Cet article composera la publication « Enquête nationale logement 2013 : nouvelles contributions sur les conditions de logement en Île-de-France » dont la parution est prévue au 4e trimestre 2016.

Sommaire des articles

Le confort et la taille des logements selon le statut d’occupation

30 juin 2016Jean-Jacques Guillouet & Philippe Pauquet (IAU)

Le parc marginal regroupant les logements qui ne sont pas encore sortis du secteur loi 1948, ainsi que les logements sous-loués, meublés et les hôtels, est de loin le parc dont la qualité est la plus médiocre. Toutefois, le nombre de ces logements inconfortables ne cesse de diminuer, soit du fait de leur disparition (pour les logements de la loi de 1948), soit parce que des travaux d’amélioration du confort sont entrepris.

Une toute petite fraction du parc jugée inconfortable

En 2013, une très faible proportion (moins de 5 %) des logements en sous-location est sans confort(1), contre 25 % en 2006.

Plusieurs motifs expliquent qu'une fraction de ce parc n’ait pas bénéficié d’améliorations. Ces logements sont, dans l'ensemble, plutôt petits, ne permettant pas toujours l'installation des équipements sanitaires. Par ailleurs, certains propriétaires ne disposent pas des moyens financiers suffisants pour réaliser des travaux d'amélioration ou n'éprouvent pas le besoin de les engager. Ce comportement s'explique par la faible rentabilité de la location, un manque d'intérêt pour leur patrimoine, ou encore parce qu'ils parviennent à louer en l'état. Cela concerne plus particulièrement les derniers logements vétustes régis par la loi de 1948.

L'autre catégorie au confort encore insatisfaisant est celle des logements mis gratuitement à la disposition de leurs occupants. Les logements inconfortables y sont, là aussi, en diminution : 44 % en 1992 contre moins de 5 % en 2013.

Le parc inconfortable abrite 72 400 personnes

La très petite fraction du parc encore inconfortable héberge cependant une fraction non négligeable de la population : près de 72 000 personnes. Ces logements inconfortables, généralement exigus et vétustes, offrent des loyers relativement faibles, même s'ils peuvent apparaître excessifs au regard de la surface ou de l'entretien du logement. Ils accueillent plutôt des populations aux revenus modestes.

 

Un bon niveau de confort pour les logements locatifs des secteurs libre et social

Dans le secteur locatif libre, les logements inconfortables ne représentent plus qu'une fraction marginale : moins de 2 %. La part des logements inconfortables était de 18 % il y a trente ans.

Le parc social, où les logements inconfortables sont inexistants et dont la taille est supérieure à celle du parc locatif libre (64 m² contre 51 m²), affiche également un très bon niveau de confort.

Les propriétaires : les logements les plus vastes et les plus confortables

Les logements des accédants à la propriété, dont 76 % ont été construits après 1948, sont tout aussi confortables que ceux du parc social : seule une infime fraction de ce parc ne l'est pas (moins de 1 % des logements). En 1978, la part du parc inconfortable occupé par les accédants était aussi très faible (moins de 5 %).

Les logements des propriétaires non accédants, dont 72 % ont été construits après 1948, bénéficient également d'un très bon niveau de confort. Le taux d'inconfort, déjà très bas en 2006 (moins de 2 %), s’établit à moins de 1 % en 2013 (ce taux était de 22 % en 1978).

En moyenne, les propriétaires disposent d'une surface de 94 m² contre 64 m² pour les locataires du secteur social et 51 m² pour ceux du secteur locatif libre, ce qui représente respectivement 39 m², 26 m² et 25 m² par personne. Cet écart s'explique en partie par la très forte proportion d'habitat individuel dans le parc occupé par les propriétaires et, a contrario, par la faible proportion de ce type de logements dans le parc locatif social et libre.

(1) Cette notion regroupe les logements ne disposant pas des deux éléments indispensables de confort que sont les W.-C. intérieurs et les sanitaires (douche ou baignoire).