Politiques publiques de prévention de la radicalisation

Articulation entre les politiques nationales, les collectivités territoriales et le tissu associatif

27 septembre 2017ContactÉmilien Pellon

Les politiques publiques de lutte contre la radicalisation émergent rapidement depuis 2014. L’État se saisit du sujet et les collectivités locales sont souvent sommées d’agir et de s’emparer de ces diverses consignes de lutte contre le terrorisme avec la mise en place de politiques publiques locales de prévention. La prévention et la détection de la radicalisation sont au cœur de cette nouvelle politique nationale. En 2014 puis en 2016, des plans de lutte contre la radicalisation, comme le plan d’action contre la radicalisation et le terrorisme du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, proposent méthodes et outils à destination des collectivités locales. Ces programmes invitent les acteurs locaux à introduire dans leurs pratiques quotidiennes de nouveaux réflexes afin de favoriser la détection d’individus s’engageant dans l’extrémisme violent. Les moyens financiers sont également importants, un quart du fonds interministériel de prévention de la délinquance est ainsi consacré au terrorisme en 2016, soit 17,7 millions d’euros.
Les acteurs concernés par ces politiques publiques sont multiples. Les agences étatiques se multiplient et s’emparent du sujet, distillant expertises, conseils et consignes. Les collectivités locales sont en première ligne dans la mise en œuvre quotidienne de cette politique. Perçues comme l’échelon pertinent puisque proche des populations, elles sont chargées de former les personnels puis d’engager une politique globale, matérialisée notamment par des propositions dans les contrats de ville et des partenariats pour gérer l’action avec le conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance. Tous les services classiques de lutte contre la délinquance se doivent de prendre en charge cette thématique et les acteurs de terrain, dont les compétences sur le sujet sont souvent limitées, sont sollicités. Les associations sont souvent mises en avant par les collectivités. Peu compétentes sur le sujet, elles jouent un rôle important dans la mise en place concrète de cette politique.
Malgré cette mobilisation d’ampleur, les moyens de contrôle et d’évaluation ne sont pas toujours à la hauteur, alors que certaines méthodes sont parfois contre-productives ou entraînent divers effets pervers. La difficulté de saisir ce qu’est l’extrémisme violent constitue notamment un obstacle majeur.
Le premier objectif de ce rapport est d’explorer de manière théorique ce qu’est l’extrémisme violent. Il s’agira ensuite de lister les institutions investies sur le sujet et de cerner les dispositifs mis en place concrètement, principalement en Île-de-France.

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