Le e-commerce alimentaire prépare son envol

31 janvier 2017Delphine Brajon, Carole Delaporte

Delphine Brajon et Carole Delaporte, chargées d’études, département économie, IAU île-de-France

Quelle place occupe le e-commerce alimentaire en Île-de-France ?

D. B. - C. D. : Faire des achats alimentaires sur internet n’est pas encore une pratique très répandue en Île-de-France. D’après l’enquête réalisée par l’IAU sur le e-commerce, 89 % des internautes ont acheté des produits ou services sur internet en 2015. Cette part s’élève à 28 % pour les produits alimentaires. Les achats en ligne se font davantage sur des sites de la grande distribution (21 %) que sur des sites spécialisés comme Fauchon ou La Ruche qui dit Oui ! (13 %). Dans l’ensemble, les internautes qui achètent de l’alimentaire sont plus réguliers que les autres : 40 % achètent au moins deux fois par mois dans la grande distribution et 20 % sur des sites alimentaires spécialisés. La prédominance de la grande distribution est probablement due aux progrès déployés pour améliorer la vente en ligne : ergonomie des sites, commandes préenregistrées, fiabilité de la livraison à domicile, développement des drives…

Existe-t-il un profil type d’e-consommateurs de produits alimentaires ?

D. B. - C. D. : Non, les profils des internautes sont très différenciés entre acheteurs de la grande distribution et acheteurs des sites spécialisés. Les premiers sont – sans surprise – plus souvent des couples ou des familles (23 % et 24 %) que des personnes vivant seules (17 %). Quant au commerce alimentaire spécialisé, il concerne un peu moins les familles (11 % d’acheteurs) que les couples (16 %) ou les personnes vivant seules (14 %).

Les pratiques d’achat alimentaire en ligne diffèrent aussi légèrement selon la zone de résidence des personnes interrogées. Les sites de la grande distribution sont plus fréquentés dans les communes périurbaines et dans le rural. Les sites spécialisés sont plus sollicités par les internautes à Paris et dans les communes limitrophes. Ces variations peuvent être imputées à plusieurs facteurs : la répartition géographique des ménages en fonction de leurs caractéristiques (familles avec ou sans enfant(s), personnes seules) et de leurs revenus, mais aussi l’organisation de l’offre alimentaire dans ces zones en commerces sédentaires, enseignes de la grande distribution, drives.

Quelles sont les perspectives d’évolution et l’impact sur les modes de vente classique ?

D. B. - C. D. : Le marché de l’alimentaire sur internet n’est pas encore mature mais on peut s’attendre à sa progression dans les prochaines années. Les solutions de plus en plus nombreuses et performantes en matière de conditionnement des produits et de livraison (sous vide, colis isothermes…) devraient favoriser son expansion.

Pour autant, la complémentarité entre e-commerce et commerce plus classique est intéressante à suivre. Il semble que la fréquentation de sites alimentaires spécialisés puisse inciter les internautes à fréquenter davantage les magasins sédentaires. La porosité entre les deux formes de commerce semble se confirmer.

Propos recueillis par Laure de Biasi et Corinne Ropital

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