Composer avec l'environnement

Les Cahiers n° 152

09 novembre 2009Contact

Comprendre

L’Île-de-France se positionne comme la première éco-région d’Europe, avec une certaine légitimité. Le projet de loi « Grenelle 2 » porte en germe de nouveaux plans environnementaux (schémas de cohérence écologique ; plans du climat, de l’air et de l’énergie), faisant suite à une première vague de plans thématiques (eau, déchets, air, bruit...). Le sommet de Copenhague « post-Kyoto » se profile. Le moment est apparu opportun pour consacrer un numéro des Cahiers à la question de l’intégration des enjeux environnementaux dans et grâce à la planification. Cela reste une question car cette intégration est encore souvent relativement faible et partielle dans les faits. Pourquoi les environnementalistes martèlent-ils cet objectif en permanence, depuis des décennies ? Si les enjeux environnementaux ne sont pas intégrés en amont des réflexions, les territoires, la planète, et les hommes contemporains et futurs risquent de le payer très cher. Les urgences globales viennent dramatiser ce constat : dérèglement climatique, érosion de la biodiversité, alimentation confrontée à la perte des terres cultivables.

Agir

Mais, comment s’en saisir pour agir efficacement au niveau local ? Parce que l’on touche à des éléments et des milieux non substituables, non reconstituables, l’environnement ne peut plus être cantonné à cette petite touche que l’on ajoute à un projet. Il doit être au cœur des choix et des décisions. Toutefois, des évolutions récentes – comme l’évaluation stratégique des plans et programmes, issue d’une directive européenne – illustrent la volonté réelle d’une intégration de l’environnement et sont porteuses d’espoir. La planification, qu’elle soit transversale ou thématique, apparaît comme l’outil le plus adapté pour intégrer l’environnement en amont des projets. Dans ce numéro des Cahiers, la planification est comprise au sens large, y compris les connaissances et les outils nécessaires à son élaboration, et les moyens de mise en œuvre et de suivi – évaluation nécessaires. Si la planification apparaît incontournable, les modes de planification sont profondément renouvelés. Ce numéro des Cahiers évoque ces nouvelles façons de faire, et les difficultés rencontrées. Les plans procèdent de plus en plus d’un système non pyramidal, avec une interaction entre le global et le local : le global reste indispensable pour identifier des logiques d’ensemble ou prendre la mesure d’un intérêt supérieur, mais la concrétisation intervient toujours sur le terrain, sur la parcelle, et le potentiel se révèle au niveau local. Les continuités écologiques constituent un très bon exemple de cette dialectique.

Anticiper

La population est de plus en plus sensibilisée. Le citoyen devient acteur de son environnement et de son territoire. La planification évolue dans ses périmètres, son élaboration, son application, sa révision ; désormais on évalue et on infléchit ; tout cela change les contenus. Avec l’évolution des préoccupations environnementales, de nouveaux plans ont été progressivement conçus, aboutissant à une accumulation de plans traitant d’environnement. Un temps fort de ce numéro des Cahiers est le débat sur la « jungle » ou le « millefeuille » des plans à prendre en compte qui ne cesse de s’étoffer. Est-ce un mal, est-ce un bien ? Le lecteur trouvera ici matière à l’éclairer. Les connaissances et les outils, même perfectibles, sont suffisants pour agir, c’est surtout une question de volonté et de bon sens.

Cette étude est reliée aux catégories suivantes :
Aménagement et territoires | Paysage | Environnement | Développement durable | Parcs naturels régionaux | Ressources naturelles | Planification | Société et habitat | Disparités


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