Sécurité routière et usage des deux-roues motorisés en Île-de-France

29 juin 2009ContactDominique Riou, Denis Verrier

Face à la diversité des deux-roues motorisés, à l’adaptation de ces véhicules à des motifs de déplacements très variés, le modèle d’un type unique d’usager, « le motard », ne tient plus.

Les immatriculations et le parc de deux-roues motorisés

Au niveau national, les immatriculations de motocyclettes neuves sont en forte croissance depuis 1996, année de l’ouverture du permis B aux motos légères.
Au niveau francilien, les motos légères sont les plus nombreuses dans les immatriculations. Paris et les Hauts-de-Seine arrivent en tête pour le nombre d’immatriculations. À l’inverse, le parc des cyclomoteurs a considérablement baissé depuis 15 ans.

La formation à la conduite des deux-roues motorisés

Cyclomotoristes, avec ou sans brevet de sécurité routière, ou utilisateurs de motocyclettes légères avec permis B, nombreux sont les usagers de deux-roues motorisés à ne pas avoir reçu de formation ni au maniement de leur véhicule, ni à la manière spécifique de se comporter dans la circulation vis-à-vis des autres usagers. Cependant, pour les permis B délivrés après le 1er janvier 2007, trois heures de formation sont aujourd’hui obligatoires pour la conduite d’une motocyclette légère.

Les trafics et la mobilité en deux-roues motorisés

Les deux-roues motorisés représentent une part très faible du trafic national. En Île-de-France, ils composent 3 % du trafic en kilomètres parcourus, selon l’enquête globale Transport (EGT) 2001. Cette part peut être beaucoup plus importante en zone urbaine dense : 15 % des véhicules circulant à Paris intra-muros en 2006, sont des deux-roues motorisés.
Les deux-roues motorisés sont utilisés de manière prépondérante pour aller travailler. Les utilisateurs sont majoritairement des hommes et appartiennent aux catégories socioprofessionnelles supérieures.

L'accidentalité en deux-roues motorisés

C’est le mode de transport présentant le plus fort risque d’être tué par kilomètre parcouru : 18 % des tués sur la route, pour une part dans le trafic d’environ 1 %.
Il n’est cependant pas déterminé que les motocyclistes aient plus d’accidents que les automobilistes. En revanche leur vulnérabilité fait qu’un accident entraîne fréquemment des blessures et est comptabilisé dans les statistiques.
Les accidents impliquant des deux-roues motorisés sont concentrés dans trois grandes régions : Île-de-France, Rhônes-Alpes, Paca.

Les caractéristiques générales des accidents en deux-roues motorisés

La classe d’âge la plus touchée reste celle des 20-24 ans.
75 % des accidents ont lieu en milieu urbain mais 60 % des tués en deux-roues motorisés le sont hors agglomération avec en moyenne des accidents plus graves qu’en milieu urbain. Le plus souvent, le choc se produit avec un autre véhicule (une voiture particulière dans 60 % des collisions).

Les causes et les circonstances d’accidents en deux-roues motorisés

Trois grands types de cause sont repérables :

  • la mauvaise perception du deux-roues motorisé par les autres usagers notamment les automobilistes ;
  • la mauvaise visibilité d’un obstacle ou la soudaineté d’une situation accidentogène et l’impossibilité ou l’incapacité du motocycliste, d’éviter la collision ou la chute ;
  • la prise de risque de la part du motocycliste.

Les mesures préventives et les possibilités de progrès

Des aménagements cruciaux restent à systématiser en matière d’infrastructure
Des progrès importants sont envisagés en sécurité active : système de freinage, tenue de route, perception du véhicule, alertes électroniques et communication véhicule-infrastructure.
Le port, même en ville, d’équipements complets de protection permettrait de réduire la gravité des lésions.
Des vêtements clairs, avec bandes réfléchissantes, peuvent contribuer également à une meilleure visibilité.
En matière de politiques préventives et de formation, il serait très important de développer la prise de conscience du risque spécifique à l’utilisation d’un deux-roues motorisé et d’améliorer la formation des motocyclistes à la maîtrise de leur véhicule comme à la manière de se comporter dans la circulation pour assurer leur sécurité et celle des autres usagers.
En matière de politique de transport, il apparaît probable que le recours croissant aux deux-roues motorisés, notamment pour se déplacer dans les cœurs d’agglomération, est lié en partie à la congestion des réseaux, route comme transports collectifs. Il apparaît important que l’usage d’un deux-roues motorisé résulte d’un vrai choix, ce qui renvoie au renforcement des alternatives en transports durables (TC, vélos).

Ressources

Les utilisateurs de deux-roues motorisés appartiennent principalement aux classes moyennes et supérieures : cadres, professions libérales et professions intermédiaires comptent pour 45 % des utilisateurs.
Les utilisateurs de deux-roues motorisés appartiennent principalement aux classes moyennes et supérieures : cadres, professions libérales et professions intermédiaires comptent pour 45 % des utilisateurs.
© IAU îdF
Au niveau national, les immatriculations de motocyclettes neuves sont en forte croissance (+148 % entre 1996 et 2007). Les motos légères sont en Île-de-France les plus nombreuses dans les immatriculations et Paris et les Hauts-de-Seine arrivent en têt
Au niveau national, les immatriculations de motocyclettes neuves sont en forte croissance (+148 % entre 1996 et 2007).
Source MEEDDAT, SOeS
En proportion, c’est pour les liaisons internes à Paris que les deux-roues motorisés sont les plus présents tout en restant très minoritaires.
En proportion, c’est pour les liaisons internes à Paris que les deux-roues motorisés sont les plus présents tout en restant très minoritaires.
© IAU îdF