Le Bassin parisien, une méga-région ?

Les Cahiers n° 153

22 février 2010

Le Bassin parisien existe ! Il ne s’agit pas seulement d’un espace géographique ou géologique, ou d’une nouvelle couronne concentrique autour de Paris, mais bien d’un ensemble métropolitain en réseau.

Partager une stratégie commune

Des experts comme Saskia Sassen, qui ont conceptualisé les « villes globales », opèrent un glissement sémantique vers la notion de méga-région, insistant sur les effets de synergies et de complémentarités à opérer entre une métropole et les espaces qui l’entourent. Le terme de méga-région est assez peu élégant, certes, mais il renvoie à un besoin criant : penser un très grand territoire autour d’une métropole de rang mondial. Le Bassin parisien prend dès lors une dimension nouvelle : celle d’un espace de coopération entre acteurs visant à partager une stratégie commune, positivant les interdépendances. Il ne s’agit pas d’en faire une nouvelle strate dans une gouvernance déjà complexe, mais d’accepter la multiplicité des échelles de coopération. Se coordonner avec l’Île-de-France est parfaitement complémentaire et en cohérence avec les coordinations internes à d’autres métropoles du Bassin parisien, comme la métropole normande (Rouen-Caen-Le Havre) ou le « G10 » autour de Reims, ou d’une coordination avec d’autres grands espaces, tels que l’Arc Atlantique, le Grand Est ou le Nord-Ouest Européen.

Des interactions évidentes dans certains domaines

Ce numéro 153 des Cahiers vient éclairer d’un jour nouveau les principaux enjeux qui méritent d’être abordés à l’échelle du Bassin parisien. Il montre que les tendances en cours ou à venir ne sont pas le simple prolongement des tendances passées, ce qui implique de faire évoluer les politiques d’aménagement du territoire. Il y a vingt ans, on s’inquiétait beaucoup du débordement quantitatif, principalement démographique, sur les franges. La question d’aménagement qui se pose devient nettement plus qualitative et oriente la réflexion sur ce qui fait système fonctionnel ou institutionnel. Il y a ainsi des interactions évidentes dans certains domaines, pour lesquels le Cahiers livre un argumentaire renouvelé : gérer le bassin versant de la Seine, consolider les métropoles proches, mieux maîtriser la péri-urbanisation francilienne notamment économique, organiser le transport de marchandises, maintenir les continuités écologiques, gérer durablement les ressources.

Ne pas imposer un périmètre unique

Le Bassin parisien compte parmi les plus importantes portes d’entrées continentales, qui lui confèrent une place à part en France et en Europe : les hubs aéroportuaires franciliens, le port du Havre. Accéder à ces portes depuis chaque territoire du Bassin parisien est une forte revendication. Mais la proximité avec l’Île-de-France n’a pas toujours été vécue comme positive. On a souvent parlé de « villes sous influence », de dépendance, d’ombre portée... et pas toujours d’effet d’entraînement. Ici aussi, ce Cahiers invite à réfléchir différemment, à l’aune d’analyses récentes.
Il reste, et il restera encore, la problématique récurrente du périmètre du Bassin parisien. Il a été fait le choix, pour ce Cahiers, de ne pas imposer un périmètre unique, liberté a été laissée aux auteurs. Il y a autant de périmètres pertinents que de sujets à traiter... ou d’acteurs pour les porter ! Il faut s’y habituer : l’interterritorialité devient la règle et la méga-région n’y échappe pas.

Puisse ce numéro des Cahiers donner envie de réfléchir et d’agir à l’échelle du Bassin parisien.

Cette étude est reliée aux catégories suivantes :
Aménagement et territoires | Bassin parisien


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