Les vallées d’Île-de-France

Les Cahiers n° 125-126

30 mars 2000ContactAEV, IAU île-de-France

Les vallées, espaces diversifiés, riches en patrimoine naturel, historique et en paysages, sont des lieux préférentiels par lesquels la ville a de tout temps pénétré la campagne. Avec l’accroissement et la densification de l’urbanisation, de nouvelles dimensions sont apparues. Les vallées deviennent des éléments de liaison naturelle entre espaces ruraux et urbains, de coupure verte dans ce milieu urbain et donc un élément essentiel de l’aménagement à l’échelle d’un large territoire.

Un patrimoine régional remarquable

La région d’Île-de-France est remarquable par la densité de son réseau hydrographique. Autour de son fleuve, la Seine, elle compte quatre rivières importantes, la Marne, l’Oise, l’Yonne et le Loing, huit rivières moyennes, le Grand-Morin, l’Epte, l’Essonne, la Juine, la Mauldre, l’Orge, l’Yerres et l’Yvette et quelque trente-six petites rivières. Au total, le linéaire de cours d’eau s’élève à 1 700 km. La majorité de ces vallées est encore située dans l’espace rural mais le quart de ce linéaire est bordé d’une urbanisation dense et de plus de 200 km d’une urbanisation peu dense.

L’espace ouvert des vallées évolue continuellement

Les vallées ont joué un rôle déterminant dans le développement de la croissance urbaine qui s’est toujours opérée le long de ces axes privilégiés, empruntés ou coupés par nombre de grandes voies de communication. Les travaux hydrauliques, le développement industriel, l’arrivée du chemin de fer ont conduit les implantations urbaines à se rapprocher des rives. D’importants conflits d’usage affectent les rives des cours d’eau : installations portuaires ou industrielles, grandes infrastructures de transport, quartiers résidentiels ou carrières de sable et de graviers. Cette cohabitation se fait au détriment des paysages et des milieux naturels. En milieu rural, le recul de l’agriculture, l’urbanisation plus ou moins diffuse ou le recalibrage des cours d’eau ont également bouleversé la physionomie des vallées. La multiplicité des fonctions qu’elles assurent et le nombre important d’intervenants rendent leur protection difficile à mettre en œuvre.

Mieux connaître les caractéristiques et les spécificités des vallées d’Île-de-France

Soucieuse du maintien des grands équilibres écologiques et paysages, la Région Île-de-France a souhaité se pencher sur cette réalité. C’est dans ce sens que l’Agence des espaces verts (AEV) a demandé à l’IAU île-de-France d’analyser ces vallées, pour en révéler la complexité, les potentialités, pour identifier les menaces qui pèsent sur elles, pour proposer les actions qui permettraient de les préserver et de les mettre en valeur afin que la Région dispose d’un cadre cohérent pour sa politique dans ce domaine. C’est le fruit de ces analyses, livré dans ce Cahier numéro 125-126, qui montre que ces vallées, prises dans la dimension de leurs bassins versants, constituent autant de territoires porteurs de projets de développement durable.

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Ressources

La loi sur l’eau du 3 janvier 1992 définit l’eau comme un patrimoine commun de la nation à gérer dans sa globalité dans l’esprit d’un développement durable. le pont medieval de Grez-sur-Loing, témoigne du patrimoine lié à l’eau. © Gegau
La loi sur l’eau du 3 janvier 1992 définit l’eau comme un patrimoine commun de la nation à gérer dans sa globalité dans l’esprit d’un développement durable.
Le pont médiéval de Gretz-sur-Loing, témoigne du patrimoine lié à l’eau. © Gegauff (Bernard), IAU îdF
Les vallées peuvent être considérées comme un vaste écosystème complexe, ou un ensemble de sous-écosystèmes.
Les vallées peuvent être considérées comme un vaste écosystème complexe, ou un ensemble de sous-écosystèmes.
© Rossi (Stéphane)
L’essor des grandes cultures, comme dans la vallée de l’Aubette de Meulan nuit à la diversité écologique. © Raoux (Bruno), IAU îdF
L’essor des grandes cultures, comme dans la vallée de l’Aubette de Meulan nuit à la diversité écologique.
© Raoux (Bruno), IAU îdF