recherche nous avons cherché à mieux saisir la réalité de l’industrie francilienne. En cherchant à comprendre les raisons de leur localisation en Île-de-France mais aussi les enjeux auxquels elles doivent faire face nous avons pu établir que les facteurs d’ancrage dominent encore pour l’immense majorité des acteurs interviewés. Cependant les contraintes sont grandissantes et pas uniquement pour les entreprises localisées au plus près du cœur d’agglomération qui sont évidemment les plus concernées. Alors que les atouts de la région sont reconnus par les acteurs industriels : son marché, la richesse de son écosystème et de sa recherche, un bassin de main-d’œuvre vaste et bien formé, les évolutions en cours depuis des décennies sont de nature à les remettre en question pour une fraction croissante des entreprises de ce secteur, notamment les PME les plus insérées dans l’urbain. Les industriels qui ont pu rester en Île-de-France ont déployé des stratégies d’innovation, misé sur la réactivité, bénéficié de l’accès à une main-d’œuvre bien formée avec des donneurs d’ordre qui constituaient pour eux un débouché porteur.

La difficulté à se maintenir dans un tissu urbain toujours plus contraint et cher interroge sur le devenir de l’industrie francilienne

Les évolutions de l’industrie montrent que l’on s’achemine vers des produits plus individualisés, plus intégrés à une offre de services qui nécessitent toujours plus de réactivité, plus de main-d’œuvre bien formée, ce qui implique un accès facile à un écosystème diversifié notamment pour imaginer et mettre en œuvre les bouquets produits/services de demain. À ce titre, la proximité relative avec l’urbain et la facilité d’accès aux aménités de la métropole constitueront vraisemblablement une des clés de la compétitivité de l’industrie de demain. La difficulté à se maintenir dans un tissu urbain toujours plus contraint et cher, avec à la clé des relocalisations toujours plus loin du cœur d’agglomération, doublé d’un sentiment de rejet, et de difficultés croissantes à recruter certains personnels y compris parmi les mieux formés interroge sur le devenir de l’industrie francilienne et sa capacité à se redévelopper.

Ressources

Des locaux de type bureaux peuvent aussi accueillir certaines production sous diverses conditions comme ici à Paris dans le 11e arrondissement © T Petit, IAU îdF
La répartition des emplois et des établissements industriels par taille d’établissement, comparaison Île-de-France/Province (en %) Source : Insee, Clap 2013 © IAU îdF
Les facteurs d’ancrage contrebalancent encore les contraintes © IAU îdF

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