Surveiller à distance

Une ethnographie des opérateurs municipaux de vidéosurveillance

14 septembre 2011ContactTanguy Le Goff, Virginie Malochet, Tiphaine Jagu

Aujourd’hui, plus de 1 000 communes sont équipées d’un système de vidéosurveillance des espaces publics en France. Il s’agit aussi bien de grandes villes comme Marseille, Nice, Lyon, Strasbourg, que des villes moyennes comme Évry, Meaux voire de petites communes.

Les opérateurs de vidéosurveillance sont peu connus et peu valorisés

Nouveaux acteurs dans le paysage local de la sécurité, ces opérateurs exercent un travail qui n’est pas encore un « métier » reconnu avec ses propres référentiels d’action et ses formations spécifiques. D’où des parcours professionnels et des statuts très variés, selon les municipalités, À l’hétérogénéité du statut des opérateurs s’ajoutent des incertitudes quant au cadre légal de leur activité. En effet, la loi d’orientation et de programmation relative à la sécurité de 1995 (Lopsi) est peu précise sur les fonctions d’exploitation et de visionnage des images en direct comme en différé (relecture). Ceci entretient un flou, au niveau local, sur les pouvoirs dont disposent les opérateurs de vidéosurveillance.

Une étude sur les « coulisses » du travail de surveillance à distance des opérateurs municipaux

Notre démarche s’inscrit dans la lignée des recherches actuelles sur le policing (au sens de l’activité de police des espaces) afin de mieux appréhender ce qui se joue dans le circuit de la surveillance humaine. Nous avons étudié deux dispositifs municipaux qui sont deux illustrations de la manière dont, des opérateurs, se sont approprié une technologie et l’utilisent en fonction des missions prescrites. Précisons d’emblée quelques limites de ce travail : une difficulté d’accès aux terrains, des difficultés méthodologiques, enfin la difficulté liée à l’impossibilité de comptabiliser précisément le nombre et le type de personnes ciblées par les opérateurs dans le cadre de la surveillance. C’est pourquoi, les résultats présentés ici doivent être pris pour ce qu’ils sont, à savoir une présentation de la manière dont les opérateurs déclarent effectuer leur surveillance, croisée avec notre observation de leurs pratiques sur un mode essentiellement descriptif.

Ressources

Deux modèles de vidéosurveillance peuvent être dégagés suivant l’orientation donnée au dispositif : le premier se situe comme un outil essentiellement au service de la chaîne pénale travaillant, en très grande partie, au service de la police na
Deux modèles de vidéosurveillance peuvent être dégagés suivant l’orientation donnée au dispositif : le premier se situe comme un outil essentiellement au service de la chaîne pénale travaillant, en très grande partie, au service de la police nationale et tendant à s’autonomiser de la structure municipale.
© Dugeny (François), IAU îdF
Un second modèle qui se conçoit comme un outil de gestion urbaine.Il y a une grande proximité dans le travail avec la police municipale et, plus largement, avec les services municipaux. © Pattacini (Jean-Claude), IAU îdF
Un second modèle, qui se conçoit comme un outil de gestion urbaine. Il y a une grande proximité dans le travail avec la police municipale et, plus largement, avec les services municipaux.
© Pattacini (Jean-Claude), IAU îdF
Les trajectoires professionnelles des opérateurs de vidéosurveillance se caractérisent par leur diversité ; diversité toute relative car une constante est la faiblesse de leur formation initiale. © Pattacini (Jean-Claude), IAU îdF
Les trajectoires professionnelles des opérateurs de vidéosurveillance se caractérisent par leur diversité ; diversité toute relative car une constante est la faiblesse de leur formation initiale.
© Pattacini (Jean-Claude), IAU îdF

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