Ségrégation urbaine et politiques publiques : étude comparative

Île-de-France

30 juin 2005ContactBrigitte Guigou, Mariette Sagot, Olivier Mandon

Une politique construite par strates successives

L’Île-de-France est à la fois la région la plus riche de France, la plus développée économiquement et la plus peuplée. Elle n’en reste pas moins une terre de contrastes. Elle a été traversée, comme la plupart des métropoles européennes ouvertes sur l’économie mondiale, par de profondes restructurations de son appareil productif avec des conséquences sociales difficiles : montée de chômage et du travail précaire. Son développement économique est désormais plus cyclique, alternant embellies conjoncturelles et récessions. Les trajectoires de vie des habitants sont devenues plus instables et incertaines tant du point de vue professionnel que familial. La pauvreté, qui touchait il y a quarante ans surtout le monde rural et les personnes âgées est aujourd’hui davantage urbaine et pèse désormais sur les actifs, les ouvriers, les jeunes, les étrangers et les femmes élevant seules leurs enfants.  

L’émergence d’une politique, dite "de la ville", témoigne d’une rupture dans la représentation des problèmes. La politique de la ville s’est construite par strates successives. Elle a contribué à mettre la question du devenir des quartiers en difficulté sur le devant de la scène.  

La solution urbaine s’est accompagnée d’un objectif de rééquilibrage social des quartiers par le mélange des types d’habitat : la recherche de la mixité est devenue un des objectifs des actions menées. Appliquée d’abord dans les quartiers en difficulté dans un objectif de rééquilibrage social, la mixité devient ensuite une référence de l’ensemble des politiques urbaines et se traduit par des outils législatifs d’intervention.  

Le lancement du programme de rénovation urbaine et la mise en place de l’ANRU ont, d’ores et déjà, contribué à focaliser le débat et les énergies sur la question de la restructuration du bâti.  

Une action focalisée sur les plus démunis

Ce ciblage de l’action sur les territoires s’accompagne d’un ciblage des politiques sociales sur les populations les plus démunies et les plus fragilisées. La polarisation du débat sur ces quartiers et les populations qui y vivent contribuent à la diffusion d’une représentation simplifiée de la fracture sociale.  

Avec la loi de programmation pour la cohésion sociale du 19 janvier 2005, l’État se positionne comme le garant des solidarité et de la cohésion territoriale et affiche des objectifs ambitieux en matière de construction neuve.  

Cette étude participe d'une analyse comparée de la ségrégation et des politiques publiques sur cinq territoires européens (Barcelone, Berlin, Milan, le Grand Londres  et l'Île-de-France).

Ressources

L’Île-de-France est une région riche : le revenu disponible moyen des ménages franciliens dépasse de 23 % celui des ménages vivant en province...
L’Île-de-France est une région riche : le revenu disponible moyen des ménages franciliens dépasse de 23 % celui des ménages vivant en province...
Neuilly sur Seine (92). © DOUTRE (Caroline), BaSoH ; IAU îdF
... Mais l’Île-de-France c’est aussi 172 000 personnes touchant le RMI, 1 000 000 personnes vivant dans un foyer à bas revenus, 342 000 de ménages mal logés, 1 300 000 personnes vivant en ZUS.
... Mais l’Île-de-France c’est aussi 172 000 personnes touchant le RMI, 1 000 000 personnes vivant dans un foyer à bas revenus, 342 000 de ménages mal logés, 1 300 000 personnes vivant en ZUS.
Sevran (93). © HUIJBREGTS (Frédéric), IAU îdF
Proportion de logements locatifs en Île-de-France, en 1999
Encore aujourd’hui la structure sociale du territoire régional renvoie pour partie à celle du parc de logements.
Proportion de logements locatifs en Île-de-France, en 1999

Études apparentées