Nos actions avec les doctorants et les étudiants

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L'IAU soutient des doctorants en aménagement, urbanisme, transports, dans le cadre de partenariats avec des universités, des grandes écoles et des laboratoires de recherche.

Témoignages

Les trois lauréats 2017 du prix de thèse sur la ville

Organisé par le PUCA, l’APEREAU Internationale et l’Institut CDC pour la Recherche/Caisse des Dépôts, le Prix de thèse sur la ville a pour objet de récompenser les meilleures thèses de doctorat soutenues en France ou à l’étranger, rédigées en langue française, et traitant de la ville.

La parole à Virginie Malochet qui y représentait l’IAU.

Les trois thèses récompensées illustrent la vitalité de la recherche urbaine. Si elles témoignent de la diversité des approches, des objets, des champs disciplinaires et des horizons géographiques, elles partagent – fait notable de ce palmarés 2017 – une orientation méthodologique commune qui fait la part belle à la démarche ethnographique.

Grand Prix : La thèse en sociologie de Perrine POUPIN, “Action de rue et expérience politique à Moscou. Une enquête filmique”, soutenue à l’EHESS-Centre d’Étude des mouvements sociaux-Centre d’Études des mondes russe, caucasien et Centre européen, sous la direction de Daniel CEFAI et d’Yves COHEN.

·         Cette thèse contribue à renouveler la démarche ethnographique grâce à l’apport de la caméra. Elle porte sur les expériences revendicatives et l’action de rue de trois coalitions protestataires à la fin des années 2000 à Moscou. Pour partie, elle s’appuie sur une enquête filmique qui permet de documenter les ambiances, les séquences d’action et les arrangements spatiaux. Elle repose aussi sur une ethnographie en ligne des images et des récits diffusés sur le web par les militants, une analyse de ce qu’ils font sur et avec internet. Elle livre une contribution originale à la sociologie des mobilisations collectives, à la croisée des études visuelles, des études urbaines et des études sur la Russie contemporaine.

Prix spécial : La thèse en science politique d’Antoine COURMONT, “Politique des données urbaines. Ce que l’open data fait au gouvernement urbain”, thèse soutenue à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, sous la direction de Dominique BOULLIER.

·         Cette thèse concerne les démarches d’open data initiées par les collectivités et examine le cas de la Métropole de Lyon. Antoine Courmont a pu accèder aux coulisses de l’administration territoriale pour observer la politique d’ouverture des données en train de se faire. Son enquête lui permet de montrer que les données deviennent un enjeu de gouvernement dès lors qu’elles sont mises en circulation. Elles font émerger de nouvelles représentations de la ville, bousculent les frontières institutionnelles et réinterrogent la capacité des acteurs publics à maîtriser leurs politiques à l’ère du numérique, des smart cities et du libéralisme informationnel.

Prix spécial : la thèse en géographie de Paul CITRON, “Les promoteurs immobiliers dans les projets urbains. Enjeux, mécanismes et conséquences d’une production urbaine intégrée en zone dense”, soutenue à l’Université Paris I – Panthéon- Sorbonne, UMR Géographie-Cités, sous la direction de Sylvie FOL.

·         Cette thèse nous invite à découvrir de l’intérieur un monde relativement opaque, celui des grands promoteurs immobiliers privés, à travers l’exemple d’un des leaders français du secteur. L’observation participante et les entretiens fournissent un matériau riche qui nous éclaire sur « les projets urbains en action » et sur la contribution effective des promoteurs privés dans la production des quartiers, leur rôle d’aménageur par-delà leur activité classique de construction d’immeubles. Les résultats invitent à dépasser le paradigme de la privatisation de la ville, soulignant plutôt une forme d’hybridation de la fabrique urbaine, dans l’idée d’un partage renforcé des rôles entre opérateurs publics et privés. Ceci soulève, in fine, des questions quant à l’échelle et la légitimité d’intervention du secteur privé dans la gouvernance urbaine.

Commandes d'ateliers

La gouvernance des places aéroportuaires : les résultats d'une étude du Master de l'Ecole Urbaine de Sciences PO

Dans le cadre de ses travaux sur la comparaison des modes de gouvernance des villes européennes,  l’IAU a confié à une équipe de 4 étudiants du Master Governing the large metropolis de l’École urbaine de Science Po Paris, une étude sur la gouvernance des places aéroportuaires (2016). L'objectif était d’analyser les modes de gouvernance de deux places aéroportuaire, Stockholm-Arlanda et Amsterdam-Schipol, afin d’éclairer le cas francilien.

Basée sur une solide revue de la littérature scientifique et sur une série d’entretiens, cette étude a donné à voir l’organisation et la configuration du jeu d'acteurs et dégagé deux modèles de gouvernance. L’un - celui d’Arlanda – est  à dominante étatique, la construction du projet se fait par « le haut », par l’État, en privilégiant la règle de droit sur la négociation. L’autre - celui de Schiphol – est pluraliste, caractérisé par l’implication des acteurs privés et de la société civile et une recherche du consensus s’appuyant sur une culture de la négociation. Au-delà de la mise en évidence de ces deux idéaux-types de gouvernance, cette étude montre comment ceux-ci sont indissociables des contraintes géographiques et d’occupation du sol d’une place aéroportuaire. Elle montre que, pour comprendre la production d’un projet de développement et d’aménagement d’un espace, il est essentiel de s’intéresser aux acteurs, à leurs conflits, alliances, objectifs et intérêts, trop souvent occultés dans les analyses sur l’aménagement du territoire.

Qu'est-ce qu'une Cifre ?

La CIFRE est un partenariat gagnant-gagnant où un doctorant chercheur se voit proposer pour la durée de sa thèse une mission d’études stratégiques pour l’Institut. 

Mode d’emploi :

Une CIFRE (Convention Industrielle de Formation par la Recherche) permet à une entreprise de recruter en CDI ou CDD, pour une durée de 3 ans, un diplômé de niveau Master à qui elle confie une mission de recherche stratégique pour son développement socio-économique. Cette mission de recherche constitue le cœur de la thèse du doctorant qui sera salarié de l’entreprise pendant la durée de la CIFRE. Dans le même temps, il est également rattaché à un laboratoire et encadré, sur le plan scientifique, par un chercheur habilité à diriger des recherches.

A cet effet une convention est signée entre l’entreprise (ici l’IAU), un laboratoire de recherche et l’ANRT (Association Nationale Recherche Technologie), qui après appréciation de la qualité scientifique et de la pertinence du projet et des partenaires (entreprise, laboratoire, candidat) peut financer une partie importante du coût du salaire.

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