Les polices municipales en Île-de-France

29 avril 2009ContactTanguy Le Goff

Par leur présence dans les communes du cœur de l’agglomération francilienne et dans les territoires périurbains de grande couronne, par l’étendue de leurs missions, les polices municipales sont devenues des acteurs essentiels de la sécurité en Île-de-France. On dénombre 377 polices municipales (communales ou à caractère intercommunal) en Île-de-France. Un tiers des communes (407 sur 1 280) est équipée d'une police municipale. Ces communes représentent 75 % de la population francilienne.

Un coût financier important pour les communes

Outil central de la politique de prévention de la délinquance et, plus largement, de la politique du cadre de vie des maires, la police municipale est un outil financièrement coûteux. Il est significatif que les communes dotées d’une police municipale disposent, en très grande majorité, d’un potentiel fiscal par habitant se situant dans la moyenne haute des communes franciliennes. Le coût moyen d’une police municipale est de 25 euros par an par habitant.

Des polices municipales qui s’étoffent, qui se diversifient aussi

C’est tout particulièrement vrai dans les grandes polices municipales (plus de 20 policiers municipaux). Aux côtés des policiers municipaux, on y trouve une kyrielle d’autres agents. La capacité d’action d’une police municipale ne dépend donc pas des seuls policiers municipaux, mais de tous ces agents qui sont présents sur l’espace public ou le surveille. L’image des polices municipales, change en raison notamment de sa féminisation. La diversification des polices municipales tient aussi à une plus grande division du travail au sein des services. Il n’y a désormais plus un mais des métiers au sein des polices municipales nécessitant des compétences, des savoir-faire, des techniques d’intervention qui, jusqu'à présent, relèvent d’un apprentissage plus artisanal que professionnel.

Au-delà des particularismes locaux, une nouvelle tendance se dégage dans la région francilienne

Cette spécialisation des polices municipales s’accompagne d’un changement dans les missions qu’elles assurent. Traditionnellement centrées sur un travail polyvalent de médiation et de surveillance des espaces publics, les polices municipales tendent à consacrer une part importante de leur travail à des missions de contrôle. Bien sûr, selon la doctrine d’action fixée par un maire, selon la taille de la police municipale, selon ses équipements, la part prise par ces missions de contrôle est plus ou moins importante. Le modèle d’une police de relation, d’une police proche de la population, sur lequel s’appuyait les policiers municipaux pour légitimer leur spécificité par rapport aux forces de sécurité de l’État, se fissure.

Une demande en agents plus forte que l’offre

Invoquée, défendue par les élus locaux et les policiers municipaux, la « proximité » des polices municipales avec la population n’a pas, n’a plus serait-on tenté de dire, l’évidence qu’elle avait auparavant. Elle l’est d’autant moins qu’un autre phénomène affecte les polices municipales dans la région francilienne : le nomadisme des policiers municipaux. La demande des communes en agents étant plus forte que l’offre, les conditions de salaire et d’équipement étant très variables selon les communes, les policiers municipaux n’hésitent plus à « faire carrière » non plus dans une mais dans des polices municipales.

Les polices municipales souhaitent-elles être des polices de relation avec le public, des polices préventives de « résolution de problèmes » ou des polices d’intervention à dominante répressive ? De la clarification à cette question dépend la place et le rôle qu’entendent jouer les policiers municipaux dans la production de la sécurité dans les communes franciliennes. Se joue aussi l’identité même des polices municipales, leur capacité à s’imposer comme une « troisième force de police », c’est-à-dire comme une force complémentaire à la police et à la gendarmerie nationale, parce que différente dans ses modes d’action et ses missions, et non comme une force subalterne.

Ressources

De 2003 à 2007, les effectifs de policiers municipaux franciliens sont passés de 2224 à 3186 (+ 43 %).
De 2003 à 2007, les effectifs de policiers municipaux franciliens sont passés de 2224 à 3186 (+ 43 %).
© Moïse Fournier, Mairie de Courcouronnes
16 % des polices municipales déclarent être équipées de brigades motos.
16 % des polices municipales déclarent être équipées de brigades motos.
© Moïse Fournier, Mairie de Courcouronnes
Sur les 176 polices municipales ayant répondu à l’enquête, 44 (soit 25 % des services interrogés) ont indiqué qu’ils gèrent un dispositif de vidéosurveillance.
Sur les 176 polices municipales ayant répondu à l’enquête, 44 (soit 25 % des services interrogés) ont indiqué qu’ils gèrent un dispositif de vidéosurveillance.
© Moïse Fournier, Mairie de Courcouronnes
Le travail de répression des infractions pénales au code de la route prend une part importante dans l’activité des polices municipales.
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© Moïse Fournier, Mairie de Courcouronnes
Avec les représentants de l'Éducation nationale, la fréquence des relations est très inégale.
Avec les représentants de l'Éducation nationale, la fréquence des relations est très inégale.
© NPL, Mairie de Magny-les-Hameaux
Les communes d’Île-de-France dotées d’une police municipale.
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Source : IAU îdF

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