Ségrégation urbaine et politiques publiques : étude comparative

Synthèse

30 septembre 2005ContactAnne-Claire Davy, Brigitte Guigou, Mariette Sagot

Après les récentes flambées de violence en banlieue, l’actualité a mis une nouvelle fois le malaise urbain sur le devant de la scène. Derrière ce malaise, le problème des disparités sociales et territoriales est pointé. Ce problème est, également pour l’Île-de-France, au cœur des débats actuels sur l’élaboration du schéma directeur régional (le SDRIF) : les enjeux de solidarité conditionnent l’avenir de la Région et seront déterminants dans le choix des objectifs du nouveau projet.

Comment les autres métropoles européennes abordent-elles et traitent-elles ces questions, quelles sont leurs priorités ?

L'étude compare la ségrégation sociale et urbaine dans cinq métropoles européennes : l’Île-de-France, Berlin, Le Grand Londres, Barcelone et Milan. Deux objectifs : analyser les politiques mises en œuvre dans les grandes villes du nord-ouest européen confrontées aux problèmes des quartiers en difficultés et examiner de quelle manière ces questions sont abordées par les métropoles du sud où cette problématique est plus récente.

Chaque métropole a fait l’objet d’une monographie réalisée à partir des travaux existants et des témoignages de spécialistes et de décideurs locaux. Il est fait état des processus ségrégatifs à l’œuvre, de la façon dont est perçue cette question, et des politiques mises en place, qu’elles soient de droit commun, comme celle du logement, ou territorialisées.

Dans toutes les métropoles étudiées, la différenciation sociale de l’espace se manifeste avant tout par le regroupement des classes aisées qui sont les plus ségréguées. Elle se manifeste aussi par des processus de regroupement par nationalité. Ces clivages tendent à se creuser dans les «vieilles métropoles» du nord-ouest et l’on assiste à Paris, comme à Londres ou Berlin à un processus d’embourgeoisement des quartiers bien desservis et les mieux équipés de la ville.

Si la mixité sociale, comme valeur incontournable des politiques urbaines, est une spécificité française, elle n’est pas considérée comme une condition sine qua non de la cohésion sociale dans les autres villes étudiées et, surtout, elle est mise en œuvre de manière plus pragmatique.

Les différentes politiques ciblées sur ces quartiers ont des modes opératoires très différents, et vont du modèle français très centralisé aux approches ascendantes, participatives et pragmatiques, à l’exemple de l’Allemagne. Cette étude n’est pas un recueil de bonnes pratiques et ne peut l’être tant les contextes sociaux, économiques, politiques et culturels de ces territoires sont différents. Elle prend néanmoins tout son sens par les débats qu’elle peut susciter entre l’Île-de-France et les autres métropoles, et le nouveau regard qu’elle permet de porter sur les actions menées en France.

Ressources

Nombre de logements sociaux pour 1 000 habitants.
Sources : ministère de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale, DGUHC © IAU îdF
Évolution de la part des propriétaires occupants dans les pays étudiés de 1960 à 2000 (en %).
Évolution de la part des propriétaires occupants dans les pays étudiés de 1960 à 2000 (en %).
Sources : DGUHC © IAU îdF
Part de la population dont les revenus sont inférieurs au seuil de pauvreté avant et après transferts sociaux (en %), en 1999.
Part de la population dont les revenus sont inférieurs au seuil de pauvreté avant et après transferts sociaux (en %) en 1999.
Source : Eurostat © IAU îdF

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