Grand Londres versus Île-de-France : quelle offre de transport public ?

Chronique de la mobilité et des transports n° 1

18 novembre 2014Frédérique Prédali et Simon Gloaguen

Le Grand Londres, souvent réputé pour être moins performant en matière de transport comparé au réseau francilien, ne cesse d'améliorer son réseau et cette tendance s'est accélérée depuis la préparation des Jeux Olympiques de 2012.
Pour la première fois, les niveaux d'offre respectifs des deux régions-capitales sont mesurés à partir des données des opérateurs. Des résultats inédits !

Trouver un périmètre qui permette la comparaison

Si les enjeux des métropoles sont comparables, l'organisation de leur territoire et les découpages administratifs diffèrent à tel point qu'il est difficile de les comparer.
Le périmètre retenu en Île-de-France pour la comparaison avec le réseau du Grand Londres est celui des zones tarifaires 1 à 4 du transport public. Ce territoire englobe les départements centraux et reste contenu dans la zone dite « agglomérée » définie par l'Insee.

Il correspond à un rayon de vingt kilomètres autour de Paris, soit 1 305 km² (1 579 km² pour le Grand Londres). Il exclut les anciennes « villes nouvelles » franciliennes (situées en zone 5), bien qu'elles concentrent un grand nombre d'emplois et de population. L'intérêt de ce territoire est qu'il est comparable au Grand Londres en termes de morphologie et, surtout, de poids démographique.
À population équivalente (un peu plus de 8 millions d'habitants), le périmètre francilien retenu est plus ramassé et présente donc une densité plus forte que celle du Grand Londres.

Une offre globalement équivalente mais différemment répartie

L'histoire a façonné des réseaux très différents. L'offre du réseau de transport londonien semble à première vue plus développée avec deux fois plus de lignes de bus, un réseau métropolitain maillant tout le territoire du Grand Londres, et un plus grand nombre de stations de métro et de gares.

Cependant, l'offre ferroviaire francilienne fait la différence grâce à une capacité moyenne du matériel roulant plus de trois fois supérieure à celle de Londres. Ainsi, l'offre globale est comparable en quantité à ce que l'Ile-de-France peut proposer sur un périmètre comparable (zones tarifaires 1 à 4), soit de l'ordre de 135 milliards de places-kilomètres offertes.

Le calcul des places-kilomètres offertes (PKO) pour le mode ferroviaire est faite à partir des données de circulation des trains mises à disposition par les opérateurs en open data. Pour le calcul de l'offre des autres modes, les données utilisées sont celles des autorités organisatrices. L'indicateur PKO s'établit en multipliant l'offre de places par train (places assises + 4 places au m²) par la distance effectuée par chaque train (exprimée en trains-km).

Les bus, le point fort de la desserte du Grand Londres

Pendant longtemps les Londoniens n'ont pu remettre à niveau leur réseau ferroviaire et métropolitain, ni financer la construction de nouvelles lignes de type RER. Ils ont donc misé sur les bus pour renforcer l'offre et mailler leur territoire. Aujourd'hui, leur réseau de bus est structuré, très maillé, et il présente l'avantage pour les voyageurs d'offrir les tarifs les plus bas.

 

La prochaine chronique présentera la politique tarifaire de TfL.

» Télécharger la planche d'infographies en français
» Télécharger la planche d'infographies en anglais