Ségrégation urbaine et politiques publiques : étude comparative

Milan

30 juin 2005ContactMariette Sagot

Des écarts de ressource importants mais une absence de polarisation spatiale

L'Italie est le pays de l'Union européenne qui connaît les plus grands écarts de richesse entre régions.

Dans la plus riche d'entre elles, la Lombardie, la question sociale revêt un caractère géographique, mais elle n'oppose pas les centres aux périphéries, ou des quartiers défavorisés à des quartiers défavorisés. Milan se caractérise par une relative proximité spatiale entre les groupes sociaux.

Dans la région lombarde, en effet, 80 % des ménages sont propriétaires, 16 % locataires dans le parc social privé, les autres étant logés gratuitement. Le parc social, disséminé, n'est pas un lieu de ségrégation. Il n'existe pas de signe de polarisation spatiale comme dans les autres métropole du nord de l'Europe.

À Milan comme ailleurs, une relative homogénéité sociale de l'espace métropolitain et l'importance de la cellule familiale comme premier lieu de sociabilité explique que la question sociale n'ait qu'un faible écho au niveau des quartiers.

Une prise de conscience sociale récente

Cette dimension sociale est récente dans les politiques urbaines. Elle est devenue explicite dans la procédure des contrats de quartiers mise en place par l'État en 1997. Toutefois le champ d'intervention est limité à l'échelle de micro-territoires de logements sociaux dégradés.

L'auteur du rapport note que les programmes européens de type URBAN ont contribué à cette prise en compte de la composante sociale du développement des territoires. Cependant, les opérations urbaines ressortent plus d'une logique d'opportunités (conjoncture favorable de capitaux privés mobilisés autour de projets stratégiques, disponibilité de ressources publiques...) sur lesquelles viennent, dans le meilleur des cas se greffer des opérations de rénovation du parc populaire.

Cette étude participe d'une analyse comparée de la ségrégation et des politiques publiques sur cinq territoires européens (Barcelone, Berlin, Milan, le Grand Londres  et l'Île-de-France).

Ressources

Dans la métropole milanaise, la ségrégation s'opère plus au niveau de l'immeuble, du bloc, du square ou de la rue qu'à celui du quartier.
Dans la métropole milanaise, la ségrégation s'opère plus au niveau de l'immeuble, du bloc, du square ou de la rue qu'à celui du quartier.
Milan. © SAGOT (Mariette), IAU îdF
Ces dernières années, la  plus grande autonomie accordée aux régions et aux villes dans leurs politiques urbaines et de logement a favorisé la mise en place  d'expériences de rénovation de quartier incluant la prise en compte des problèmes sociaux
Ces dernières années, la plus grande autonomie accordée aux régions et aux villes dans leurs politiques urbaines et de logement a favorisé la mise en place d'expériences de rénovation de quartier incluant la prise en compte des problèmes sociaux.
Le quartier Sant’Eusebio. © SAGOT (Mariette), IAU îdF Le quartier Stadera. © SAGOT (Mariette), IAU îdF
Le quartier Stadera est constitué de 1 080 logements organisés sur trois rues. Les logements sont gérés par l’Agence de logements populaires (Aler). 640 logements étaient hors normes (< 23 m2) qu’il a fallu rénover. Les travaux ont commencé sur
Le quartier Stadera est constitué de 1 080 logements organisés sur trois rues. Les logements sont gérés par l’Agence de logements populaires (Aler). 640 logements étaient hors normes (< 23 m2) qu’il a fallu rénover. Les travaux ont commencé sur 7 bâtiments (80 familles), en 1988. Une deuxième opération de réhabilitation « recupero urbano » en 1999 a permis la réalisation de 15 initiatives différentes. 184 ménages ont bénéficié de logements rénovés sur place.
Le quartier Stadera. © SAGOT (Mariette), IAU îdF

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