Tableau de bord des zones franches urbaines (ZFU)

Rapport d’activité 2009

15 juin 2010ContactOlivier Mandon

Au fur et à mesure des années, la dynamique économique en zone franche urbaine (ZFU) se poursuit. En 2008, 13 014 établissements composent le stock dans les 26 ZFU d’Île-de-France.

Les territoires ZFU préservent leur tissu économique existant

Les dynamiques économiques ne semblent pas s’émousser malgré la fin annoncée du dispositif des ZFU. Ce dernier a permis probablement d’enclencher un mouvement de création et d’installation d’entreprises, porté à la fois par les collectivités territoriales, les entreprises, les dispositifs de l’État et de la Région, qui ne devrait pas s’arrêter dans l’immédiat. En 2008, le stock d’établissements a même augmenté de 9 %. Mais il est cependant difficile d’augurer à plus long terme les conséquences de la fin des exonérations fiscales et financières diverses en faveur de ces territoires et de leurs entreprises.

La non adéquation entre les emplois offerts et le niveau de qualification des actifs

En 2008, le nombre de foyers couverts par la CAF en ZFU est de 95 508. Il augmente faiblement par rapport à 2007, où il était de 94 158. L’absence d’observation longue en termes de création d’emplois ne permet pas de suivi vraiment fiable sur ce thème. Il a seulement pu être constaté qu’il y a eu création d’emploi. Par contre, plusieurs fois a été évoqué le problème de la non adéquation entre les emplois offerts et le niveau de qualification des actifs de ces quartiers. Lorsque l’on étudie la représentation des inactifs au sein des 23 ZFU « première et deuxième » génération, leur poids représente 47,4 % (contre 33,7 % pour l’ensemble des foyers d’Île-de-France) en 2008. De même, la population des foyers allocataires à bas revenu est fortement représentée au sein des 23 ZFU (53,1 % contre 33,6 % en Île-de-France). Une analyse particulière a mis en avant la précarité de la population jeune de 16 à 19 ans. 15 % des jeunes vivant en ZFU bénéficient de prestations sociales et sont en dehors d’un système de formation ou d’apprentissage (contre 9 % parmi les jeunes franciliens).

Quel parcours résidentiel pour les entreprises en regard des évolutions réglementaires?

Une problématique qui fait référence aux disponibilités foncières et immobilières dans les ZFU. En conséquence, depuis 1997, les villes s’impliquent plus fortement pour imaginer de nouveaux aménagements de zone d’activité ou de création d’hôtels d’activité. Que ce soit dans le cadre de réflexions relatives au souhait de création de parcours résidentiels d’entreprise ascendants ou pour aider des porteurs de projets à concrétiser leur idée de création d’entreprise, les acteurs du développement économique initient des réflexions et de nouveaux programmes pour faciliter l’entrepreneuriat. Depuis 2007, le Conseil régional, en collaboration avec la Caisse des dépôts et consignation permet la création de poste d’agent de sensibilisation à l’entrepreneuriat dans les ZFU. Les entreprises en ZFU ou en ZUS composent un tissu économique fragile qui a besoin d’un accompagnement spécifique et d‘aides directes.

L’accompagnement des porteurs de projet dans les quartiers en difficulté pendant plusieurs années

Aux termes des échanges qui ont eu lieu, on est amené à poser quelques questions. Quel est le bon périmètre pour s’occuper de développement économique ? Que faut-il chercher à implanter dans les quartiers en difficulté ? Faut-il privilégier le commerce, l’artisanat ? L’emploi sur place permet-il de redonner de l’attractivité à un quartier ? Ne faudrait-il pas mettre la priorité sur les transports permettant aux habitants de sortir aisément de leur quartier d’habitation et d’accéder plus facilement aux secteurs qui offrent des emplois ? L’important n’est-il pas de donner aux habitants des possibilités accrues d’accès à l’emploi au moyen de la formation, de l’information, de la mise en réseau, de l’accompagnement pour expliciter un projet et le mettre en oeuvre, de l’appui sur une durée suffisamment longue pour pérenniser ce qui a été créé ? Autant de questions qui montrent que les enjeux liés à l’accès à l’emploi, tant en termes de qualité d’offre que de demande, sont indissociables de ceux liés à l’implantation d’entreprises dans les quartiers en difficulté.

Ressources

L’actuelle géographie prioritaire des quartiers bénéficiaires de la politique de la ville concerne 2 400 quartiers. Ci-dessus vue aérienne de Montfermeil et de Clichy-sous-bois. © Gobry, DREIF
L’actuelle géographie prioritaire des quartiers bénéficiaires de la politique de la ville concerne 2 400 quartiers.
Vue aérienne de Montfermeil et de Clichy-sous-bois. © Gobry, DREIF
On dénombre dans les 23 ZFU plus de 94 000 foyers allocataires CAF. Ci-dessus, Vue d'ensemble de La Courneuve (93) et de la cité des 4000. © Pattacini (Jean-Claude) IAU îdF, Urba images
On dénombre dans les 23 zones franches urbaines plus de 94 000 foyers allocataires CAF.
La cité des 4000, La Courneuve (93) © Pattacini (Jean-Claude) IAU îdF, Urba images
La taille des établissements implantés au sein des 26 ZFU entre 2006 et 2008 (en %) © IAU îdF
La taille des établissements implantés au sein des 26 ZFU entre 2006 et 2008 (en %)
© IAU îdF

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