L'accueil d'étudiants en alternance par l'IAU

Entretiens croisés Karim Ben Meriem, Paul Lecroart, Ludovic Quintana

22 décembre 2016

En 2015/2016, l’IAU a accueilli 7 étudiants de niveau Licence 3 ou Master 2 en contrat d’apprentissage. Au cours des 10 dernières années l’Institut a formé 65 jeunes en alternance. D’une durée d’un an, généralement de septembre à septembre, l’apprentissage permet à l’étudiant d’alterner des périodes d’enseignement et de pratique professionnelle. A l’IAU, la pratique du tutorat fait partie du quotidien de nombreux chargés d’études. Quels sont, pour les étudiants et pour l’IAU, les apports de ce dispositif ?

Cette interview croise les points de vue de Ludovic Quintana, étudiant du parcours Développement Urbain Intégré du Master Aménagement et Urbanisme de l’EUP et de ses deux tuteurs, Karim Ben Meriem et Paul Lecroart, urbanistes à l'IAU. Durant son apprentissage dans le département Urbanisme, Aménagement et Territoires, Ludovic Quintana a principalement étudié, analysé et comparé des projets visant à résorber les coupures urbaines, notamment des projets de passerelle en Île-de-France et ailleurs.

Quels sont, de votre point de vue, les apports du dispositif d’apprentissage ? 

K.B.M. et P.L. : L’expérience a été intéressante à plus d’un titre. Tout d’abord elle a permis à Ludovic de prendre en charge un projet du début à la fin, des réflexions préliminaires sur le fond jusqu’à la mise au point des détails de la présentation. Ce n’est pas anodin, puisqu’au-delà du travail de recherche et d’analyse il lui a fallu synthétiser les contenus et développer des qualités de communication écrite et graphique. Tout cela est fondamental dans nos métiers. Le stage long est aussi l’occasion d’une étude en profondeur et d’un travail de terrain : arpenter l’espace et rencontrer les acteurs de l’aménagement donne la mesure des projets et replace l’humain au cœur de la réflexion. Cela redonne du sens au projet. Enfin pendant cette année, Ludovic a pu découvrir l’incroyable diversité des métiers de l’urbanisme et échanger avec des professionnels aux profils différents. Au final cela ouvre le champ des possibles.    Pour l’Institut, outre la production de contenus, le dispositif permet une acculturation de l’apprenti. Même si c’est chronophage, nous prenons, autant que faire se peut, le temps de la pédagogie. Nous transmettons nos méthodes, une « culture » voire une éthique parce que nous sommes conscients de contribuer à former les urbanistes qui seront demain nos interlocuteurs.

Que vous a apporté votre année d'apprentissage à l’IAU ?

L.Q. : Cette année d’apprentissage m’a permis d’allier acquis théoriques et pratique professionnelle. Elle est complémentaire de la formation que j’ai suivie à l’EUP dans la mesure où j’ai pu traiter des sujets et problématiques qui étaient peu abordées dans les enseignements. J’ai aussi pu, au travers des études menées à l’IAU, compléter mes compétences en matière d’outils informatiques et de méthodologie d’analyse et de mise en valeur des rendus. Cette expérience m’a permis d’agir dans un cadre professionnel et d’observer le fonctionnement d’un organisme comme l’Institut. Cela m’a aussi permis de confronter et de croiser les avis d’experts qui exercent dans les divers secteurs de l’urbanisme et de l’aménagement et d’améliorer ma lecture du territoire régional grâce à une compréhension plus fine des enjeux et des dynamiques urbaines. Un sérieux avantage pour ceux qui envisagent leur carrière en Île-de-France. Au final, j’ai pu m’enrichir à la fois des ressources de l’Institut et de celles de l’EUP.

Propos recueillis par Brigitte Guigou, Chargée de mission formation - partenariat recherche