Ségrégation urbaine et politiques publiques : étude comparative

Le Grand Londres

30 juin 2005ContactBrigitte Guigou

La pauvreté, l'exclusion et les disparités infra-régionales sont très présentes dans le débat public en Grande-Bretagne.

C'est d'abord la concentration  des "pauvres" et de minorités ethniques dans les centres anciens dégradés (inner city) qui a fait l'objet d'interventions.

Aujourd'hui, domine l'approche transversale de la pauvreté et de l'exclusion liée à une vision territorialisée des problèmes.

La politique de renouvellement des quartiers combine des  programmes territoriaux à des programmes thématiques. La transversalité vise à améliorer les services dans des domaines aussi divers que l'emploi, la santé, le logement, la sécurité, l'éducation.

À la différence des programmes antérieurs, tournés vers l'amélioration du bâti, l'objectif est aujourd'hui d'améliorer le fonctionnement des services publics mis à la disposition des habitants ainsi que l'implication des services privés, associatifs et communautaires. La territorialité répond à des critères précis, suppose un partenariat entre l'État, la commune, le secteur privé, associatif et communautaire.

Contrairement à la politique de la ville française, la notion de "mixité" est peu utilisée. Elle vise davantage le mélange des types de logement, de statuts et de prix diversifiés, privilégiant la création d'une offre de logements abordables.

Actuellement, le débat porte sur la pertinence de l'affectation des moyens aux lieux (place) ou aux personnes (people). Dans ce dernier cas, faut-il privilégier les anciens habitants ou en attirer de nouveaux ? Comment éviter la gentrification ?

L'auteur du rapport souligne que la pauvreté et la ségrégation sont devenus des problèmes structurels, conséquence du rôle joué par Londres sur la scène internationale. Les situations locales lui paraissent fortement corrélées aux évolutions de fond concernant la politique du logement et le désengagement de l'État.

Cette étude participe d'une analyse comparée de la ségrégation et des politiques publiques sur cinq territoires européens (Barcelone, Berlin, Milan, le Grand Londres  et l' Île-de-France). 

Ressources

À Londres, la gentrification a pris une forme et une ampleur particulières, en lien avec l’augmentation des prix de l’immobilier, le dynamisme des nouvelles classes moyennes et les changements économiques profonds qui ont affecté la ville.
À Londres, la gentrification a pris une forme et une ampleur particulières, en lien avec l’augmentation des prix de l’immobilier, le dynamisme des nouvelles classes moyennes et les changements économiques profonds qui ont affecté la ville.
© LECROART (Paul), IAU îdF
À Londres, le volume des ventes liées au Right To Buy (droit d’achat) a eu tendance à augmenter dans les années 1990, passant de 7 000 ventes en 1992-1993 à 11 400 en 2000-2001 et 10 000 en 2001-2002.
À Londres, le volume des ventes liées au Right To Buy (droit d’achat) a eu tendance à augmenter dans les années 1990, passant de 7 000 ventes en 1992-1993 à 11 400 en 2000-2001 et 10 000 en 2001-2002.
Une maison rachetée dans le cadre du Right To Buy dans l’Est londonien. © GUIGOU (Brigitte), IAU îdF
En Angleterre, l’analyse de la ségrégation socio-spatiale s’appuie sur des indices synthétiques dits de précarité multiple. Leur objectif est opérationnel : identifier le plus finement possible la localisation des problèmes et les lieux d’int
En Angleterre, l’analyse de la ségrégation socio-spatiale s’appuie sur des indices synthétiques dits de précarité multiple. Leur objectif est opérationnel : identifier le plus finement possible la localisation des problèmes et les lieux d’intervention des pouvoirs publics.
Quartiers en New Deal for Communities. © ODPMGD272671

Études apparentées